Festival de Cannes : Ruben Östlund entre dans le club des double Palme d’or avec «Triangle of Sadness»

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Ce Samedi, le 75e festival de Cannes s’est achevé, avec Vincent Lindon et son jury qui ont fait beaucoup d’honneur au réalisateur suédois, couronné pour un film trop sûr de ses effets.

Ruben Östlund, Cinéaste Suédois

Au moment d’ouvrir samedi soir la cérémonie du 75e Festival de Cannes, Virginie Efira a eu cette voile. Dès demain à Cannes, les personnes âgées auront à nouveau des visages de personnes âgées. Un bon mot que l’on doit probablement à l’humoriste genevoise Marina Rollman, qui a été mandatée pour glisser quelques punchlines à la maîtresse de cérémonie. Lorsqu’il monte ensuite sur scène, Vincent Lindon est comme un gamin, il ne tient pas en place et commence par avouer qu’il aimerait prolonger la fête, qu’il a été follement heureux.

Le président du jury a aimé la tâche qui lui a été nommée, les huit personnalités du monde du cinéma avec demandé qu’il a passé ces douze derniers jours ont été généreuses et exigeantes, à la fois spectatrices et cinéphiles, avec des regards d’enfants et des visions d’adultes. Lindon était certes président, mais sa voix n’a pas été prépondérante, il n’était qu’une personne comme les autres au sein d’un groupe de neuf personne. 

L’été dernier, l’acteur français était à l’affiche de Titane, qui valait à Julia Ducournau l’honneur d’être la deuxième femme seulement à recevoir la Palme d’or. Cette année, voici qu’il prime un film qui lui aussi ne fait pas dans la demi-mesure, assène son propos de manière démonstrative, préfère la surenchère et la provocation à la véritable réflexion. Triangle of Sadness qui sera utilisé lors de sa sortie sous le titre français Sans filtre vaut à Ruben Östlund sa deuxième Palme d’or après The Square en 2017.

À nouveau, le Suédois s’attaque avec férocité aux classes privilégiées. Après le monde de l’art contemporain, sa cible est cette fois les influenceurs et les super-riches, qu’il présente de manière unilatérale comme des personnes imbues d’elles-mêmes, suffisantes et arrogantes. Le film dure 2h30, et son grand moment de bravoure consiste à les noyer dans des torrents de vomi et d’excréments.

Face à la finesse de la mise en scène et à l’approche sensible et poétique d’autres propositions, cette Palme d’or a de quoi laisser perplexe. D’autant plus que c’est faire bien trop d’honneur à Östlund que de lui permettre d’être le huitième réalisateur si on fait des frères Dardenne une seule entité à être doublement palmé.

Le Prix du jury a lui aussi été attribué ex-aequo. Il salue deux excellents films, l’étonnant EO, dans lequel le vétéran Jerzy Skolimowski suit les pérégrinations d’un âne le cinéaste polonais a remercié et cité les huit ânes de Sardaigne qui se sont partagés le rôle principal de ce beau conte écolo, et Les Huit Montagnes, de Charlotte Vandermeersch et Felix Van Groeningen, racontant dans les Alpes italiennes magnifiquement filmées, sur plusieurs décennies, l’amitié entre un montagnard et un citadin.

Enfin, en marge de la compétition, la Caméra d’or est allée à War Pony, des étasuniennes Gina Gammel et de Riley Kough , présentée dans la section Un Certain Regard. Présidente cette année du jury de la Caméra d’or, qui couronne le meilleur premier long métrage vu dans l’une ou l’autre des différentes sections festival, l’Espagnole Rossy de Palma a présenté  un grand film qui réunit tout ce que nous aimons dans le cinéma, un film qui nous rappelle la puissance de l’esprit ancestral, un film qui nous transforme, nous bouscule, nous questionne sur la mémoire et les blessures.

Voici Le palmarès du 75e Festival de Cannes ci-dessous :

Palme d’or : Triangle of Sadness, de Ruben Ostlund.

Grand Prix ex-aequo : Close, de Lukas Dhont, et Stars at Noon, de Claire Denis.

Prix de la mise en scène : Decision to Leave, de Park Chan-wook.

Interprétation féminine : Zahra Amir Ebrahimi dans Les Nuits de Mashhad, d’Ali Abbasi.

Interprétation masculine : Song Kang-ho dans Les Bonnes étoiles, d’Hirokazu Kore-eda. Dhont

Prix du scénario : Boy from Heaven, de Tarik Saleh.

Prix du jury ex-aequo : EO, de Jerzy Skolimowski, et Les Huit Montagnes, de Charlotte Vandermeersch et Felix Van Groeningen.

Prix spécial du 75e Festival de Cannes : Tori et Lokita, de Jean-Pierre et Luc Dardenne.

Robinson JEROME

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