mercredi 7 octobre 2026
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Le P.A.P.I. appelle à une souveraineté haïtienne pleinement exercée et critique l’implication internationale dans la crise

Le P.A.P.I. appelle à une souveraineté haïtienne pleinement exercée et critique l’implication internationale dans la crise

Port-au-Prince, 11 septembre 2026 — Le Parti Alliance pour la Prospérité et l’Intégrité (P.A.P.I.) hausse le ton face à la situation politique, sécuritaire et économique d’Haïti. Dans un communiqué publié le 9 septembre 2026 sous le titre « Célébrons notre souveraineté », la formation politique dénonce ce qu’elle considère comme les contradictions de l’engagement de la communauté internationale en Haïti et plaide pour une reprise en main des destinées nationales par les Haïtiens eux-mêmes.

Le parti estime que le discours international, qui présente régulièrement les Haïtiens comme les principaux acteurs de la recherche de solutions à la crise, contraste avec des décisions prises parallèlement à l’étranger et qui, selon lui, continuent d’influencer directement l’avenir politique du pays. Pour le P.A.P.I., cette situation constitue une remise en cause persistante de la souveraineté nationale.

*Une critique de l’aide internationale et de la gouvernance de crise*

Dans sa prise de position, le P.A.P.I. attribue également une part de responsabilité à la communauté internationale dans la dégradation de la situation économique et monétaire du pays. Le parti remet notamment en question l’efficacité de plusieurs années d’aide humanitaire, estimant que l’absence de résultats suffisamment tangibles pour la population oblige à reconsidérer les approches adoptées jusqu’ici.

Cette critique s’accompagne toutefois d’un message de confiance envers la population haïtienne. Le P.A.P.I. affirme que le peuple dispose, selon lui, des capacités nécessaires pour contribuer à sa propre prise en charge et construire des mécanismes de solidarité nationale. Le parti appelle parallèlement à mettre un terme à ce qu’il qualifie de « sapement constant » de la démocratie haïtienne.

*Le Conseil présidentiel de transition dans le viseur*

Le premier exemple avancé par le P.A.P.I. concerne le processus ayant conduit à la création du Conseil présidentiel de transition (CPT).

Le parti revient sur les démarches internationales précédant la mise en place du CPT et critique notamment le rôle joué par la CARICOM dans ce processus. Selon le communiqué, la formule retenue aurait conduit à la création d’une structure composée de neuf membres, que le parti décrit comme « neuf présidences parallèles ».

Le P.A.P.I. reproche également au CPT de ne pas avoir atteint ses principaux objectifs. Son mandat ayant pris fin le 7 février 2026, le parti considère que le Conseil n’a pas réussi à organiser les élections ni à rétablir la sécurité dans le pays, deux objectifs qu’il présente comme centraux dans la transition.

*La mission kényane : un bilan jugé insuffisant*

Le deuxième volet de la critique concerne la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MSS), dirigée par le Kenya.

Le P.A.P.I. rappelle que cette mission, déployée à partir de la mi-2024, devait contribuer à restaurer la sécurité en Haïti. Le parti souligne cependant les difficultés financières et opérationnelles rencontrées par la mission, affirmant qu’elle n’a pas bénéficié de l’intégralité des ressources initialement prévues.

Selon le communiqué, environ deux tiers seulement du budget prévisionnel de 600 millions de dollars auraient été mobilisés. Le dernier contingent kényan aurait quitté Haïti à la fin du mois d’avril 2026, sans que les problèmes sécuritaires auxquels la mission devait répondre aient été résolus.

*Les mercenaires étrangers et les opérations anti-gangs*

Le parti porte ensuite ses critiques sur le recours à des acteurs militaires privés étrangers.

Le communiqué affirme que le gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé aurait fait appel à la société militaire privée Vectus Global, dirigée par Erik Prince, dans le cadre d’opérations contre les gangs. Le P.A.P.I. évoque notamment la mise en place d’une « force spéciale » et l’utilisation de drones armés.

