Haïti-Education: des éducateurs asphyxiés par la crise socio-politique

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La réouverture des classes se fait encore attendre en Haïti. reportée pour le 03 octobre, les enfants n’arrivent toujours pas à reprendre le chemin de l’école près d’un mois après. Si les conséquences sont néfastes pour l’avenir des enfants mais aussi plusieurs milliers d’enseignants du secteur privé de l’éducation sont dans un chômage prolongé.

Agence presslakay
Agence presslakay

Fermées depuis le mois de juin, certaines écoles ont laissé filer des professeurs avec des arriérés de salaire allant jusqu’à trois mois selon des témoignages reçus en ce sens. Certains ne font que dispenser des cours pour assurer le quotidien de leurs familles.

 » Je travaille depuis tantôt 5 ans dans un collège à Delmas. C’est une école privée. Il devient une habitude que l’institution vous paie au mois de mai mais le salaire du mois de juin sera payé au mois de septembre à la rentrée des classes. Et c’est exactement ce qui a été annoncé à la suite d’une rencontre avec les responsables de cette école », explique Frantz Desjardins, professeur de français dans diverses institutions scolaires à Delmas.

 » J’ai trois enfants. Je dois aussi les préparer pour la rentrée des classes même si on ne sait pas encore quand. Il y a les dépenses journalières pour la prise en charge de la famille. On dépense chaque jour alorsqu’on ne gagne absolument rien. Je suis dans une situation compliquée. Ma femme ne travaille pas et la maison repose uniquement sur moi », se désole le jeune garçon.

Plus de 150 mille enseignants en situation difficile

Le cas de Frantz Desjardin n’est pas le seul. Ils sont plusieurs milliers d’enseignants qui sont plongés dans le chômage en raison de la crise paralysant les activités dans les universités, les écoles classiques et les écoles professionnelles.

Dans une note, le parti Fusion des Sociaux Démocrates a comme de nombreuses autres entités politiques appelé à la reprise des activités scolaires au bénéfice des écoliers et des enseignants.

« La réouverture des classes ne peut pas être uniquement l’affaire d’un gouvernement. Elle doit être un appel de tous les acteurs progressistes de la vie nationale qui croient que tous les enfants du pays ont le droit de recevoir une éducation de qualité en vue d’acquérir les compétences nécessaires pour relever les défis auxquels le pays fait face », a fait savoir le parti ajoutant que plus de 150 milles enseignants font face à de grandes difficultés pendant la crise.

Mais pas uniquement les enseignants. Certains responsables d’écoles qui ne reçoivent de l’argent pour la nouvelle année depuis le mois de juillet sont aussi en difficulté car certains doivent payer le local hébergeant l’institution.

Depuis l’annonce de la rentrée des classes « Tipa Tipa », Nesmy Manigat disparu des radars

Toujours très présent dans les médias, Nesmy Manigat qui avait annoncé la reprise des classes « Tipa Tipa », n’arrive pas à faire bouger les lignes malgré son slogan, l’école « Paka tan n ». Et depuis sa sortie lors de la rentrée des classes ratée, Nesmy Manigat garde un profil bas.

Le Ministre de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle se veut prudent et préfère garder le mutisme dans ce contexte de trouble.

Cependant, selon nos informations, des rencontres se multiplient à l’interne en vue de la reprise des activités scolaires au plus vite. Mais tout dépend des avancées dans le cadre des négociations politiques qui sont lancées par des acteurs en vue d’un dégel de la crise actuelle.

Les professeurs doivent encore garder un peu de patience en dépit des difficultés auxquelles ils font face. En attendant un retour normal de la situation.

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