Croix-des-Bouquets/ Insécurité/ Education: une année académique perdue

0 30

Les activités académiques pour l’année 2021-2022 au niveau de la Commune de la Croix-des-Bouquets ont été paralysées en raison de l’action des gangs. Les jeunes talents du Ranch se trouvant dans cette commune ont été renvoyés. Certains ont perdu l’année scolaire.

Les bandits armés sèment la terreur à la Croix-des-Bouquets

Des écoles, des églises ont dû fermer leurs portes face à ce climat de terreur que le gang des 400 Mawozo a fait naître au sien de la commune. Le ranch de la Croix-des-Bouquets où des centaines de talents recevaient des formations académiques et sportives n’a pu faire exception à la règle. Ce qui a poussé le comité de Normalisation de la Fédération Haïtienne à libérer les jeunes talents pour qu’ils puissent rejoindre leurs familles respectives.

Carline figure parmi ces jeunes qui avaient récemment défendu les couleurs d’Haïti en catégorie U17, éliminée face à la République Dominicaine. Pour préparer cette compétition, l’équipe qui est privée du Ranch avait quelques semaines de concentration au niveau de la Route 9. Mais après la compétition, ces jeunes dont Carline issus des quartiers populaires de la Capitale ont retrouvé leurs parents.

 » On était chez nos parents après que les responsables avaient décidé de nous renvoyer pour cause d’insécurité. Mais notre école était dans le Ranch. Moi depuis le renvoi je ne suis pas allée à l’école. Mon papa avait fait des démarches pour que l’année académique ne soit pas perdue. Mais faute de moyens, j’ai perdu l’année académique 2021-2022″, a expliqué la joueuse qui vient juste d’avoir ses 17 ans.

 » J’ai un cousin qui avait aussi fait les démarches au niveau d’un lycée pour moi. Mais on lui a dit que c’était trop tard et que je devrais attendre la nouvelle année académique pour que je puisse refaire la NS3. Et quant aux Collèges, ils voulaient que je paie tous les mois antérieurs. Ce que mon papa n’était pas en mesure de faire », raconte la jeune fille.

Une année académique perdue

Comme pour certaines autres jeunes filles qui étaient au ranch, Carline a perdu l’année l’académique et a perdu la formation qu’elle recevait avec l’espoir comme de nombreuses autres jeunes filles qui étaient au centre qui ont traversé vers l’Europe, elle pourrait aller aussi un jour. Aujourdhui, tout espoir semble perdu.

« Après notre élimination face aux dominicaines, lorsque nous sommes retournés au pays, on ne nous avait rien donné de significatif. Je me rappelle que ce qu’on m’avait donné comme moyens pourrait uniquement servir à payer le transport pour rejoindre ma famille. Et depuis je suis sans nouvelle des responsables de la FHF », poursuit-elle.

La jeune pépite haïtienne du Stade de Reims, Melchie Daëlle Dumornay est l’idole de Carline qui souhaite trouver de moyens pour faire valoir son talent aux yeux des recruteurs et de se faire une place dans les championnats féminin de l’Europe.

Un club local est intéressé à la prendre en charge mais…

Comme son père, ancien footballeur amateur, Carline sait toucher le ballon. Elle est polyvalente. Elle a déjà fait ses preuves dans les catégories inférieures au Ranch de la Croix-des-Bouquets, précise son père qui dit avoir assisté à plusieurs matchs de sa fille où elle a particulièrement brillé.

 » Un Club local est intéressé par son profil, intéressé à la prendre en charge. Mais il y a un problème. Les championnats masculins sont pour l’heure fermés encore moins ceux des filles. Donc le Club ne pourrait pas garder la joueuse sans qu’elle ne soit en fonction. Donc même s’il est intéressé mais ne peut s’engager pour l’heure.

 » J’ai déjà disputé quelques matchs amicaux pour ce club dont je me garde de citer le nom pour l’instant. Il évolue en première division féminine haïtienne », précise t-elle.

Carline souhaite se rattraper la prochaine année académique

« Je considère cette année académique perdue comme une année d’apprentissage. J’en profite pour rester beaucoup plus proche de mes parents. Et je me concentre sur la nouvelle année avec beaucoup plus de détermination. Je suis la fille aînée de mon papa. Je dois travailler pour relever la tête de la famille. Si je n’arrive pas à le faire en football, je pense que je peux le faire par l’éducation », espère Carline.

Elle informe avoir déjà donné ses pièces à un ami proche de son père pour s’assurer de son inscription dans un lycée de la capitale pour qu’elle puisse continuer ses activités académiques.

 » Dès septembre on va reprendre du travail. J’espère que le pays sera beaucoup plus calme. Car là où je vis les bruits de cartouches nous empêchent de dormir », a lâché la native de la troisième ville du pays.

Qui sait combien de ces jeunes qui étaient au ranch qui représentaient l’avenir en dehors du pays en sport qui sont dans la même situation que Carline?

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

This website uses cookies to improve your experience. We'll assume you're ok with this, but you can opt-out if you wish. Accept Read More

%d blogueurs aiment cette page :