Crise en Haïti |Tractations politiques et incertitude totale autour du Conseil Présidentiel en formation

Crise en Haïti |Tractations politiques et incertitude totale autour du Conseil Présidentiel en formation

Alors que le pays fait face à une crise multidimensionnelle sans précédent, le PM de facto et impopulaire, cédant à la panique, a finalement tiré sa révérence. Entre-temps, des démarches pour désigner un nouveau gouvernement sont actuellement en cours pendant que les acteurs politiques haïtiens, appelés à désigner leurs représentants, n’arrivent toujours pas à s’entendre bien que certains partis ont déjà fait leurs propositions.

Si le chef du gouvernement décrié a finalement annoncé sa démission, lundi 11 mars 2024, cela ne veut pas dire pour autant que la crise politique haïtienne soit sur le point d’être résolue. Loin de là. Pendant que diverses structures politiques qui ont pris part aux assises en terre jamaïcaine sont appelées à proposer leurs représentants pour la formation d’un Conseil Présidentiel, ces dernières qui avaient 48 heures pour le faire n’ont finalement pas tous répondu à l’appel comme le voulait la CARICOM et les autres représentants américains.

En effet, à part l’Accord Montana qui a proposé Fritz Alphonse Jean pour faire partie du Collège Présidentiel de sept membres, mais aussi le Collectif 30 janvier qui a choisi Edgard Leblanc Fils, ensuite, Fanmi Lavalas qui a désigné Lesly Voltaire, enfin, la coalition EDE/RED/Compromis historique qui a fait choix de Marie Ghislaine Monpremier ; les autres structures politiques n’ont finalement rien proposé.

Si la plateforme politique Pitit Desalin a sans surprise rejeté d’un revers de mains, la proposition de l’organisation régionale ; les membres au sein de l’Accord du 21 décembre, quant à eux, s’entredechirent proposant, à la fin, deux représentants : Levaillant Louis Jeune ( du Groupe composé de André Michel, Marjory Michel, Sorel Jacinthe, etc) et Vikerson Garnier ( de la branche de Jorchemy Jean Baptiste, Pascal Adrien et co). De son côté, le secteur privé des Affaires a choisi Laurent St Cyr. Aucune réponse du côté du secteur religieux.

Alors que les acteurs politiques haïtiens avaient jusqu’à hier mercredi pour remettre leurs propositions, soit sept membres pour un Collège Présidentiel, la liste demeure incomplète et toutes les parties qui s’étaient engagées n’ont pas tous répondu à l’appel. Une situation qui peut bien mettre du bâton dans les roues des dirigeants de la Communauté Caribéenne bien que les États-Unis avaient mentionné un plan B.

Déjà que le Collège Présidentiel n’est pas bien vu par toutes les parties prenantes au sein de la société civile, il paraît aussi évident que celui-ci ne sera pas formé. Dans le cas contraire, les instigateurs des mouvements visant à capoter le Premier Ministre de facto à savoir l’ancien élu de la Grande-Anse, Guy Phillippe, et le leader de la plateforme politique Pitit Desalin, ont déjà annoncé les couleurs pour forcer les dirigeants de l’organisation régionale à tourner sur leur décision.

Il faut souligner que l’ancien chef rebelle qui ne dit pas non pour faire partie d’un gouvernement de transition est déjà rejeté par les représentants américains. Ces derniers soutiennent que l’ancien sénateur ne répond pas aux critères puisqu’il avait purgé une peine de prison aux États-Unis.

Pendant ce temps, la capitale haïtienne est toujours sous l’emprise des gangs armés criminels qui terrorisent quotidiennement la population. Les autorités concernées sont aux abonnés absentes. Les institutions publiques ainsi que privées et les infrastructures policières deviennent des cibles pour les bandits armés.

LIRE AUSSI

PressLakay