États-Unis: Le Sénat approuve le vaste plan de modernisation des infrastructures voulu par Joe Biden

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Le Sénat des États-Unis a largement approuvé, mardi 10 août, le plan colossal d’investissements dans les infrastructures voulu par Joe Biden, d’un montant de 1.2 milliards de dollars, offrant un large succès pour le président démocrate, qui devra cependant encore attendre le vote final à la chambre basse pour revendiquer la victoire.

Ce projet de loi a été adopté par 69 voix contre 30, avec le soutien de plus d’un tiers des républicains, un fait rare dans un Congrès politiquement ultra-divisé. Le texte devra désormais être soumis au vote à la Chambre des représentants, où son avenir est plus incertain, car des tensions sont apparues au sein de l’étroite majorité démocrate, entre la gauche et les centristes. Les négociations s’annoncent difficiles et un vote final au Congrès pourrait ne pas avoir lieu avant l’automne.

Fruit d’un rare compromis entre démocrates et certains républicains, le plan d’investissement dans les infrastructures prévoit 550 milliards de dollars de nouvelles dépenses fédérales sur les routes, les ponts, les transports, mais aussi sur l’Internet haut débit et pour la lutte contre le changement climatique. Si l’on tient compte de la réorientation des autres financements publics existants, il atteint 1 200 milliards de dollars, l’équivalent du PIB de l’Espagne en 2020.

Un accord  historique, répète Joe Biden, ex-sénateur depuis trois décennies, qui aime mettre en avant ses talents de négociateurs sur Capitol Hill, siège du Congrès. C’est aussi sa vice-présidente, Kamala Harris, qui est venue présider la séance pour annoncer cette large victoire au Sénat.

Joe Biden est à la Maison Blanche  depuis sept mois seulement  et le Sénat est parvenu à un accord sur  le plus grand plan d’investissement depuis plus d’une décennie  avec le soutien des Républicains, un succès pour lequel le président a proposé un engagement total, a déclaré le chef des sénateurs démocrates, Chuck Schumer, juste avant le vote.

Au moins trois sénateurs républicains qui avaient participé aux négociations se sont également finalement déclarés contre. Mais leur leader influent, Mitch McConnell, a voté pour, bien conscient de la popularité d’un tel programme dans un pays aux infrastructures défaillantes.

L’accord entre ces républicains et les démocrates sera de très courte durée. Maintenant que le plan d’infrastructures a été adopté, le Sénat se penche sur un autre volet majeur de l’agenda de Joe Biden : un plan titanesque pour investir 3 500 milliards de dollars, soit presque l’équivalent du PIB en 2020 du géant économique qu’est l’Allemagne, dans Infrastructure ».

Cet autre plan comprendra de nombreuses dépenses sociales dans l’éducation, la santé, le marché du travail et le climat, avec notamment des mesures de transition énergétique censées  mettre les États-Unis sur la voie du respect des objectifs climatiques ambitieux de Joe Biden, qui veut apporter niveaux de pollution dans le secteur énergétique étasunien à zéro d’ici 2035 et pour que l’économie du pays atteigne la neutralité carbone d’ici 2050.

C’est le projet de loi le plus important pour les travailleurs, les personnes âgées, les malades et les pauvres depuis Franklin Delano Roosevelt et le New Deal des années 1930, a insisté le sénateur indépendant Bernie Sanders, président de la commission du budget. Un  investissement qui n’arrive qu’une fois par génération  visant à redresser une économie aujourd’hui également « injuste », selon la Maison Blanche. Des dépenses folles, pensez aux républicains, qui ont promis de s’y opposer farouchement.

Pour contourner leur éventuel blocus au Sénat, les démocrates utiliseront une procédure parlementaire qui leur permettra de l’approuver avec leurs seules voix 50 en plus de celle de la vice-présidente, Kamala Harris, autorisée à voter en cas d’égalité). La bataille commencera mardi avec le lancement d’un vote sur la résolution budgétaire qui l’esquisse.

Les sénateurs auront ensuite jusqu’au 15 septembre pour présenter le contenu substantiel du projet de loi définitif, avec un montant définitif et les moyens de le financer. Deux points qui ne font pas encore l’unanimité chez les démocrates, les centristes ayant déjà signalé qu’ils trouvaient la facture trop élevée.

Les négociations s’annoncent également périlleuses et un vote final en Chambre pourrait ne pas avoir lieu avant octobre, voire novembre.

Robinson JEROME

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