Haïti : Enfants des rues, entre l’irresponsabilité de l’État et la démission des parents

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Le nombre d’enfants des rues en Haïti continue de prendre des proportions. Dans la capitale haïtienne comme dans les villes de province, des enfants sont abondonnés par leurs parents et les autorités étatiques. Ils se jettent dans la mendicité le plus souvent pour sauver leur quotidien. Au carrefour de l’aéroport, nous avions rencontré quelques uns qui se sont confiés à nous non sans difficultés.

Les enfants des rues en Haïti/ cp: UNICEF

Avec un maillot abîmé, des cheveux rougis par le soleil, des sapattes devenus blanchâtres sous l’effet de la poussière, Archange s’active au milieu de quelques autres de ses camarades qui se donnent rendez-vous à l’aube pour venir chercher le pain quotidien.

 » Je suis Archange Joseph, j’ai 12 ans. J’habite à Delmas 2. Mon papa est décédé. Ma maman ne travaille pas. Elle a un autre enfant plus petit que moi » a d’abord expliqué le gamin qui a l’air du plus intelligent parmi les quatre rencontrés.

Smith Saint Cyr un autre parmi eux a fait part lui aussi de la situation de sa famille.  » Mes parents habitent à Cité Aux Cayes à Delmas 19. Ils ne travaillent pas. Ils ont 5 enfants. Mon papa ne travaille plus depuis la période du Coronavirus », explique le gamin de 13 ans », pour justifier la raison pour laquelle il a pris la rue.

Ces enfants ne sont pas allés à l’école

Smith Saint Cyr tout comme Archange Joseph et les autres avec qui nous avions échangés ne sont pas allés à l’école cette année. Par contre, ces derniers expliquent qu’ils ont l’envie d’aller à l’école pour devenir quelqu’un de bien dans cette société. Les parents n’ont pas de moyens.

« Quand je serai grand, je souhaite devenir un mécanicien. Car j’aime dépanner les machines », a répondu Smith à la question que souhaite t-il devenir quand il sera grand.

Quant à Archange, il va plus loin. Son rêve c’est de devenir un grand footballeur.  » J’aime jouer au football. J’aime Messi, Cristiano et Neymar. Je veux devenir un grand joueur comme eux », a fait savoir le gamin. Mais comme pour le premier qui n’est pas allé à l’école cette année Archange n’a jamais eu la chance de rencontrer un responsable d’école de football qui pourrait évaluer son talent.

Ces enfants comme beaucoup d’autres de la zone métropolitaine ne sont pas allées à l’école. Cependant, la constitution haïtienne dans son article 31 et 32 fait obligation à l’État d’assurer l’éducation des enfants. L’article 26 de la déclaration universelle des droits de l’homme fait aussi obligation aux États d’assurer l’éducation des enfants.

« Toute personne a droit à l’éducation. L’éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l’enseignement élémentaire et fondamental. L’enseignement élémentaire est obligatoire ». Une obligation pour laquelle l’État est passé outre.

Les enfants sont victimes de toutes sortes de violences et de traite de personne

Sans protection du ministère des affaires sociales ou de l’Institut Bien-être Social et de Recherches, ces enfants sont victimes dans la quête du pain quotidien. Au Champ de Mars, certains sont influencés. Des plus âgés les conduisent dans la drogue et la prostitution.

Mis à part la drogue, sans contrôle de leurs parents ces enfants sont souvent utilisés comme antenne pour les bandits. Dans certains cas, ils sont aussi membre des groupes armés d’où la rennaissance du phénomène d’enfants soldats, ont fait remarquer de responsables d’associations travaillant dans la protections des droits des enfants.

Ils sont victimes aussi de trafic et de traite de personnes, ont souligné plus loin ses organisations. Pourtant les autorités se taisent à cet avis.

Les enfants d’aujourd’hui sont les adultes de demain. Si rien n’est fait pour les aider à prendre en charge les enfants des rues qui se multiplient au quotidien, la société va continuer à payer au prix fort les vis de ces enfants dont le nombre est plus de 9 mille éparpillés à travers les dix départements du pays selon une enquête.

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