Assassinat de Jovenel Moïse | Un autre suspect plaide coupable par devant la justice américaine

L’ancien soldat colombien Mario Antonio Palacios Palacios a plaidé coupable, vendredi 22 décembre 2023, aux États-Unis, d’avoir participé dans le complot visant à assassiner le président Jovenel Moïse, en juillet 2021. L’inculpé risque une peine d’emprisonnement à vie.

Le dossier de l’assassinat du feu Président continue à prendre de l’ampleur au niveau de la justice américaine. Si en début de semaine, l’ancien sénateur de l’Ouest, John Joël Joseph, qui avait plaidé coupable, quelques mois auparavant, est condamné par un tribunal fédéral de Miami à la réclusion criminelle à perpétuité, ce vendredi, un autre inculpé dans cette affaire de meurtre d’un haut fonctionnaire d’un État a aussi décidé de coopérer à l’enquête en plaidant coupable.

Il s’agit de l’ancien soldat colombien Mario Antonio Palacios Palacios. Après l’assassinat crapuleux, perpétrée dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021, ce dernier s’était enfui vers la Jamaïque où il était resté pendant deux mois avant de se rendre aux agents du FBI, en janvier de l’année dernière.

Selon le FBI, Palacios, 45 ans, avait admis lors d’un entretien vidéo de près de six heures avec des agents fédéraux, en octobre 2021, qu’il avait emporté, après l’opération menée au sein même de la résidence personnelle du feu Président, un collier, deux montres, 2 060 dollars en espèces et d’autres objets personnels appartenant à la victime et à son épouse, Martine.

Lors de l’audience de vendredi, Palacios a avoué qu’il avait fournit un soutien matériel pour mener l’opération. Il risque donc une peine de prison à vie devant le juge de district américain Jose Martinez. Comme c’est le cas pour les trois autres inculpés qui sont déjà condamnés dans le cadre de ce dossier. L’audience se tiendra le 1er mars 2024, a rapporté Miami Herald.

Selon le média américain, contrairement à quatre autres accusés qui ont déjà plaidé coupable, Palacios a joué un « rôle mineur ». C’est ce qu’a souligné les procureurs fédéraux Andrea Goldbarg et Monica Castro, car l’ancien soldat colombien n’était pas impliqué dans la prise de décisions stratégiques concernant le complot d’assassinat.

D’après les informations disponibles, par ce seul facteur, renforcé par sa décision de coopérer, Palacios pourrait écoper d’une peine moins lourde. Le procureur Goldbarg, qui cite une déclaration factuelle déposée par l’avocat de l’accusé, a déclaré que ce dernier avait pris sa retraite de l’armée colombienne en juin 2021 [soit un mois avant l’assassinat] et avait été recruté par une société de sécurité, en Floride, à savoir la CTU. Celle-ci l’avait engagé à assurer la protection d’un aspirant politicien haïtien qui souhaitait remplacer Jovenel Moïse.

Toujours selon les informations fournies par Miami Herald, Goldbarg a déclaré qu’au départ, Palacios avait compris que l’objectif était de capturer le président haïtien et de l’arrêter. Ainsi, avec les autres Colombiens, il avait participé à des séances de formation. La compagnie de sécurité à laquelle il est attaché lui avait fourni du matériel de sécurité comme des gilets pare-balles et autres.

“Palacios était dirigé dans la mission par un autre officier de l’armée colombienne à la retraite, Germán Alejandro Rivera Garcia, alias « Colonel Mike », qui avait plaidé coupable dans le même dossier d’assassinat sur la personne du président Jovenel Moïse et qui a été condamné à la prison à vie cet automne.” a précisé M. Goldbarg citant l’accord de plaidoyer.

À noter que les poursuites engagées par la justice américaine contre les 11 accusés initiaux ont progressé rapidement avec notamment des accords de plaidoyer et des condamnations successives qui impliquent trois personnalités dont l’homme d’affaires haïtiano-chilien, Rodolphe Jaar ; l’officier colombien à la retraite Alejandro Rivera García ; et récemment, l’ex Senateur John Joël Joseph.

À rappeler aussi que plusieurs autres inculpés dans cette affaire de meurtre ont déjà plaidé coupable et attendent à ce que le tribunal fédéral donne son verdict. C’est le cas pour le citoyen haitiano-américain, ancien informateur confidentiel de la US Drug Enforcement Administration, Joseph Vincent.

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