Des cadres de la CAS détournent des fonds alors que des centaines de familles démunies sont privées de subventions

Stop corruption

Si des milliers de personnes en situation de vulnérabilité peinent à trouver des subventions auprès de la Caisse d’Assistance Social (CAS), alors qu’elles devraient être les véritables bénéficiaires, des cadres de ce même organisme du Ministère des Affaires Sociales et du Travail (MAST) font de celui-ci leur vache à lait.

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En effet, dans un rapport d’enquête menée par l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) sur les subventions accordées par la CAS, remis à la justice le vendredi 3 mars 2023, plusieurs cas de détournements de fonds publics, de traffic d’influence, de prise illégale d’intérêts et de complicités de faux et usages de faux ont été révélés.

En Haïti, les cas de corruption sont nombreux et persistent dans l’administration publique. Ce qui demeure la principale cause de la faiblesse des institutions publiques. Au sein même de celles-ci, des laboratoires qui favorisent le détournement de fonds sont ainsi créés privant les véritables béficiaires, l’assistance qu’ils auraient pu trouver. Constat fait pour des centaines de familles privées de la subvention accordée par la CAS, une allocation mensuelle de subsistance familiale de 2000 gourdes.

Dans ce rapport d’enquête sur les subventions accordées par la Caisse d’Assistance Social (CAS), l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) a révélé que des cadres de cette institution détournent les fonds destinés aux personnes vulnérables et aux familles défavorisées.

Ce rapport pointe du doigt le comptable en chef de la CAS, M. Richard VALES qui aurait détourné un total de deux millions de gourdes sous forme de subventions destinées à deux organisations fictives, l’Organisation des Jeunes pour le Rehaussement de l’entrepreneuriat en Haïti (OJREH) et Intégration des Jeunes Défavorisés pour une Nouvelle Haïti (IJDNHA).

Les investigateurs de L’ULCC cite encore dans leur rapport d’enquête, un certain Dominique Hector BERNARDIN, qui, dans le but de se faire passer pour le coordinateur, aurait falsifié les documents d’une organisation qui sollicitait de la part de l’institution une subvention de 100 000 gourdes.

D’autres noms sont encore cités dans des cas de traffic d’influence comme celui de Mme. Edwine TONTON, l’actuelle Directrice de la CAS, et Mme. Yverose ALCIDE, fonctionnaire du MAST et membre du cabinet de l’actuelle Directrice.

Dans un pays dans où la corruption devient monnaie courante et que certains responsables ne se cachent même plus pour détourner les deniers publics, les fonds destinés à soutenir les personnes vulnérables ainsi que les familles défavorisées ne peuvent qu’être détournés. Malgré les cris d’indignation de ces dernières dénonçant d’une part, l’insouciance de l’État vis-à-vis de leur mauvaise condition socio-économique, réclamant, d’autre part, ce qui leur ont été destinés, elles resteront dans une attente permanente sans trop grande espoir d’obtenir satisfaction. Une réalité qui traduit bel et bien la situation des bénéficiaires du CAS qui ne reçoivent pratiquement rien depuis plusieurs mois.

Alix ISRAËL
alixisrael53@gmail.com

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