mercredi 21 février 2024
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Construction du canal : La mission technique de l’OEA pour l’évaluation des travaux déjà présente en RD

Construction du canal : La mission technique de l’OEA pour l’évaluation des travaux déjà présente en RD

Annoncée lors d’une réunion Conseil Permanent de l’OEA, jeudi dernier, La délégation d’experts de l’Organisation des États Américains pour l’évaluation des travaux de construction du canal sur la rivière Massacre s’est rendue, lundi 16 octobre 2023, en République Dominicaine. Celle-ci a reçue par le Ministre dominicain des Affaires étrangères, Roberto Álvarez qui a soutenu que le captage de l’eau du fleuve frontalier par les Haïtiens pourrait avoir des implications importantes non seulement environnementales, mais aussi sociales et économiques.

Le conflit diplomatique entre Haïti et la République Dominicaine engendré par la construction du canal sur la rivière Massacre à Ouanaminthe inquiète davantage les acteurs de la Communauté internationale et diverses organisations régionales. Alors que les autorités dominicaines ont assoupli leurs mesures en rouvrant leurs portes frontières pour le commerce, ce sont maintenant les Haïtiens qui ont décidé de faire fi des denrées alimentaires de la République voisine jugeant que la relations diplomatiques et commerciales entre les deux pays qui partagent l’île d’Haïti doivent être redéfinies. Ce qui ne résout pratiquement rien puisque les dirigeants de l’autre côté de la frontière ne veulent tout simplement que la suspension des travaux de canalisation du fleuve frontalier.

Jouant le rôle d’intermédiaire pour faciliter une solution “commune” à cette crise, l’Organisation des États Américains (OEA) avait tenu une rencontre entre les responsables des deux Nations dont le Représentant d’Haïti dans cet organisme, l’ancien DG de la Police Nationale, M. Leon Charles, et le ministre dominicain des Affaires étrangères, Roberto Alvarez, jeudi 12 octobre dernier, lors d’un Conseil Permanent. Entre les discussions, la venue d’une mission technique d’évaluation des travaux de captage de l’eau de la rivière Massacre avait été annoncée.

Hier lundi, la délégation de l’OEA s’était donc rendue en terre voisine dans le but de recueillir des informations sur la construction en cours du canal devant irriguer les 3.000 hectares de terres agricoles de la plaine de Maribahoux. Composée de Jean Michel ARRIGHI, Secrétaire des Affaires Juridiques de l’Organisation, et Andrés Sanchez du Secrétariat au développement intégral, celle-ci a rencontré le chancelier dominicain, Roberto Álvarez. Ce dernier a expliqué aux représentants de l’organisme régional que cette prise, des paysans haïtiens, dans le fleuve frontalier pourrait avoir des implications importantes non seulement environnementales, mais aussi sociales et économiques.

« La gestion de l’eau et des ressources naturelles associées a un impact direct sur les communautés agricoles et de pêche qui dépendent du fleuve, de la lagune Saladillo et d’autres zones humides pour leur subsistance », a indiqué le ministre dominicain des Affaires étrangères.

Par ailleurs, M. Alvarez a estimé que l’expérience et l’expertise des représentants de l’OEA sont une bonne opportunité offerte pour aborder ces questions de manière équitable et objective afin d’aboutir à une solution “commune” dans ce conflit diplomatique qui perdure entre les deux pays.

“La mission qui nous rend visite aujourd’hui joue un rôle crucial dans ce scénario. Leur expérience et leur expertise offrent une plateforme inestimable pour aborder ces questions de manière équitable et objective, guidés par un engagement à renforcer la paix et la coopération dans notre région. Nous espérons que ce processus pourra conduire à une solution qui tienne compte des préoccupations des deux nations et qui renforce l’architecture institutionnelle et juridique qui régit nos relations bilatérales”, a ajouté le diplomate dominicain.

Dans le cadre de cette rencontre avec la délégation de l’OEA, d’autres experts dominicains avaient manifesté leur présence dont des techniciens de l’Institut National des Ressources Hydrauliques (INDHRI) et de l’Institut National de l’Eau Potable et de l’Assainissement (INAPA). Ces derniers ont avancé les risques de catastrophes environnementales notamment des inondations que la construction du canal sur la rivière Massacre implique. Ils ont aussi fait savoir que les 11 prises dominicains dans le fleuve frontalier n’affectent pas la partie haïtienne, mais au contraire, que certains sont également utilisés par les agriculteurs haïtiens.

Cette mission de l’OEA, qui devrait aussi rencontrer les responsables haïtiens avant de visiter les travaux sur la frontière Haïtiano-Dominicaine, ira à Washington, aux États-Unis, pour fournir un rapport au Secrétaire général Luis Almagro et à tous les États membres de l’organisation avec les informations recueillies lors de cette visite.

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