Haïti: Intervention militaire, le Canada réticent, Justin Trudeau au travail

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Le Canada se montre réticent à l’idée de prendre le contrôle de la force d’intervention militaire en Haïti. Après quelques jours d’évaluation dans le pays d’une délégation canadienne, le premier ministre canadien, Justin Trudeau dit s’affairer en vue de trouver au plus vite un consensus sur le dossier d’Haïti. Mais aucune décision n’a encore été adoptée.

Le premier ministre haïtien Ariel Henry et le premier ministre canadien Justin Trudeau

Il a fallu une rencontre de haut niveau entre le secrétaire d’État américain Anthony Blinken, le PM canadien Justin Trudeau et la ministre des affaires étrangères du Canada Melanie Joly pour porter le Canada à prendre le contrôle des troupes qui doivent incessamment déployer dans le pays à la demande du gouvernement haïtien. Ottawa s’était toujours montré réticent à l’idée de diriger la mission. Mais après la visite d’évaluation des canadiens dans le pays, tout semble être prêt du côté canadien pour obéir aux caprices des américains.

Selon des médias canadiens, Justin Trudeau a indiqué qu’une mission canadienne récemment rentrée au pays avait permis de recueillir beaucoup d’informations et que son gouvernement s’affaire à trouver un consensus sur une éventuelle intervention de la communauté internationale.

Il signale que son gouvernement cherche un consensus sur la meilleure façon d’apporter un soutien international à Haïti qui soit acceptable aux yeux de son peuple, pendant que l’ambassadeur haïtien au Canada estime que le pays est bien placé pour jouer un rôle de premier plan, selon La Presse.

Toute une campagne au profit du Canada

Le diplomate haïtien Wien Weibert Arthus était devant le comité des affaires étrangères de la chambre des communes. Dans des propos rapportés par La Presse, le diplomate dit croire que le Canada est bien placé pour prendre le contrôle de cette force d’intervention militaire. Une opinion qui n’est pas différente de celle du gouvernement haïtien.

« Le Canada est très bien placé pour conduire ce qui pourrait être une mission internationale qui serait déployée en Haïti pour aider les autorités à répondre à ce besoin immédiat de sécurité », a dit mercredi l’ambassadeur Wien Weibert Arthus en témoignant devant le comité des Affaires étrangères de la Chambre des communes.

Plus loin, il ajoute que les sanctions, ce n’est pas assez en soi, mais il faut faire très attention qu’une intervention soit acceptable pour le peuple haïtien et pour l’aider », a-t-il soutenu dans des propos rapportés par nos confrères de La Presse.

De son côté, l’État canadien s’il se montre réticent aurait déjà dit oui pour prendre le contrôle des troupes qui devraient arriver bientôt en Haïti. Cette réticence ne serait qu’une façon de faire passer le temps, selon nos informations. Car les États-Unis seraient pas encore prêts à se pencher réellement sur la situation d’Haïti.

Le manque de légitimité du gouvernement d’Ariel Henry pose problème

S’il est vrai que la nécessité de résoudre le problème de l’insécurité s’impose mais le gouvernement en place qui fait face à un grand dilemme, le manque de légitimité constitue un handicap aux yeux de la communauté internationale. Et ici en Haïti, ceux qui s’opposent à l’arrivée de cette force évoque le déficit de légitimité d’Ariel et son équipe pour engager le pays dans cette voie.

La société haïtienne est toujours divisée sur cette demande du gouvernement. Si d’un côté, les appels se multiplient pour réclamer l’arrivée de cette force mais d’un autre côté ceux qui se disent nationalistes s’opposent catégoriquement mais souhaitent que la police soit encadrée pour lutter efficacement contre les gangs.

Se rappelant de ce que la MINUSTAH et les autres missions onusiennes ont fait dans le pays et que leur présence n’avait pas apporté de résultats, mais par contre avait été un fardeau pour le pays, ces acteurs politiques dont Pitit Dessalines entend jouer toutes leurs cartes pour faire échec à cette mission qui devrait arriver au pays d’ici le mois de novembre, comme l’avait annoncé Anthony Blinken.

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