Haïti: la presse un pouvoir en perte de confiance, complice de l’effondrement du pays

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Dans tous les pays démocratiques, la presse est reconnue comme étant un pouvoir. Elle est, dit-on, le quatrième pouvoir. Ici en Haïti, depuis un certain temps la presse se décrédibilise. Aujourd’hui, la tendance est davantage sur les réseaux sociaux que sur les médias traditionnels. Certains de ceux qui sont présents comme directeurs d’opinions sont mal vus. Ils sont présentés comme étant complices de la situation de crise que traverse le pays.

La presse haïtienne
La presse haïtienne

Sur au moins 5 personnes questionnées dans le cadre de ce travail autour de leur compréhension sur la presse haïtienne, elles disent reconnaître que la presse ne joue pas son rôle de chien de garde de la démocratie comme le précise Marcel P Dufresne et Henry Schulte dans leur ouvrage titré « La Pratique du Journalisme ».

 » Certains médias haïtiens ne font pas la distinction entre le travail journalistique et la propagande. Ils s’adonnent à cœur joie à faire le travail du gouvernement en dépit du fait que le pays sombre dans une grave insécurité. En raison d’un simple contrat pour quelque millions de gourdes, ils oublient qu’en leur qualité de 4ème pouvoir leur rôle consiste à regarder de manière critique le travail des autorités », dénoncent ces jeunes qui s’étaient confié à nous.

Les médias traditionnels face aux réseaux sociaux

Qui peut-être journaliste? À cette question, plus d’un dirait que toutes les professions sont libres. Cependant ces derniers temps en Haïti, n’importe qui pouvant se procurer d’un téléphone intelligent se convertit en journaliste en dehors des normes régissant la profession. Ils font tout pour avoir des « likes », des vues, des commentaires entre autres.

Et la presse traditionnelle sombre dans ses pratiques mercantiles et laisse le champs libre à de nouveaux amateurs qui désormais ont voix au chapitre. Ces derniers deviennent les véritables personnes qui orientent l’opinion.

Aujourd’hui, les dénonciations sans fondements, les calomnies, les diffamations, font toujours la Une des réseaux sociaux alors que les propos pouvant servir au bien-être de la population n’ont pas autant de partage.

Certains journalistes se respectent tant bien que mal

Comme on le dit assez souvent, l’exception confirme l’existence de la règle. Certains journalistes font souvent preuve de professionnalisme dans l’exercice du métier. Ils font tant bien que mal leur travail malgré tout, parfois au péril de leur vie.

 » J’avais une émission dans une station de radio. Il y a un homme d’État qui était impliqué jusqu’au cou dans un dossier de kidnapping. Ce dernier a monnayé de nombreux journalistes pour intervenir en sa faveur dans le cadre de leurs émissions. Certains m’ont appelé pour me faire part du « deal ». C’était un dossier pour lequel j’avais déjà ma position. J’ai dit à mon ami que ce n’était pas intéressant. Cela a failli me coûter la vie. Mais les autres ont tous été soudoyés », a expliqué un confrère journaliste.

Il regrette que ses pairs ne se montrent pas à la hauteur de la responsabilité qui leur incombe.

Dans un sens comme dans l’autre, la presse a toujours été témoin des grands événements ici en Haïti. Témoin non seulement dans le but de rapporter les faits, mais au-devant de la scène comme porte étendard des mouvements comme celui de 1986 ayant débouché sur le départ de Jean Claude Duvalier. Elle avait aussi joué un rôle dans le départ d’Aristide en 2004. Aujourdhui cette même presse perd de plus en plus la confiance de la population et se fait complice dans l’effondrement de la barque nationale.

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