11 ans après le séisme de 2010, le RNDDH allume le projecteur sur la situation des abris provisoires transformés en permanents.

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Ce mardi 12 janvier 2021, 11 ans après le séisme dévastateur qui a ravagé plusieurs endroits du pays causant le décès de 222 517 personnes, la disparition de 300, 000 autres. Le RNDDH alerte l’opinion public et les autorités étatiques sur l’état critique des camps d’hébergement et sites de relocalisation.

Dans un rapport publié le lundi 11 janvier, l’organisme de défense des droits humains affirme avoir recensé 26 camps à travers les zones qui ont été sévèrement touchées dont (24) dans le département de l’Ouest et (2) dans le Sud-est.

  • 11 ans après le séisme de 2010, le RNDDH allume le projecteur sur la situation des abris provisoires transformés en permanents.
  • 11 ans après le séisme de 2010, le RNDDH allume le projecteur sur la situation des abris provisoires transformés en permanents.

Le RNDDH indique avoir visité (21) parmis ces (26) camps au cours de l’année 2020. Camp Levêque, Cabaret ; Corail Cesselesse, Croix-des-Bouquets; Jérusalem, Croix-des-Bouquets; Onaville, Croix-des-Bouquets ; Village Lumane Cazimir, Croix-des-Bouquets; Bénédiction, Delmas; Canaan Caradeux,Delmas; Réfugiés, Delmas; Saint-Louis, Delmas; Saint-Etienne 1, Damien, Tabarre ; Saint-Etienne 2, Damien, Tabarre; Tabarre Issa de Greffin, Tabarre et Pétion-ville pour ne citer que ceux-là. L’attention a été portée particulièrement sur les infrastructures, la situation sécuritaire, l’accès à l’eau potable, à l’électricité, à l’éducation et aux soins de santé. Des questions spécifiques sur la gestion de la Covid-19 ont été également débattues avec les résidents.

Au niveau d’infrastructures, le RNDDH rapporte que ces abris provisoires, transformés par la force des choses, permanents, ne peuvent plus protéger contre le soleil, le vent et la pluie. Dans 72% des sites visités, les abris sont en très mauvais état, 24% sont plus ou moins passables et seulement 4% sont en bon état.

L’accès aux latrines constitue une préoccupation pour les personnes évoluant dans les camps d’hébergement et sites de relocalisation, avance le RNDDH. Selon les informations recueillies, seuls dans 24 % des sites les résidents disposent de latrines
communautaires ou familiales. Dans 72 % des sites, ils doivent utiliser des sachets ou déféquer à même le sol. Pour 4%, aucune
information précise n’est disponible.

Sur la situation sécuritaire, ce rapport précise que 72% des sites visités sont éloignés de toute instance de Police. En conséquence, la situation sécuritaire des personnes est très préoccupante. Elle est caractérisée, poursuit le RNDDH, par des actes de violence et des pressions pour porter certaines communautés à abandonner les espaces occupés; par des attaques armées perpétrées par des bandits armés vivant
dans les sites concernés; par l’invasion de ces sites par des bandits armés en provenance d’autres zones, etc.

L’accès à l’eau, un calvaire. Seuls 19 % des sites visités sont alimentés par la DINEPA. Les résidents reçoivent l’eau, même si la distribution n’est pas régulière. Dans 77 % des sites, les résidents sont obligés d’acheter le seau de cinq (5) gallons d’eau à un prix qui varie
entre cinq (5) gourdes à (10) gourdes suivant la zone. Dans 4%, les résidents affirment avoir la capacité de stocker l’eau, ce qui en améliore
grandement leur accès. À côté de l’eau de service, les familles qui peuvent se le permettre, se procurent aussi de l’eau potable. Le récipient de
cinq (5) gallons d’eau potable coûte entre (25) gourdes à (40) gourdes suivant la zone.

Toujours selon le rapport, le RNDDH indique que le courant électrique est disponible dans 62% sites visités. Toutefois, l’organisme des droits humains souligne que de nombreuses prises sont illégalement branchées et les connexions anarchiques dans certains sites visités représentent un danger pour la population qui y vit. Cependant 38% des sites n’ont aucun accès à l’électricité.

82 % des résidents des camps d’hébergement et sites de relocalisation doivent se déplacer pour avoir accès
aux soins de santé, à fait remarquer le RNDDH dans son rapport. 14% affirment avoir accès aux soins de santé au moyen de paiement. Aucune précision n’a été fournie sur la situation de 4% des sites visités.

L’accès à l’éducation, 66 % des enfants en âge d’être scolarisés sont inscrits par leurs parents, dans des établissements publics ou privés situés dans les villes proches des sites d’accueil. 19% des sites visités par le RNDDH disposent d’une école nationale et 15 %, d’un lycée.

Onze (11) années après le séisme qui a frappé le pays le 12 janvier 2010, les résidents des camps d’hébergement et
sites de relocalisation vivent dans la négation de leurs droits fondamentaux, à conclut le RNDDH. Environ (50,000) citoyens du pays font continuellement face à l’insécurité en raison des attaques armées qu’ils subissent d’individus qui
tentent de les expulser ou qui veulent tout simplement avoir le contrôle des espaces qu’ils occupent.

De plus, soutien le RNDDH, ces citoyens oubliés par les autorités étatiques, n’ont pas un minimum d’accès aux services de base : pas de latrine, pas de centre de santé, pas d’accès à l’eau de service journalier et encore moins à l’eau potable. L’électricité, distribuée sur certains sites de manière anarchique, met la vie des résidents en danger et, la majorité des enfants en âge d’être
scolarisés fréquentent des établissements privés qui sont souvent éloignés des sites, ce qui augmente les débours pour les parents et par conséquent, les risques d’abandon de l’école, pour les enfants.

Deux (2) présidents issus du même courant politique, se sont succédé à la tête
du pays au cours de ces 11 années. Le premier, Michel Joseph Martelly avait intensément mené campagne autour de l’accompagnement des victimes du
séisme, en vue de leur permettre de vivre dans la dignité. Pour sa part, Jovenel Moïse avait promis d’œuvrer au
développement du pays dans l’objectif de permettre à chaque citoyen de manger à sa faim, alors que souligne le RNDDH, à vue d’œil, les résidents des camps d’hébergement et sites de relocalisation
pataugent continuellement dans la misère, dans l’insalubrité et dans un environnement susceptible de les rendre malades.

C’est donc sous le regard indifférent des autorités étatiques qu’ils subissent la loi des individus armés et vivent dans l’irrespect total des articles 25 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et 11 du Pacte International relatif aux Droits Economiques,
Sociaux et Culturels, consacrant pour tous, le droit à un niveau de vie suffisant incluant la santé, le bien-être, l’alimentation, l’éducation, l’habillement, le logement, l’accès aux services sociaux nécessaires ainsi qu’à une amélioration constante des
conditions d’existence.

Aussi, l’organisme de défense des droits humains invite la population haïtienne en général et celle des camps d’hébergement et sites de relocalisation en particulier à s’organiser pour exiger le respect de leurs droits à la sécurité, à la dignité, à l’assistance et à la protection sociale de l’État Haïtien.

Francky Belfort
S/ Rapport RNDDH

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