Force multinationale : le responsable du RNDDH Pierre Espérance met en évidence l’ignorance des Haïtiens

Pierre Espérance

À quelques jours d’un éventuel déploiement d’une force multinationale en Haïti, pour soutenir la PNH dans sa lutte contre le grand banditisme, des personnalités se questionnent sur les objectifs réels de la mission : quand et comment les troupes militaires débarqueront dans le pays ? Comment interviendront-ils sur le terrain ? pourquoi les avions militaires atterrissent régulièrement à l’Aéroport International Toussaint Louverture ? Autant de paramètres concernant la mission de soutien à la sécurité qui reste méconnus pour non seulement la population haïtienne mais aussi les membres du gouvernement. C’est ce qu’a déploré le Coordonnateur Général du RNDDH, Pierre Espérance.

“Des avions militaires américains sont en Haïti. Les Haïtiens ne savent pas pourquoi. Ils nt été trop peu informés de la mission de sécurité internationale qui devrait se déployer sur leur sol.” a fait savoir le responsable du secteur des droits humains en Haïti.

Alors que les vols charters continuent à atterrir à l’aéroport international de Toussaint Louverture apportant, selon les informations fournies par des sources crédible, des matériels et équipements afin de renforcer les capacités de la Police Nationale d’Haïti (PNH), à en croire M. Espérance, les Haïtiens ne sont pas bien imbus des dispositions qui sont prises et celles en cours pour favoriser le déploiement de la mission.

“Au cours des dernières semaines, j’ai vu des dizaines d’avions militaires américains élégants descendre au-dessus de l’Aéroport International Toussaint Louverture de Port-au-Prince, en Haïti, où je vis. Il s’agissait des premiers vols à atterrir depuis que des gangs ont bloqué et interrompu le trafic aérien commercial en mars. Les médias américains suggèrent que l’avion contenait des sous-traitants civils et du matériel destiné à ouvrir la voie au déploiement d’une mission de sécurité dirigée par le Kenya en Haïti, qui devrait commencer d’un jour à l’autre. Mais personne n’a informé les Haïtiens de ce qui se trouvait à bord. Même les membres du nouveau gouvernement de transition d’Haïti m’ont dit qu’ils ne savaient pas précisément ce que les États-Unis faisaient entrer dans le pays.” a déclaré le responsable du RNDDH.

Concernant les soutiens que fournissent et fourniront les autorités américaines en ce qui a trait à la force multinationale, c’est le même cas de figure, d’après Pierre Espérance soulignant ce qu’il estime être un paradoxes quand on sait que la mission a été approuvée par le Conseil de Sécurité des Nations Unies pourtant elle n’est pas une mission de l’ONU. Dans son intervention, le responsable des droits humains en Haïti a questionné le véritable rôle joué par les Américains dans le processus du déploiement de la mission en Haïti et son partenariat avec le Kenya vis-à-vis de la force.

“Depuis le début, la mission de sécurité en Haïti a été en proie à des paradoxes. La force a été autorisée par le Conseil de sécurité des Nations Unies l’année dernière, mais ce n’est pas une mission de l’ONU. Au lieu de cela, la Mission multinationale de soutien à la sécurité a été conçue, facilitée et gérée par le Département d’État américain et l’armée américaine, même si le Kenya devrait la diriger sur le terrain. Cependant, les responsables américains – y compris les membres du Congrès – ont éludé les questions sur la force en mentionnant l’ONU et en affirmant que le Conseil de sécurité en est responsable.” a déclaré le responsable du RNDDH tout en soutenant que les États-Unis ont externalisé la mission en Haïti au Kenya.

Parallèlement, Pierre Espérance a soutenu que les Haïtiens doivent également être impliqués davantage dans la mission notamment en ce qui concerne sa gestion en développant ses objectifs et en surveillant ses pratiques.

“Nous [les autorités haïtiennes] devons veiller à ce que la mission multinationale soit responsable envers le peuple haïtien. Elle doit être menée en prenant en compte la négligence, la mauvaise prise de décision, la force excessive et les abus sexuels qui ont marqué les interventions précédentes dans notre pays. Nous devons également veiller à ce que cette force ne soit pas considérée comme une panacée pour la restauration de l’État haïtien et de sa démocratie.” a-t-il précisé.

Alors que le déploiement de la force est attendu par plus d’un pour combattre les gangs armés criminels qui terrorisent quotidiennement la population haïtienne, le responsable du Réseau National de Défense des Droits Humains a avancé l’idée que celui-ci doit permettre au gouvernement haïtien et à la société civile de se reconstruire par le renforcement du système judiciaire et la Police Nationale d’Haïti. De par cette mission, le gouvernement haïtien doit récupérer l’ensemble des territoires dont il n’avait plus le contrôle, il doit aussi développer des programmes pour interrompre le parrainage des gangs par les dirigeants politiques.

Par ailleurs, M. Espérance a reconnu que la force multinationale à elle seule ne peut assurer la stabilité à long terme du pays bien que les besoins des haïtiens doivent être au centre de tout effort militaire.

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