Haïti-Crise du carburant: entre complicité, impuissance ou la mauvaise foi du gouvernement

0 29

La crise récurrente du carburant qui frappe de plein fouet le pays ne date pas d’hier. Souvent artificielle, les conséquences pour les petites bourses et pour les grandes entreprises sont énormes. Face à l’impuissance, ou le manque de volonté du pouvoir en place, la population a dit non hier mercredi.

Mouvement de protestation contre des actes de kidnapping

C’était un mercredi où tout s’est réveillé normalement sur la capitale haïtienne et ses environs. De nombreuses personnes étaient dans leurs activités quand soudain la nouvelle est tombée comme une traînée de poudre. Dans plusieurs artères de Delmas, de Pétion Ville, du Centre Ville et même dans certaines villes de province, des motards appuyés par des membres de la population ont fait entendre leurs voix durant cette journée de protestation contre la rareté de carburant.

Des motards avec qui nous avons parlé dénoncent le fait que le carburant est disponible mais certains hauts responsables décident de ne pas le distribuer dans les pompes. Le prix du gallon de gazoline atteint la somme de 1500 gourdes, c’est inacceptable, soulignent-ils. Ils accusent le gouvernement de n’avoir rien fait pour résoudre le problème.

 » Si le gouvernement avait de la volonté, il opterait pour la mise sur le marché en temps normal le produit pour que nous pouvons fonctionner. Quand un malheureux achète un gallon de carburant à 1500 gourdes pour sa moto, comment va t-il faire pour ne pas perdre son argent? », se demande ce motard rencontré sur la route de l’aéroport ce mercredi.

Le syndicaliste Méhu Changeux dénonce le laxisme du gouvernement

Le syndicaliste Méhu Changeux ne pardonne pas le gouvernement qui laisse l’importation du produit sur la responsabilité du secteur privé des affaires. Selon lui, cette crise qui persiste sur le pays est le résultat de la volonté manifeste du secteur privé d’augmenter le prix de l’essence à la pompe.

Il dénonce le fait que les conseils des associations des chauffeurs et propriétaires du transport n’ont pas été pris en considération par les autorités étatiques.

 » Nous avions conseillé au gouvernement de mettre dans chaque département un terminal. Le gouvernement s’était montré réceptif à notre conseil. Pourtant, des mois après, le problème perdure, rien n’a été fait », regrette le syndicaliste qui voit un manque de volonté du gouvernement de résoudre ce problème récurrent.

Le gouvernement veut augmenter le prix du carburant à tout prix

Il n’est pas un secret pour personne que le gouvernement veut augmenter le prix du carburant. Le ministre de l’Economie et des Finances avait annoncé que le gouvernement prévoit d’ajuster le prix de l’essence à la pompe vu qu’il n’est plus en mesure de continuer à subventionner le produit à hauteur de 7 à 9 milliards de gourdes par mois.

Si la décision n’est pas encore prise c’est par le fait que le gouvernement redoute de grandes mobilisations populaires à un moment où ledit gouvernement peine à résoudre les problèmes les plus élémentaires pour la population.

Si le ministre Michel Patrick Boisvert n’a pas précisé de date pour l’augmentation du prix du carburant, le gouvernement est clair. Ce qui reste c’est juste une question de date.

En tout cas, après plusieurs mois de rareté, le gouvernement n’arrive toujours pas à trouver la formule pour résoudre le phénomène. Entre complicité, impuissance ou mauvaise foi, le gouvernement laisse planer le doute sur sa volonté de freiner cette hémorragie.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

This website uses cookies to improve your experience. We'll assume you're ok with this, but you can opt-out if you wish. Accept Read More