WASHINGTON, 24 septembre 2026 (Presslakay) — Le Sénat américain a rejeté jeudi, par 50 voix contre 49, une résolution demandant au président Donald Trump de retirer les forces américaines des hostilités contre l’Iran sans autorisation explicite du Congrès.
Le texte, H.Con.Res. 89, avait été adopté en juillet par la Chambre des représentants. Présenté par la représentante démocrate Pramila Jayapal, il invoquait la War Powers Resolution de 1973. Il exigeait la fin de l’engagement militaire contre l’Iran, sauf déclaration de guerre ou autorisation spécifique du Congrès. Il préservait toutefois le droit des États-Unis de se défendre contre une attaque imminente.
La démocrate Angela Alsobrooks, du Maryland, n’a pas pris part au vote. Sa voix aurait produit une égalité à 50-50 et obligé le vice-président JD Vance à trancher.
Quatre républicains font défection
Quatre sénateurs républicains ont voté avec les démocrates : Susan Collins (Maine), Lisa Murkowski (Alaska), Rand Paul (Kentucky) et Thom Tillis (Caroline du Nord). À l’inverse, John Fetterman (Pennsylvanie) a été le seul démocrate à voter contre.
Un vote surtout politique
Le texte examiné jeudi était une résolution dite « concurrente ». Elle n’a pas force de loi et n’est pas soumise à la signature du président. Même adoptée, elle aurait donc eu une portée avant tout politique.
Les démocrates, menés au Sénat par Tim Kaine (Virginie), multiplient depuis des mois ce type de scrutin. Leur objectif est d’obliger les élus républicains à se prononcer publiquement sur un conflit impopulaire. Pour M. Kaine, le président viole déjà la Constitution et la loi sur les pouvoirs de guerre.
La Constitution réserve au Congrès le pouvoir de déclarer la guerre, et fait du président le commandant en chef des armées. Les partisans du texte estiment que la poursuite des opérations exige un feu vert du Congrès. Leurs adversaires défendent une lecture large des prérogatives présidentielles.
À six semaines des élections de mi-mandat
Le vote intervient moins de six semaines avant les élections de novembre. Le conflit a éclaté en février. Selon le Pentagone, il a coûté la vie à au moins 19 militaires américains. Les tensions dans le détroit d’Ormuz ont fait flamber les prix des carburants : le diesel a dépassé les 6,50 dollars le gallon.
Cette semaine, à la tribune des Nations unies, Donald Trump a averti qu’un accord de paix avec l’Iran pourrait ne pas intervenir avant ces élections.
Le rejet de H.Con.Res. 89 laisse, pour l’instant, les coudées franches au président. Mais avec une seule voix d’écart, le bras de fer entre la Maison-Blanche et le Congrès sur les pouvoirs de guerre est loin d’être terminé.