Haïti-Crise: le pays s’enfonce, Montana/PEN, Ariel Henry et ses alliés jouent au (Ti-Ta-To)

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L’insécurité notamment le kidnapping, la faim, la crise de carburant empoisonnent le quotidien de la population haïtienne. Dans la capitale, dans les villes de province la situation est chaotique. Pourtant, les signataires de l’accord Montana/PEN, de l’accord du 11 septembre 2021 et le premier ministre Ariel Henry font passer du temps.

Des acteurs politiques haïtiens

Depuis après l’initiative de Montana aboutissant à l’élection de Fritz Alphonse Jean et Steven Benoît comme respectivement président et premier ministre de la transition, il y a plusieurs mois, les acteurs de la crise politique ne parlent que de dialogue pour sortir le pays de cette crise multidimensionnelle.

Si les acteurs, soutenus par le blanc, ont vu la nécessité pour qu’il y ait un véritable dialogue en vue de s’attaquer aux maux qui rongent la nation. Ils ne sont pas capables de se mettre ensemble. Plusieurs démarches entreprises en ce sens n’ont pas donné de résultats. Les camps politiques s’accusent mutuellement.

Une année après l’assassinat de Jovenel Moïse, ceux qui le combattaient (simple citoyen, organisations de la société civile et partis politiques), qui se disent être capable de redresser la barque nationale au départ de l’ex locataire du Palais National ne peuvent même pas s’organiser pour une vraie entente.

Montana/PEN, Ariel Henry et ses alliés se comportent comme deux droites parallèles

Le Premier Ministre Ariel Henry issu de l’accord du 11 septembre soutenu par les principaux membres de l’ancienne opposition de l’ère Jovenel Moïse comme SDP, Fusion, ne jure que par un pouvoir mono céphale dont il doit être le Premier Ministre accompagné d’un gouvernement de consensus. Alors que de l’autre côté, les signataires de Montana/PEN optent pour un pouvoir bi-céphale, un président et un Premier Ministre.

Les deux parties campent sur leur position. Ces deux positions peuvent être se comparer à deux droites parallèles. La crise s’aggrave. Le pays s’enfonce.

Sous la pression du blanc, une énième tentative de pourparler a eu lieu la semaine écoulée dans un hôtel à Pétion-Ville mais toujours aucun résultat. Rien de concret n’a été décidé. Les acteurs politiques font de la plaisanterie au mépris de la misère de la population.

Entre temps, la situation s’aggrave, les gangs gagnent du terrain et font pleurer la nation

Deux industries fonctionnent parfaitement bien à l’heure actuelle en Haïti. La première, (la CORRUPTION), la deuxième, le (KIDNAPPING). La première s’exerce dans les institutions étatiques, la deuxième, dans les rues.

La zone métropolitaine de Port-au-Prince est sous l’emprise total des groupes armés. Martissant, Cité Soleil, bas Delmas, Croix-des-Bouquets, Canaan, les bandits tuent, kidnappent, volent, violent et s’affrontent quand ils le souhaitent sous les regards complices des autorités compétentes. Il n’y a personne pour les dire halte-là. Le scénario est presque pareil à travers plusieurs villes de province.

Dans un rapport sur la situation du pays, les Nations-Unies indique avoir dénombré 934 meurtres, 684 blessés et 680 cas de kidnapping dans le pays de janvier à juin 2022. Toujours selon l’Organisation Mondiale, la guerre déclenchée le 7 juillet dernier opposant les hommes de G-PEP de Ti Gabriel et ceux du G-9 de Barbecue à Cité Soleil a fait au moins 234 morts et blessés. Mais le dernier bilan du RNDDH communiqué le week-end écoulé fait état de 300 morts et environ 160 blessés.

Les affrontements de fin avril début mai dernier à la plaine du Cul-de-Sac entre Chen mechan et 400 Mawozo avaient presque fait le même nombre de victimes. Des centaines de maisons ont été incendiées ou détruites. Des milliers d’habitants ont également été contraints de fuir leurs domiciles sans même savoir où se rendre.

Cette situation sans précédente que connaît le pays engendre une fuite massive des Haïtiens vers des pays étrangers à la recherche d’une vie meilleure, et ce, par tous les moyens. Les voyages clandestins sont devenus très fréquents. Malheureusement, des dizaines d’entre eux sont morts avant même d’atteindre la destination souhaitée. D’autres ont été interceptés par les autorités de la migration des pays qui les ont rapatrié.

Du 1er octobre 2021 au mois de juin 2022, les équipages de la Garde côtière américaine ont intercepté 6 114 migrants haïtiens et les ont tous rapatrié. Ces migrants ont été arrêtés sur les côtes du Porto Rico, de Bahamas, de la Floride et de Cuba entre autres.

Chez les voisins dominicains également les Haïtiens ne sont pas les bienvenus. Même avec des documents légaux en main des compatriotes subissent des traitements inhumains. Des organisations de défense des droits des migrants dont le Groupe d’Appui aux Rapatriés et aux Réfugiés (GARR) tirent la sonnette d’alarme à plusieurs reprises sur ce sujet.

Pour seulement le mois de juin 2022, la République Dominicaine a rapatrié plus de 7000 migrants haïtiens à travers les 4 points frontaliers officiels. Ils ont été accueillis par le GARR. Même les femmes enceintes et les enfants ne sont pas épargnés.

De plus, selon les estimations de l’ONU l’insécurité alimentaire menace de frapper à la porte d’environ 4,5 millions d’haïtiens. Parmi eux, plus de 1,3 million à un niveau très élevé.

La faim, l’insécurité ou le problème des gangs, le dysfonctionnement des institutions étatiques, l’inexistence des trois pouvoirs de l’État, la dépréciation de la gourde, l’immigration des haïtiens vers d’autres terres sont autant de problèmes qui devraient emmener les acteurs de la crise à mettre de côté leurs intérêts mesquins pour voir l’intérêt collectif.

Malheureusement, la misère de la population. La situation du pays ne sont pas leurs préoccupations. La population est prise en otage par les gangs, les acteurs politiques et les autorités étatiques qui forment une association de malfaiteurs pour la détruire.

Le pays sombre dans le noir. Rien ne marche. Tous les indicateurs sont au rouge. La population est aux abois. Seule une révolution populaire peut sortir le pays du bourbier. Pourtant, le peuple est en plein sommeil.

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