Le parti avance également un bilan humain particulièrement lourd pour ces opérations, citant Human Rights Watch et évoquant au moins 1 243 morts, dont 17 enfants, entre mars 2025 et janvier 2026. Il déplore par ailleurs l’absence, selon lui, d’un bilan public permettant d’établir des résultats concrets contre les groupes armés à la hauteur du coût humain dénoncé.

*La nouvelle force internationale confrontée aux mêmes difficultés*

La quatrième préoccupation exprimée par le P.A.P.I. concerne la Force de répression des gangs (FRG), présentée dans le communiqué comme la structure appelée à succéder à la mission kényane.

Le parti souligne que cette force, autorisée par le Conseil de sécurité des Nations Unies en septembre 2025, devait compter jusqu’à 5 550 membres et travailler en coordination avec la Police nationale d’Haïti et les Forces armées d’Haïti.

Mais pour le P.A.P.I., la nature exacte de cette coopération avec les autorités haïtiennes demeure insuffisamment définie et nécessite davantage de transparence publique.

Le parti relève également le décalage entre l’autorisation de la force, intervenue en septembre 2025, et l’arrivée de ses premiers contingents, en provenance du Tchad, en avril 2026.

Alors que le mandat de la FRG doit arriver à échéance le 30 septembre 2026 et que le gouvernement haïtien demande son renouvellement auprès de l’Organisation des États américains, le P.A.P.I. estime que les résultats obtenus demeurent largement insuffisants. Le parti affirme notamment que les gangs contrôleraient encore environ 85 % de la zone métropolitaine de Port-au-Prince et qu’aucun territoire majeur n’aurait été durablement repris.

*Kenscoff, symbole d’un échec sécuritaire selon le P.A.P.I.*

Pour illustrer la persistance de l’insécurité, le parti évoque l’attaque survenue dans la commune de Kenscoff dans la nuit du 23 au 24 août 2026.

Le communiqué fait état d’au moins 47 morts, dont 22 personnes tuées dans une église où elles avaient cherché refuge, ainsi que de plus de cinquante personnes enlevées. Le P.A.P.I. considère cette attaque comme l’une des illustrations les plus tragiques des limites des dispositifs sécuritaires actuellement déployés dans le pays.

Le parti critique également la réponse gouvernementale, jugée insuffisante face à l’ampleur de la tragédie. Selon lui, l’annonce d’une simple « riposte », accompagnée de renforts et d’une mise en alerte des forces de sécurité, n’a pas permis de rassurer une population confrontée à une insécurité persistante.

« La présence de forces étrangères » ne saurait remplacer la souveraineté

Au cœur du communiqué, le P.A.P.I. défend une position clairement articulée autour de la souveraineté nationale.

Pour le parti, le déploiement de forces étrangères, quelle que soit leur importance numérique, ne peut se substituer à une capacité haïtienne durable de garantir la sécurité et d’exercer pleinement l’autorité de l’État.

Cette position conduit la formation politique à appeler à une réflexion plus profonde sur le rôle de la communauté internationale en Haïti et sur la place des institutions nationales dans la recherche de solutions à la crise.

*Un appel à l’unité du peuple haïtien*

Au-delà de ses critiques adressées aux acteurs internationaux et aux autorités nationales, le P.A.P.I. adresse également un message direct à la population haïtienne.

Le parti invite les citoyens à reprendre confiance dans leur capacité à agir sur le destin du pays et à faire de la détermination collective un levier de changement. Il insiste sur la nécessité de rechercher la vérité, de défendre le bien-être de la population et de placer l’intérêt national au-dessus des divisions.

« Il est temps que le monde comprenne », soutient en substance le P.A.P.I., que les problèmes d’Haïti relèvent d’abord d’Haïti et que toute aide extérieure devrait s’inscrire dans le respect des règles souveraines du pays.

Le parti conclut son communiqué par un appel à l’unité nationale. Il exhorte les Haïtiens à dépasser leurs différences et à unir leurs forces pour la paix et la stabilité, tout en rejetant la violence entre citoyens.

À travers cette sortie publique, le P.A.P.I. entend ainsi replacer la souveraineté, la responsabilité nationale et l’unité du peuple au centre du débat sur l’avenir d’Haïti. Le communiqué est signé par Himler François, président du P.A.P.I.

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