Et si la corruption devenait un critère de promotion dans l’Administration publique?

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La corruption est presqu’institutionnalisée en Haïti en raison de l’implication de certains organes et acteurs travaillant contre la corruption et impliqués, au moins une fois, dans un dossier s’y rapportant. La lutte contre la corruption en Haïti a toujours été difficile à cause de la force et la richesse accumulées par les corrupteurs et les corrompus qui parviennent à immobiliser l’esprit critique de riposte et de dénonciation chez les militants et les intellectuels…

Le père Jean Hansen dans son document relatif à la corruption en Haïti a situé la corruption depuis le lendemain de 1804 et pense que c’est un phénomène alimenté par les ressources des Haïtiens qui en enrichissent d’autres et parfois des étrangers.

La corruption a fait son bon homme de chemin et nous avons connu pas mal de procès en rapport avec celle-ci en Haïti: le procès de la consolidation impliquant Tancrède Auguste, Vilbrun Guillaume Sam, J. de la Myre Olrich, Tipenhour, Tirésias Simon Sam, Tancrède Auguste, Cincinnatus Leconte;le jugement par contumace de Eugène Maximilien, Frantz Leroy dans l’affaire des timbres pour ne citer que ces deux cas.

En effet, elle est manifestée sous différentes formes tant dans le secteur public que dans le secteur privé. En Haïti, la loi du 12 mars 2014 portant prévention et répression de la corruption, publiée au journal officiel Le Moniteur du 9 mai 2014 définit les cas de corruption en son article article 5.

Elle présente les actes de corruption suivants : la concussion, l’enrichissement illicite, le blanchiment du produit du crime, le détournement de biens publics, l’abus de fonction, le pot-de-vin, les commissions illicites, la surfacturation, le trafic d’influence, le népotisme, le délit d’initié, la passation illégale de marchés publics, la prise illicite d’intérêts, l’abus de biens sociaux.

En Haïti, les institutions travaillant dans la sphère de la santé financière sont: la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif, l’Unité de Lutte Contre la Corruption, l’Unité de Contrôle et des Renseignements financiers, l’Inspection Générale des Finances et la Commission Nationale des Marchés Publics.

Ces institutions devraient faire un travail plus ou moins technique dans la lutte contre la corruption. Ce qui semble être différent, compte tenu de la passivité et la présence invisible de certaines d’entre elles en matière de résultats. Il faut croire que malgré l’importance de cet organe ci-dessous mentionné dans la conclusion des contrats publics et de l’audit dans l’administration publique nationale,sur ces 25 dernières années, la corruption y est devenue généralisée.

L’Inspection Générale des Finances est un organe du Ministère de l’Économie et des Finances chargé de contrôler, de vérifier et d’auditer sur le plan administratif, technique et financier l’ensemble de l’Administration publique. C’est une institution importante et technique pour la santé financière du pays et contre la corruption au sein de l’Administration publique.

Quoique le Rapport Petro Caribe ait confirmé la mauvaise gestion des deniers publics et la non conformité des contrats publics à la loi du 10 juin 2009 fixant les règles générales relatives aux marchés publics, ses trois anciens directeurs et inspecteurs ont été promus dans l’Administration.

En 2008, Monsieur Alix Patrick Salomon a été nommé Directeur Général de l’Inspection Générale des Finances et le 12 Avril 2017, il a été promu par arrêté présidentiel Ministre de l’Economie et des Finances. Son nom a été cité dans le dossier de surfacturation des kits scolaires.

En 2012, Monsieur Ronald Grey Décembre a été promu Secrétaire d’Etat aux finances avant de remplacer Monsieur Salomon le 17 septembre 2018. Il a occupé avant 2012, le poste d’Inspecteur Général des Finances.

Le dernier en date, c’est l’ancien directeur administratif et financier à l’Inspection générale des finances, Monsieur Fritz William Michel promu comme Ministre de la Planification et de la Coopération Externe par arrêté du 22 mai 2019 et nommé Premier Ministre par arrêté présidentiel du 22 juillet 2019. Impliqué dans un dossier de cabrits et d’autres contrats conclus sous l’effet de prise illicite d’intérêts selon le rapport de certaines organisations de droits humains et du Sénateur Youri Latortue.

Cet organe fait un travail de conseil sur tous les contrats de marchés publics. Pourquoi ses anciens patrons ont été rapidement promus dans l’Administration Publique? Pourquoi certains hommes d’affaires et politiciens veulent à tout prix que ce dernier devienne Premier Ministre? À ce stade, il faut nécessairement se méfier de ces derniers puisque leur choix est loin d’être à la base d’une question de jeunesse ni d’élites.

J’ai bien observé l’énergie de certain(e)s jeunes militant(e)s et intellectuel(le)s, chercheurs et chercheuses de travail et d’opportunités qui se mettent toujours à féliciter de telles promotions sans penser que les vrais responsables de la corruption sont encore là et qu’ils chercheront par tous les moyens de protéger leurs arrières et de conserver les grands contrats obtenus avec la complicité de certains politiciens traditionnels.

Me Lacks-Guvens CADETTE
Cercle de Réflexion sur la Justice
+50937749208

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