Edito politique : Haïti une crise politique qui dure trop

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Il est toujours délicat d’aborder à chaud une question dont on ne peut connaître ni l’ampleur, ni la durée, ni l’intensité de la crise politique haïtienne. Pour comprendre l’impact de la crise politique , il faut prendre en compte les facteurs structurels et conjoncturels , et distinguer les effets de court, de moyen et de long terme.

Un pouvoir exécutif qui ne pense qu’à lui-même et l’opposition qui joue son jeu dans leurs propres intérêts sans vraiment tenir compte de la société qui gangrène dans la misère,l’insécurité, le chômage[…]
La fracture sociale provoque une angoisse, née de la disparition d’une forme minimale de société ordonnée qui fait accepter la violence comme règle d’arbitrage des conflits. On a ainsi cru voir la haine , chez les protagonistes dans le pouvoir, là où n’était que l’angoisse.

Or, lorsque les liens de la solidarité générale d’une société se rompent, ses groupes humains se replient sur des solidarités particulières de part et d’autre des clivages sociaux, qui s’élargissent alors en fractures. Sur ces groupes désormais disjoints, se construisent des réseaux de pouvoir, des appareils de violence et des circuits de profit qui font de la crise leur raison d’être , ces structures de crise seront l’objet de notre avenir.Depuis le démarrage de ce que l’on appelle les « transitions démocratiques » , Haïti voit se dérouler une série d’élections bondé de fraudes,  elles s’effectuent dans un contexte de pluralisme politique qui leur donne une toute autre signification, celle d’une compétition et d’un libre choix entre diverses formations politiques et non pas seulement d’un affrontement entre individus comme l’avait organisé   dans les années quatre-vingt- Dix.

Ce sont là autant d’événements et d’évolutions qui attestent de la modification des comportements politiques vis-à-vis de l’élection, du droit et d’une nouvelle vision de la politique en Haïti. Si comme l’enseignent depuis longtemps les théoriciens du politique, les élections disputées ne sauraient à elles seules être un gage de démocratie, elles n’en sont pas moins, quelles que soient leurs limites, une condition nécessaire du développement démocratique.

Le président Jovenel Moïse veut à tout prix organisé un référendum pour une nouvelle constitution , oui a tout prix avec un Conseil électorale Provisoire décrié ( CEP/KEP) qui n’a aucune loi légale pour faire une telle élection, dont ils publient déjà un calendrier.

Si l’on croit les membres de l’oppositions le président Moïse doit laisser le pouvoir le 7 Février 2021, or le référendum est maintenu pour le mois d’avril, la question qu’on devrait se poser qui va réaliser ce référendum ? Jovenel Moïse ? Les membres de l’oppositions? Est ce que on ne mérite pas vraiment de changer ou de modifier la constitution haïtienne ? Beaucoup de questions sans la moindre réponse.
Les critiques des élections en Haïti se multiplient et, souvent exprimées en termes vifs sinon virulents, instruisent des procès sans appel. N’a-t-on pu voir dans les consultations électorales de véritables  impostures se réduisant à de simples formalités administratives  dominées par des acteurs politiques se livrant à un banditisme électoral plutôt qu’à une compétition.

La nation haïtienne cherche une issue dans des dévaluations monétaires qui aggravent son quautidien. La spirale déflationniste est liée alors à l’effondrement spectaculaire du commerce national, au chômage massif qui provoque la dépression du pouvoir d’achat à un moment où il n’existe pas de salaire social, à la réduction de la production et à la chute des investissements en Haïti.

Une année de plus qui s’annonce mouvementé. Est ce que ce sera le mal ou le pire dans cette crise politique qui dure trop ?

Robinson Jerome

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