Crise Haïtienne: la nomination du Conseil Présidentiel prendra beaucoup plus de temps que prévu

La nomination des membres du Conseil Présidentiel de Transition jusqu’à l’installation de cette structure appelée à prendre les rênes du pouvoir politique en Haïti prendra beaucoup plus de temps que prévu. Un retard que le gouvernement démissionnaire a justifié en raison de la non-conformité du CP avec les lois et la Constitution haïtienne.

Si des rumeurs couraient bon train comme quoi les membres du Collège Présidentiel seraient nommés, lundi 1er avril 2024, par arrêté publié au journal officiel Le Moniteur, et que la structure composée de neuf membres nouvellement formée pourrait ensuite entrer en fonction, les dernières informations rendues disponibles font croire que le processus va encore durer.

En effet, dans un communiqué rendu public par le gouvernement démissionnaire, lundi après-midi, celui-ci a indiqué que le Conseil des ministres, présidé par le Premier ministre sortant Ariel Henry, a bel et bien eu lieu après avoir reçu le vendredi 29 mars écoulé, du Président de la Guyane et Président en exercice de la CARICOM, M. Mohamed Irfaan Ali, les noms des 9 personnalités devant composer le CP.

Selon le gouvernement sortant, après délibération entre les membres du gouvernement érigés en Conseil des ministres, en ce qui concerne la nomination du Collège Présidentiel, cette dernière a buté sur des questions constitutionnelles et légales “avérées”. Ce qui entrave la transmission rapide du pouvoir politique à la structure mise sur pied par les protagonistes haïtiens, bien soutenus par la CARICOM et les États-Unis.

“La Constitution et les lois haïtiennes ne prévoyant nulle part cette institution dont la création doit forcément précéder la nomination des membres devant la composer” a soutenu le gouvernement pour justifier le retard de la publication de l’arrêté créant le Conseil Présidentiel.

Par Conséquent, selon le gouvernement démissionnaire, le draft de Décret a été soumis à des juristes sur demande du Conseil des ministres afin que ces derniers le finalisent pour qu’il soit conforme aux lois de la République.

Parallèlement, le gouvernement a fait savoir dans son communiqué que le Conseil des ministres va demander à l’organisation régionale de lui transmettre l’accord politique signé entre les différents secteurs qui constituent le CP. Il s’en servira pour la rédaction du Décret si la Constitution et les lois de la république ne fournissent pas de provisions légales pour le faire.

Par ailleurs, le gouvernement dirigé par le PM qui avait annoncé sa démission a dit souhaiter la création d’une commission mixte entre les sortants et les entrants. Celle-ci sera composée en partie de juristes, afin qu’elle puisse veiller efficacement la conformité du Décret à la Constitution et aux Lois de la République et ainsi favoriser une passation apaisée et rapide des charges politiques.

Pendant que les protagonistes haïtiens font passer le temps par toutes sortes de manœuvres politiques retardant ainsi une solution à la crise multidimensionnelle à laquelle faut face le pays, celui-ci continue à plonger dans le chaos. Les bandes criminelles continuent d’imposer leurs lois partout dans la capitale haïtienne. D’un autre côté, plus de la moitié de la population haïtienne a un besoin urgent d’une aide humanitaire.

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