Crise en Haïti | La Cheffe du BINUH encourage la communauté internationale à se solidariser avec le pays

Crise en Haïti | La Cheffe du BINUH encourage la communauté internationale à se solidariser avec le pays

Alors que la crise multidimensionnelle continue à prendre une proportion jamais vécue en Haïti, les appels à l’aide continuent à se multiplier. Lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies, lundi 22 avril 2024, la Cheffe du BINUH, Maria Isabel Salvador a encouragé la communauté internationale à être solidaire à Haïti.

Avec une situation sécuritaire tendue dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince et une crise humanitaire plutôt alarmante, Haïti semble sur le point de toucher le fond du gouffre dans lequel elle se trouve. Pendant que la situation continue à dégénérer dans la capitale haïtienne, plus d’un estiment “nécessaire” une réponse appropriée de la communauté internationale. Rejoignant sa voix à celle d’autres, la Représentante spéciale du Secrétaire Général de l’ONU, Maria Isabel Salvador a appelé les États membres à continuer de financer le plan de réponse humanitaire approuvé par les Nations Unies.

“Sur les 674 millions de dollars du Plan de réponse humanitaire pour Haïti pour 2024, seulement 8,1% ont été financés” a déclaré Cheffe du Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), Maria Isabel Salvador, lors d’un exposé devant le Conseil de sécurité, lundi.

« Aujourd’hui, cela me fait de la peine de constater que certains des pires scénarios pour Haïti se sont réalisés ces derniers mois et semaines et il est impossible d’exagérer l’augmentation de l’activité des gangs à Port-au-Prince et au-delà, la détérioration de la situation des droits humains et l’aggravation de la crise humanitaire » a-t-elle soutenu.

Concernant la Mission Multinationale de Soutien à la Sécurité (MMS) qui devrait être bientôt déployée sur le territoire national, Mme Salvador a demandé à la Communauté internationale de confirmer ses promesses concernant la force. Elle en a profité pour dresser un tableau sombre de la situation sécuritaire qui sévit actuellement dans la région métropolitaine.

Depuis environ deux mois, la capitale haïtienne et ses environs sont assimilables à des zones de guerre où des détonations se font entendre à tout moment. Des commissariats et sous-commisasriats, des infrastructures publiques, des établissements scolaires et universitaires ainsi que des centres hospitaliers ont été pillés par des individus lourdement armés avant d’être incendiés.

La Représentante spéciale de l’ONU en Haïti a aussi souligné l’impact des violences perpétrées par les gangs armés où environ 2.500 personnes ont été tuées ou blessées au cours du premier trimestre de l’année. Il s’agit d’une augmentation de 53% par rapport à la période de référence précédente. Ce qui fait aussi de cette période le plus violent depuis que la Section des droits de l’homme du BINUH a commencé à enregistrer des statistiques en janvier 2022.

Maria Isabel Salvador a aussi fait état de la crise humanitaire alarmante engendrée par les violences. Elle a fait savoir qu’en raison de la gravité de la crise socio-économique à laquelle fait face le pays, un grand nombre alarmant d’enfants ont été recrutés dans les gangs armés criminels qui terrorisent quotidiennement la population haïtienne.

En ce qui concerne la création et la nomination du Conseil Présidentiel, la Cheffe du BINUH a reconnu les efforts consentis par les parties prenantes pour accoucher cette structure politique appelée à prendre les rênes du pouvoir. Elle en a profité pour les encourager de mettre de côté leurs divergences afin de poursuivre le processus entamé dans l’intérêt d’Haïti et de son peuple.

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