Conseil présidentiel : les parties prenantes signataires de l’accord du 3 avril 2024 contestent la validité du décret

Conseil présidentiel : les parties prenantes signataires de l’accord du 3 avril 2024 contestent la validité du décret

Les parties prenantes signataires de l’accord politique du 3 avril 2024 pour une transition pacifique et ordonnée en Haïti ont rejeté le décret portant création du Conseil Présidentiel, publié par le gouvernement démissionnaire, vendredi dernier.

Si le Conseil des ministres a publié, vendredi 12 avril dernier, dans le journal officiel Le Moniteur, le décret portant création du Collège Présidentiel de Transition, les membres de cette structure ne sont pas encore nommés. En lieu et place de cela, les membres composant la structure politique appelée à prendre les rênes du pouvoir dans le pays sont invités, par ledit décret, de soumettre leurs pièces pour examens minutieux pour voir s’ils respectent les critères avancés par le gouvernement sortant.

En réaction à cette décision, les protagonistes engagés dans la recherche d’une solution commune à la crise multidimensionnelle et signataires de l’accord politique en faveur d’une transition dans le pays en proie aux violences des gangs ont catégoriquement contesté la validité du document proposé par le pouvoir sortant.

En effet, dans un communiqué rendu public, samedi 13 avril 2024, les représentants des organisations politiques, économiques, religieuses et de la société civile, soussignées parties prenantes du processus politique se disent choquées et ont dénoncé les modifications “majeures” effectuées par le gouvernement démissionnaire dans le projet d’un exécutif bicéphale porté par le Conseil Présidentiel de transition.

Selon les parties engagées, le gouvernement sortant a délibérément choisi de ne pas respecter les engagements pris, en refusant de publier l’arrêté nommant les membres du Conseil Présidentiel de transition.

Par ailleurs, les parties prenantes exigent au gouvernement sortant de publier l’Accord politique ainsi que le document portant organisation et fonctionnement de la structure politique appelée à diriger la République. Elles demandent aussi à ce que le pouvoir sortant mette en relation les commissions de passation de pouvoirs bipartites et installé dans le meilleur délais le CP dans la forme et la teneur définies dans l’accord politique signé le 3 avril dernier.

Pendant que les démarches visant à mettre sur pied un nouveau gouvernement continuent à être retardées à causes des tractations politiques, des dilatoires, et autres, le pays continue à plonger dans ce qui s’apparente au chaos. Depuis un mois et demi, la région métropolitaine fait face à une escalade de violences où la population civile est totalement livrée à elle-même.

Selon l’Organisation Internationale pour la Migration (OIM), plus de 100 000 personnes ont été contraintes de fuir la capitale haïtienne et ses environs pour se rendre dans les villes de province à cause de la dégradation de la crise sécuritaire. Pendant ce temps, l’insécurité alimentaire prend une proportion telle que la moitié de la population n’est plus en mesure de manger au moins de fois par jour quotidiennement.

LIRE AUSSI

PressLakay