Construction du canal | Me. Osner Fevry plaide en faveur d’une implication directe du gouvernement

Me Osner Fevry

La construction du canal d’irrigation sur la rivière Massacre continue de soulever maints débats tant sur le plan local qu’à l’international. Alors que les relations diplomatiques et commerciales restent tendues entre les deux pays qui partagent l’île d’Haïti à cause de la poursuite des travaux dans la ville frontalière de Ouanaminthe, les positions de chacun se précise davantage. Pour la première fois, on peut dire que les Haïtiens sont tombés d’accord sur un point “les travaux ne s’arrêteront pas”.“Kanal la pap kanpe” ou tout simplement (KPK) qui sont devenues désormais les slogans que l’on entend sur toutes les lèvres.

Est-ce légal ? Le captage de l’eau du fleuve frontalier par les paysans haïtiens afin d’irriguer les 3.000 hectares de terres agricoles de la plaine de Maribahoux ; ou encore, est-ce légitime ce projet qu’ils sont en train de réaliser ? C’est donc à ces questions que répondait Me. Osner Fevry, mercredi 18 octobre 2023. En effet, invité à l’émission « Le Point » sur la Radio Télévision Métropole, l’homme de loi ne sait pas fait prier pour dénoncer la manie des autorités dominicaines à toujours empêcher cette première prise de l’eau par les haïtiens dans la rivière Massacre à Ouanaminthe.

“Ce n’est pas la première fois que les Dominicains empêchent la construction du canal. En 2021, c’était aussi le cas quand le feu Président Jovenel Moïse avait entamé les travaux.” a-t-il fait savoir tout en soulignant qu’un accord avait été signé par la suite entre les deux pays. Ce qui avait donné droit aux deux pays d’exploiter les ressources en eau du fleuve qu’ils partagent. “Je ne comprends pas ce volte-face ?”, se questionne Me. Fevry qui appuie ouvertement la poursuite des travaux.

Parallèlement, le juriste recommande aux divers acteurs de la société civile notamment des classes politiques, économiques et religieuses de faire pression sur le gouvernement haïtien pour qu’il puisse apporter ouvertement son appui en ce qui renvoie à la continuité des travaux de canalisation.

“Il faut que les forces locales, les partis politiques, la société civile, les églises chrétiennes, fassent pression sur le gouvernement pour qu’il donne son aval ouvertement à la construction du canal tout en apportant concrètement son appui aux travaux.” a-t-il dit.

Parler de légitimité ou de légalité en ce qui a trait au projet entamé par les paysans haïtiens dans la ville frontalière n’est pas à l’ordre du jour, d’après l’homme de loi. Alors qu’une occasion se présente pour que les Haïtiens de toutes couches sociales s’unissent grâce à un idéal qui les identifie tous, ce n’est donc pas le moment de d’apporter des critiques relatives à l’illégalité par crainte d’un relâchement, a-t-il assuré.

“Le travail se fait en toute légalité et c’est tout à fait légitime que le peuple haïtien prenne en main la construction du canal tout en entamant la construction d’autres canaux d’irrigation” argue-t-il.

En ce qui a trait au discours prononcé par le représentant d’Haïti à l’OEA lors du Conseil Permanent tenue, jeudi 12 octobre dernier, où il a soutenu dans diverses langues la poursuite des travaux de captage de l’eau du fleuve frontalier, Me. Osner Fevry a souligné que ce dernier n’aurait pu prendre la parole lors de cette importante réunion s’il n’avait pas reçu d’instructions de son gouvernement.

Pendant que les discours se divergent des deux côtés de l’île, que les mesures prises unilatéralement par les autorités des deux pays s’appliquent, et qu’aussi des experts de l’Organisation des États Américains viennent retranchés, cela n’empêche pas aux paysans haïtiens, soutenus par des citoyens avisés, des personnalités publiques, des leaders politiques et autres, à poursuivre tranquillement les travaux de captage de l’eau du fleuve frontalier. Le rêve est grand mais le rêveur ne doit à aucun moment se plier à moindre signe de représailles. Qu’il avance lentement jusqu’à la réalisation de ce pour quoi il a tant lutté. Le pays finira-t-il par avoir son canal ?

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