Crise en Haïti | Quelle solution pour l’installation rapide du Conseil Présidentiel de transition ?

Palais national haïtien

Créé puis nommé par arrêté, il y a plus d’une semaine, le Conseil Présidentiel de transition n’arrive toujours pas à être installé. Si la cérémonie d’installation était prévue, dimanche 21 avril dernier, celle-ci n’a cessé depuis lors d’être reportée alors que les autorités s’efforcent d’imposer des mesures de sécurité strictes dans les parages du Palais National.

Si la volonté de la grande majorité consiste à ce que la cérémonie d’investiture ait lieu au Palais, située au Champs-de-Mars, comme une démonstration de force suggérant que le gouvernement haïtien a toujours les commandes du pouvoir, la situation davantage tendue instaurée par les gangs armés dans cette zone pousse les autorités à pencher vers d’autres alternatives.

Les gangs contrôlent la majeure partie du territoire qui entoure le Palais et promettent de faire dérailler la cérémonie. Chaque jour, des tirs sporadiques se font entendre dans la zone ainsi que ses environs et les balles dont on ne peut pas contrôler la trajectoire, frappent aussi bien les bâtiments que les gens. Alors que faire ?

Changement de local et de la date “encore une fois”

Suite à des tractations politiques, les parties prenantes ont tout bonnement décidé que les Conseillers Présidentiels de la nouvelle structure politique de Transition soient installés non pas au Palais National mais plutôt à la Villa d’accueil à Musseau pour beaucoup plus de sécurité. C’est ce qu’a indiqué des sources proches du gouvernement.

D’un autre côté, si l’organisation de la cérémonie était d’abord fixée en dimanche puis en mercredi, selon des sources proches du gouvernement, elle est donc renvoyée pour jeudi 25 avril 2024 à 10h AM. Seulement 100 personnes sont conviées à prendre part à l’activité symbolique qui marquera la prise en fonction d’un gouvernement de transition créé après un long processus politique entre les protagonistes haïtiens engagés pour trouver une issue pacifique à la crise multidimensionnelle qui sévit actuellement en Haïti.

Report sine die de l’élection pour élire le président du Conseil

Un autre processus qui retarde l’installation de la structure politique appelée à prendre les rênes du pouvoir en Haïti est bien entendu l’élection d’un président en son sein. Malgré toutes les démarches qui ont été entreprises et les dispositions nécessaires qui ont été prises, le choix d’un coordinateur au sein du CP n’est toujours pas arrivé à terme. Si des parties engagées persistent à dire que l’élection est primordiale pour que la structure soit installée, d’autres n’y voient aucun inconvénient.

Si l’élection pour élire le Président du CP était fixée pour mardi 22 avril dernier, au Villa d’accueil, en raison de l’absence des représentants de l’Accord Montana et du Secteur Privé, elle a été reportée sine die.

Entre-temps, ce qui s’apparente désormais à un chaos continu à battre son plein dans la capitale haïtienne, ses environs et même au-delà. Des infrastructures publiques, des commissariats et sous-commisasriats de la PNH, des établissements scolaires et universitaires ainsi que des résidences privées se font pillés et incendiés dans l’aire métropolitaine.

Plus de 2,500 personnes ont été tuées ou blessées durant le premier trimestre de l’année, le plus violent en Haïti depuis 2022, selon l’ONU. Les bandes criminelles qui se coalisent en ce qu’elles jugent être un mouvement révolutionnaire continuent à opérer en instaurant un climat de terreur à Port-au-Prince et ses environs.

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