Haïti: la police haïtienne face aux défis de l’heure

Police Nationale d'Haïti

Durant ces dernières années, la Police Nationale d’Haïti connait des moments les plus difficiles de son histoire. Entre les événements au Village de Dieu et les récents événements du mois de janvier 2023, la Police Nationale d’Haïti fait face à une dure réalité. Et les chiffres sont alarmants.

Police Nationale d'Haïti
Police Nationale d’Haïti

Dans un rapport de la fondation Je Klere paru fin janvier 2023, elle fait état de 78 policiers tués depuis l’arrivée du premier ministre Ariel Henry à la tête de la primature. Et pour le mois de janvier 2023, ils sont plus de 16 policiers exécutés dans les conditions les plus dégradantes. Dans le cas de ceux qui sont tués à Liancourt même leurs cadavres n’ont pas été retrouvés contrairement à ceux tués à Pétion -Ville.

De Michel Ange Gédéon à Frantz Elbé, les jours se suivent et se ressemblent pour les policiers et pour l’institution policière. Aucune des dernières opération menées contre les civils armés n’a donné résultats. Et avec la prolifération des groupes armés le défi est devenu plus énormes avec une police en manque de moyens et de formation.

Les nouveaux blindés achetés au Canada au profit de la Police Nationale d’Haïti et les moyens offerts par les États-Unis n’ont rien apportés. Certains des blindés sont tombés en panne depuis leur première utilisation. De quoi remettre en question la volonté réelle des pays dits amis d’Haïti d’aider réellement la police à faire face aux défis des gangs armés.

La police n’a pas été créée pour faire face au grand banditisme

Les derniers événements du mois de janvier 2023 ont fait couler de salives. Une possibilité aussi pour les experts en sécurité de faire passer leurs avis. C’est le cas de Youri Latortue, lui qui est sanctionné pour son rapport avec les groupes armés dans le pays. L’ancien militaire a une nouvelle fois invité le gouvernement à déclarer État d’urgence sécuritaire.

La police n’a pas été créée pour faire face au grand banditisme. C’est du moins la compréhension du Colonel Himler Rebu qui intervenait sur un médias de la capitale.

Lui qui a été aussi à la tête de la secrétairerie d’Etat à la sécurité publique pour aucun résultat, appelle à une autre approche pour traquer les gangs dans le pays.

D’autres citoyens qui ne sont pas des experts en sécurité de leur côté pensent que face à l’incapacité de la police, le renforcement des forces armées d’Haïti devrait être la solution idéale. Mais là, on doit faire face à l’opposition américaine qui n’est pas favorable à un retour effectif de l’armée d’Haïti.

De la nécessité de dépolitiser l’institution policière

Mis à part le problème du traitement infligé aux policiers qui ne correspond pas au travail réalisé et le manque de moyens, la politisation de l’institution policière est un mal contre lequel les agents ont beau lutter. Mais le problème de la politisation de l’institution a la vie dure.

Et comme conséquence, ceux qui sont passés à la tête de la police nationale ont été privés de la liberté dans le sens d’agir au bien de la population.

Impossible pour eux de planifier une opération policière dans les zones pris en otage par les gangs. D’ailleurs les politiques sont souvent de connvivence avec les gangs en témoignagent les sanctions canado-americaines contre des personnalités politiques.

Donc les défis auxquels fait face la police font perdre de la confiance en elle jour après jour et sans oublier les reproches dont elle est objet. La synergie police-population souvent souhaitée par l’institution est dans l’impasse. Une police à repenser.

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