Haïti-Insécurité: plus de 400 morts violents dénombrés pour les trois derniers mois, selon les Nations Unies

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La guerre entre les groupes armés continue de faire des morts dans le pays. Selon les Nations Unies via son Bureau de coordination des affaires humanitaires, le bilan humain des affrontements entre les gangs au niveau de la plaine du Cul-de-Sac ajouté aux derniers affrontements à Cité Soleil pèse lourd.

Affrontements entre gangs armés

L’organisme onusien souligne qu’au cours des trois dernières années, dans un contexte de crise politique et économique persistante, les gangs armés ont pris de l’ampleur et ont progressivement étendu leur contrôle sur plus d’un tiers de la zone métropolitaine de Port-au-Prince.

L’OCHA estime qu’environ 1,5 million de personnes, soit près de 50% de la population de la capitale, sont directement touchées par la violence, et voient leur liberté de mouvement et d’accès aux services de base restreints. Selon le Cadre Intégré de Classification de la sécurité alimentaire (IPC) pour mars 2022, 1,1 million de personnes souffraient déjà d’insécurité alimentaire à Port-auPrince.

Dans ce même document rendu public ce 15 juillet 2022, il estime à un demi-million, les enfants de la capitale qui seraient également privés d’école à cause de l’insécurité, d’après les analyses d’UNICEF. Le niveau de violence et la fréquence des affrontements entre gangs a considérablement augmenté ces derniers mois, atteignant un premier pic lors des affrontements de Croix-des-Bouquets, Tabarre et Cité Soleil fin avril 2022 qui ont fait plus de 200 morts, des centaines de blessés et près de 17,000 déplacés.

Au moins 99 morts dans les affrontements à Cité Soleil

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires souligne que le 7 juillet dernier, de nouveaux affrontements ont éclaté entre les deux principales coalitions de gangs armés, connues sous le nom de « G-9 en famille et alliés » et « G-Pep », à Cité-Soleil.

Selon les chiffres du Haut-Commissariat aux droits de l’homme, le bilan provisoire au 12 juillet est d’au moins 99 décès et 135 blessés, 20 portés disparus, de nombreux cas de viols et plus d’une centaine de maisons détruites et incendiées. Cependant, les affrontements se poursuivent et certains rapports évoquent un bilan beaucoup plus lourd, jusqu’à 250 morts pour les plus alarmistes. Selon les premières estimations de l’OIM, les heurts ont poussé plus de 2,500 personnes à prendre la fuite durant le week-end.

La majeure partie de la population de Cité Soleil, qui compterait plus de 277,000 habitants, reste prise au piège, sous la pression des gangs qui souhaitent garder le contrôle sur le territoire et sa population, précise l’entité onusienne.

Plus de 400 morts violents dans la zone métropolitaine de Port-au-prince

Si l’on considère le Trail de l’OCHA, en comptabilisant le nombre de victime au niveau de la zone métropolitaine depuis le mois d’avril au mi-juillet, le décompte peut aller jusqu’à pas moins de 400 morts, des dizaines de disparues, des centaines de blessés et des dizaines de maisons incendiées dans des affrontements entre groupes armés.

Il faut toutefois rappeler que le rapport de l’OCHA ne tient pas compte des autres personnes victimes de violence dans le pays.

La police nationale toujours en manque de moyens n’arrive pas à faire le nécessaire pour mener des opérations dans la commune de Cité Soleil qui fonctionne sans un commissariat actif où les policiers fuient la violence des groupes armés.

Plus de 400 morts dans un pays qui n’est pas en guerre avec un autre pays. Ce sont des haïtiens qui tuent, brûlent et enterrent ses propres frères et soeurs devant le silence complice d’un gouvernement incapable d’adresser même les problèmes les plus élémentaires.

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