Assassinat de Jovenel Moïse : Jonas Coffy dénonce des mauvaises intentions du gouvernement avec le dossier

Assassinat de Jovenel Moïse : Jonas Coffy dénonce des mauvaises intentions du gouvernement avec le dossier

Alors que le juge Walther W. Voltaire qui instruit le dossier relatif à l’assassinat de l’ancien Président Jovenel Moïse, n’a même pas encore rendu son ordonnance, le réquisitoire définitif court déjà les rues. Une situation qui irrite des acteurs de la société civile qui dénoncent le Commissaire du Gouvernement de Port-au-Prince, Me. Edler Guillaume qui, selon eux, utilise cette affaire à fins politiques au profit du gouvernement.

Le 17 janvier dernier, le Chef du Parquet a remis au juge instructeur le réquisitoire définitif relatif au dossier de l’assassinat du feu Président. Depuis quelques jours, les noms de plus d’une soixantaine de personnalités de divers secteurs de la vie nationale, issus de ce document, sont fréquemment cités dans les médias comme quoi ces derniers seraient impliqués dans le meurtre sur la personne de l’ancien chef d’État. Si pour certains, cela démontre à quel point le dossier avance à grand pas dans les méandres de la justice haïtienne ; pour d’autres, il s’avère être une toute autre chose. L’ex-ministre du Commerce et de l’Industrie, Jonas Coffy fait partie de ceux qui estiment que le dossier est désormais utilisé à d’autres fins comme la diversion.

Intervenant à la Radio Vision 2000, jeudi 1er février 2024, le representant du parti Ayisyen pou Ayiti a admis que le Chef du Parquet de Port-au-Prince a ajouté plusieurs personnalités dans le document judiciaire alors que ces derniers n’étaient même pas cités dans le rapport de la DCPJ. D’après l’ancien membre du gouvernement du président assassiné, il s’agit d’une manœuvre qui n’a pour seul objectif que de détourner l’attention du public dans un contexte où les regards sont fixés sur le Premier Ministre Ariel Henry ainsi que le reste de son cabinet ministériel.

“Ce n’est pas normal pour qu’un dossier d’une telle envergure court ainsi les rues alors que le juge n’a même pas encore remis son ordonnance (…) On peut le traduire comme une décision du Commissaire du gouvernement de communiquer le réquisitoire définitif aux dirigeants au sein de la Primature. Ce qui n’est pas étonnant si l’on considère que ce dernier demeure un agent de l’exécutif et qu’il fait tout ce que le gouvernement lui ordonne”, a déclaré Jonas Coffy.

Parallèlement, le membre de la plateforme du Regroupement Démocratique (RED) a soutenu que le Chef du Parquet de Port-au-Prince aurait dû être démis de ses fonctions à l’heure actuelle. Il a estimé qu’il s’agit là d’un manque de responsabilité de sa part en livrant ainsi un rapport d’enquête au gouvernement qui l’utilise désormais à des fins diffamatoires dans le seul et unique but de détourner l’opinion publique.

Il faut souligner que selon le réquisitoire définitif, plus de 70 personnes pourraient être renvoyées devant le tribunal criminel. Dans le domaine de 77 pages du CG de Port-au-Prince transmis au juge Voltaire, on peut lire que les charges retenues contre ces personnes se divisent en 3 parties. Dans une première, on retrouve les auteurs dont les noms sont Joseph Felix Badio, Léon Charles, Dimitry Hérard, John Joël Joseph, Roodolph Jaar, Samir Handal entre autres.

Dans la deuxième qui concerne les complices, on peut trouver notamment, Marky Kessa, Antonio Cheramy, Jean Roger Noëlcius, Renald Lubérice, Lyonel Valbrun, Garry Bodeau, Mario Palacios, Reynaldo Corvington, Paul Eddy Amazan, Paul Denis, Gérard Forges et tant d’autres.

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