Crise Haïtienne: Pamela White, ex-ambassadrice américaine en Haïti, revient sur sa dernière proposition et soulève d’autres préoccupations

Crise Haïtienne: Pamela White, ex-ambassadrice américaine en Haïti, revient sur sa dernière proposition et soulève d’autres préoccupations

L’ancienne ambassadrice américaine en Haïti, Pamela White a clarifié sa dernière proposition pour une résolution rapide de la crise multidimensionnelle haïtienne qui portait à équivoque. La diplomate en a aussi profité pour soulever d’autres préoccupations majeures concernant le pays.

Alors que la situation sécuritaire et humanitaire devient chaotique en Haïti ces derniers mois, diverses personnalités continuent à proposer des solutions pour une résolution rapide de la crise, à soutenir de même qu’à rejeter des démarches en cours, ou tout simplement à donner leurs points de vue.

Parmi les personnalités qui se sont prononcées en ce sens, l’ancienne ambassadrice américaine en Haïti, Pamela White. Lors d’une interview accordée à un média local, elle avait jugé bon que les bandes criminelles qui terrorisent quotidiennement la population haïtienne soient intégrées dans les discussions entre les protagonistes haïtiens qui cherchent constamment une solution à la crise multidimensionnelle haïtienne. Une proposition qui a suscité pas mal de réactions en Haïti comme ailleurs. Ce qui a contraint cette dernière à clarifier ce point de vue ainsi que d’autres, tout en dénonçant l’inaction des États-Unis face à la situation catastrophique dans le pays.

La nécessité de discuter avec les bandes criminelles pour une résolution de la crise sécuritaire

En effet, intervenant à la Radio Télévision Métropole, lundi 15 avril 2024, Pamela White revient sur sa dernière proposition et a expliqué que toute démarche visant à trouver une solution rapide à la crise haïtienne doit forcément passer par une entretien, formelle ou informelle qu’importe, avec les bandits armés criminels qui contrôlent plus de 80% de la région métropolitaine.

“Je n’ai pas dit qu’ils doivent contrôler le gouvernement. J’ai seulement dit qu’on ne peut pas faire fi de cette catégorie qui contrôle plus de 80% de l’aire métropolitaine, et pour cette raison, on doit parler avec eux pendant quelques minutes, serait-ce que sous la table des discussions” a déclaré la diplomate qui persiste à dire que le déploiement des policiers kenyans sur le sol haïtien ne résoudra pas la crise sécuritaire.

En ce qui concerne la Mission multinationale qui sera déployée en Haïti, sous le leadership du Kenya, l’ancienne diplomate accréditée dans le pays a rejeté l’idée que les États membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies financent la mission à hauteur de 600 millions de dollars malgré les fonds annoncés par le Canada et les États-Unis.

“C’est beaucoup d’argent demandé par les autorités de ce pays d’Afrique de l’est que le Conseil ne peut pas se permettre d’octroyer.” a-t-elle souligné tout en prônant une solution pacifique et non une intervention militaire robuste pour Haïti.

Le manque d’intérêt des États-Unis face à la situation catastrophique en Haïti

Parallèlement, la diplomate a dénoncé l’inaction des États-Unis face à l’aggravation de la crise multidimensionnelle qui sévit en Haïti. Elle a exprimé son amertume face au manque d’intérêt des médias internationaux à faire le point sur la situation qui règne actuellement en dans le pays contrairement à la manière dont ils gèrent la guerre en Ukraine et la tension dans le Moyen-Orient.

Pamela White a déclaré que son pays devrait s’activer davantage dans le cadre d’une réponse humanitaire au profit de la population haïtienne qui subit les violences perpétrées par les gangs armés criminels.

“Je ne comprends pas pourquoi les responsables américains ne se préoccupent pas davantage de ce qui se passe en Haïti. J’estime qu’il est plus qu’une nécessité que les États-Unis apportent un soutien humanitaire à une population qui manque de tout” a soutenu Pamela White jugeant que la situation humanitaire haïtienne est la pire dans le monde.

Une Police Nationale en manque d’effectifs face à la dégradation du climat de sécurité

Alors que le pays continue à plonger dans ce qui s’apparente au chaos à cause de l’escalade des violences perpétrées par les bandes criminelles, l’ancienne responsable américaine en Haïti ne pourrait ignorer la situation de la Police Nationale d’Haïti. Dans ce contexte, elle a estimé que l’institution policière en manque criant d’effectifs ne pourra pas répondre convenablement aux urgences sécuritaires de l’heure. Par conséquent, les fonds décaissés et ceux promis pour l’équiper ne serviront à rien, selon la diplomate qui se dit plutôt favorable à un déploiement de l’armée américaine dans le pays tout en jugeant erroné les affirmations qui font croire que les pays occidentaux n’ont nul envie d’intervenir directement en Haïti.

Le Conseil Présidentiel de transition : un processus politique actuellement bloqué

En ce qui concerne le long processus actuellement en cours entre les protagonistes haïtiens, le CARICOM et les États-Unis, l’ancienne ambassadrice américaine a souligné qu’il est présentement bloqué après avoir constaté les modifications majeures entre ce qui a été décidé entre les parties prenantes et ce qui est publié dans le journal officiel Le Moniteur.

“Il faut le dire car c’est vrai. Le processus politique est bloqué. Ce qui fait que le Premier Ministre démissionnaire Ariel Henry ainsi que son gouvernement sortant sont toujours aux timons des Affaires” a-t-elle soutenu.

Il faut mentionner que vendredi dernier le gouvernement sortant avait rendu public le décret portant création du Conseil Présidentiel de transition sans sortir l’arrêté nommant les membres de cette structure appelée à prendre les rênes du pouvoir politique en Haïti alors que celui-ci est attendu avec impatience pour la suite du processus.

Pendant que la situation se dégénère dans la capitale haïtienne, la population civile est dans le désarroi total. Faisant face quotidiennement aux violences perpétrées par les gangs armés criminels qui siègent la majeure partie de la région métropolitaine, elle est contrainte de fuir cette zone pour se réfugier dans des villes de province. Selon l’Organisation Mondiale pour la Migration (OIM), plus de 100 000 personnes ont déjà quitté la capitale haïtienne. Entre-temps, les responsables n’ont toujours rien conclu pour aboutir à une solution rapide et/ou pacifique comme le soutient l’ancienne ambassadrice américaine.

LIRE AUSSI

PressLakay