Crise haïtienne : l’intervention contradictoire de Jean Victor Généus devant le Conseil de sécurité des Nations-Unies

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Le Ministre des Affaires étrangères et des cultes, Jean Victor Généus, à une nouvelle fois s’adresser devant le conseil de sécurité des Nations-Unies sur la situation d’Haïti. C’est un ministre plutôt lucide qui s’est présenté devant le Conseil, invitant la communauté internationale à venir en aide au gouvernement pour combattre la crise humanitaire et sécuritaire dans le pays.

Jean Victor Généus, chancelier haïtien
Le chancelier haïtien Jean Victor Généus, accompagné d’une délégation haïtienne devant le conseil de sécurité de l’ONU

Le ministre Jean Victor Généus qui, il y a quelques jours, lors d’une première réunion sur la situation d’Haïti avait affirmé que «tout était globalement sous contrôle», minimisant ainsi l’ampleur de la crise, s’est rendu compte cette fois que la réalité était plus criante. Dans son intervention devant le Conseil de sécurité des Nations-Unies le lundi 17 octobre 2022, le ministre s’est montré plus prudent et à dit la réalité telle qu’elle est sans avoir besoin de passer par quatre chemins et d’autant que les étrangers sont bien informés de la situation.

C’est un pays avec une crise sanitaire aiguë avec des hôpitaux fermés depuis quelques jours. D’autres sur le point de fermer pour cause de carburant. Les écoliers ne peuvent pas se rendre à l’école. Les entreprises risquent de fermer leurs portes même si une grande majorité sont déjà au ralenti, faute de carburant. Le pays sombre dans une profonde crise. Telle est la situation décrite par le ministre des affaires étrangères et des cultes.

Ce dernier qui soutient la position de son gouvernement qui avait invité les étrangers à venir en aide au pays par l’envoi d’une force militaire persiste et signe sur la nécessité d’envoyer en toute urgence cette force en vue d’aider à combattre le phénomène de l’insécurité qui met le pays à nu. Par ailleurs, le Conseil de sécurité devrait décider le 21 octobre prochain.

Une journée de manifestation pour dire non à l’occupation

Ce n’est sans raison que le parcours de la manifestation du lundi 17 octobre a été modifié. Contrairement aux autres journées, cette manifestation se donnait l’objectif d’arriver devant l’ambassade américaine pour dénoncer l’ingérence et la volonté des États-Unis de faire venir une force étrangère dans le pays.

Avec Moïse Jean Charles à la tête, les manifestants ont parcouru plusieurs rues de la capitale avant de plonger le long de la route menant à Tabarre. Avec pour objectif d’aller dire non avec une force étrangère et demander également à la communauté international de débarrasser le pays d’Ariel Henry.

Plusieurs milliers de citoyens avaient répondu à l’appel pour cette nouvelle journée de manifestation. La police fidèle au rendez vous allait disperser les manifestants à coup de gaz lacrymogènes. Ce qui avait obligé aux manifestants de changer de stratégies pour atteindre l’ambassade américaine.

Il faut rappeler que ce n’est pas pour la première fois que des policiers ont dispersé des manifestants qui veulent atteindre l’ambassade américaine. Dans la même journée, d’autres citoyens s’étaient rendus devant l’ambassade de France au Champ de Mars.

Jean Victor Généus oubli le Choléra

« En choisissant cette date, le conseil de sécurité a démontré soit un manque de sensibilité culturelle ou volontairement a affiché son racisme systémique par rapport à la première république nègre du monde. Rappelons que les haïtiens sont contre toute intervention militaire étrangère dans le pays, arguant que les onze interventions précédentes ont été catastrophiques, a fait savoir un proche du président Jovenel Moïse.

Il souligne que lors de cette réunion, l’épidémie du choléra amenée en Haïti par les soldats népalais des Nations-Unies en Novembre 2010 n’a pas été abordée.

Le choléra des Nations -Unies a tué 10,500 haïtiens et contaminé un million. Le Secrétaire Général des Nations- Unies Ban Ki-moon avait non seulement reconnu la responsabilité des Nations-Unies dans la propagation de l’épidémie, il avait aussi promis justice et réparation aux familles des victimes.

Douze ans après, comme si la vie des noirs d’Haïti n’a pas de valeur, rien n’a été fait. Pis l’épidémie du choléra vient de reprendre. Les soldats des Nations-Unies durant leur présence de 2004 à 2017 étaient impliqués dans des abus et violences sexuels. Pas de justice non plus pour les haïtiens victimes. Pas un mot des grands ténors des Nations-Unies sur ces réalités sauvages et barbares durant cette réunion, a t-il rappelé dans un texte.

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