Assassinat de Jovenel Moïse | Les témoignages du PM Ariel Henry et de l’ex Président Michel J. Martelly innocentés par le juge instructeur

Assassinat de Jovenel Moïse | Les témoignages du PM Ariel Henry et de l’ex Président Michel J. Martelly innocentés par le juge instructeur

Alors que l’ordonnance du juge Walther W. Voltaire qui instruit le dossier relatif à l’assassinat de Jovenel Moïse a été rendue depuis le 25 janvier dernier, des informations contenues dans celle-ci courent déjà les rues. Les détails sont nombreux et consistent notamment en des listes de personnes renvoyées par devant le tribunal criminel sans assistance de jury mais aussi et surtout des témoignages de plusieurs personnalités accusées dont certaines désormais acquittées dans cette affaire de meurtre.

Le Premier Ministre de facto, Ariel Henry ainsi que l’ancien Président Michel J. Martelly, sont deux parmi les personnes qui ne font pas l’objet de mandat dans le document de plus de 120 pages du magistrat instructeur. Auditionnés à tour de rôle, les deux concernés sont finalement blanchis pour insuffisance de preuves alors qu’ils ont demeuré longtemps deux personnalités contre lesquelles l’opposition politique réclamait la mise en mouvement de l’action publique. Dans cet article, nous proposons les grands points dans les témoignages de ces deux personnages lors de leur audition.

Le Premier Ministre de facto Ariel Henry a déclaré au juge instructeur Walther W. Voltaire, que la nuit du meurtre, il avait reçu divers appels téléphoniques et qu’il ne se souvient pas d’avoir parlé avec Joseph Félix Badio, incarcéré dans le cadre de cette affaire.

“De nombreux amis m’ont appelé ce jour-là. Je ne me rappelle pas”, a dit le chef du gouvernement au magistrat instructeur en présence de son avocat lors de son audition, le 26 décembre 2023, en sa résidence officielle.

Un peu plus loin dans ses révélations, l’actuel chef du gouvernement a déclaré avoir invité publiquement Felix Badio, pendant que ce dernier était en cavale, de se rendre à la justice.

Quant à l’ancien chef d’état, Michel J. Martelly, pour lequel les rumeurs courent bon train l’accusant d’être l’auteur intellectuel du crime crapuleux, ce dernier a révélé que durant la nuit du meurtre il était chez lui à Miami et un ami résidant dans le voisinage du feu Président l’avait appelé pour essayer de lui expliquer les faits au moment même où ils se déroulaient. L’ex- dirigeant a bien pris le soin de souligner que celui-ci ne pouvait rien lui préciser dans les moindres détails faute de pouvoir s’approcher des lieux.

Parallèlement, Martelly a déclaré au juge qu’il avait appelé son ancien chef de gouvernement, Laurent Lamothe, qui était à l’époque un grang Conseiller du président. Le chanteur de Sweet Micky a précisé que celui-ci l’avait répondu qu’il n’était au courant de rien et lui avait dit qu’il allait appeler le DG de la PNH d’alors, Léon Charles pour se renseigner. Citant l’ex occupant de la Primature, Martelly a fait savoir que l’ancien responsable de l’institution policière avait avancé l’idée d’une intervention de la DEA dans la zone durant la nuit.

Plus loin, l’ancien Président a dit au juge instructeur qu’il avait appelé Dimitri Herard, chef de l’USGPN à l’époque, pour lui demander de prendre ses responsabilités. Ce n’est qu’après avoir passé et reçu d’autres coups de fil durant la nuit que celui-ci l’avait appelé par la suite pour lui annoncer que Jovenel Moïse a été assassiné.

C’est en partie quelques grandes lignes des témoignages de l’ancien locataire du Palais National lors de son audition, le 3 octobre 2023, au carré du magistrat instructeur Walther W. Voltaire.

Des personnalités bien connues notamment des partisans du président assassiné qui se font désormais appeler les jovenelistes n’ont jamais manqué la moindre occasion d’accuser l’actuel locataire de la Primature et l’ancien élu sous la bannière “Repons Peyizan” dans le crime odieux perpétré la nuit du 6 au 7 juillet 2021. Avec cette décision du juge instructeur de les exempter dans son ordonnance rendue au Parquet de Port-au-Prince, on peut s’attendre à ce que les voix de ceux-ci se lèvent pour dénoncer l’utilisation du dossier à des fins politiques mais aussi pour le rejeter d’un revers de la main.

Pendant ce temps, les questions qu’on peut bien se poser : que va faire le Parquet de Port-au-Prince après l’accusé de réception ? Est-ce qu’il va ordonner l’arrestation des personnes renvoyées par devant le tribunal criminel sans assistance de jury ?

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