Haïti: la société civile opte pour un compromis politique pour dégeler la crise

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Si des acteurs politiques decident d’aller vers un compromis pour un dégel de la situation, du côté de la société, les voix semblent aller dans le même sens. Ainsi, plusieurs dizaines d’organisations de la société civile se sont rencontrées ce jeudi. Crise humanitaire, insécurité, rareté de carburant autant de facteurs qui justifient leur position à forcer les acteurs politiques à aller vers un compromis pour sortir le pays de l’impasse.

Agence presslakay
Agence presslakay

À l’initiative de Volontariat pour le Développement d’Haïti et le Conseil National de la Société Civile, de nombreuses personnalités très connues du milieu avaient répondu à l’appel. Un document issu de cette journée de réflexion sera distribué aux protagonistes, ont informé les initiateurs.

Et pour cette journée de réflexion tenue à l’Hôtel Karibe, des dossiers comme la demande d’une force étrangère du gouvernement d’Ariel Henry a été aussi débattue. Malgré les divergences, certains acteurs de la société se mettent d’accord sur la nécessité d’une force pour aider le pays à lutter contre l’insécurité qui affecte les familles haïtiennes.

Dans les ateliers en petit groupes, les femmes présentes étaient majoritaires à reconnaître la nécessité pour qu’une aide militaire arrive vu le contexte actuel.

Mme Yolette Mengual et Rony Desroches qui sont intervenus pour présenter le travail de leur groupe ont dressé un tableau sombre de la situation avec un gouvernement qui est incapable d’adresser même les problèmes les plus élémentaires en matière de sécurité avec des groupes armés qui prennent de proportion incroyable dans le pays.

Une aide militaire avec des conditions

Si ces acteurs de la société civile reconnaissent qu’il est urgent que le pays soit assisté par une force étrangère, Hannibal Coffy pense qu’il faut cette fois qu’elle soit la dernière intervention puisque le pays a déjà connu pas mal d’interventions militaires lesquelles n’ont pas pu donner les résultats que le peuple attendait. Il cite l’exemple récent de la MINUSTAH qui a servi le pays pendant une dizaine d’années. Après son départ, le problème de l’insécurité s’est aggravé.

« Oui nous avons besoin d’une force. Mais il faut qu’elle soit la dernière. Nous devons avoir une feuille de route sur la durée de cette intervention militaire dans le pays et dans quelle zone du pays les troupes seront déployées avant même leur arrivée. », a fait savoir Hannibal Coffy qui se fait passer comme étant porte parole de son groupe durant cet atelier.

Il reproche au gouvernement de n’avoir pas consulter la population avant même de faire la demande. Cela donnerait beaucoup plus de légitimité à l’arrivée de cette force, croit comprendre le responsable.

Parallèlement, il faut souligner que cette demande est venue dans un contexte où le gouvernement avait décidé d’augmenter les prix du carburant où la population était dans les rues pour réclamer le retrait de cette décision.

Un appel du pied aux protagonistes de la crise

Pour Dr Vilmond Hilaire et Arnoux Descardes respectivement du CNSCA et VDH, un document issu de ces assises sera acheminé aux différentes acteurs impliqués dans cette crise politique. « Nous n’allons pas leur dire ce que nous avons décider à travers cet atelier de réflexions » précisent le responsable du VDH.

Le Responsable qui s’exprimait en marge de cette activité soutient d’autres acteurs qui commencent à comprendre la nécessité de sortir le pays de cette impasse dans laquelle il se trouve avec des écoles, des hôpitaux fermés et des institutions stratégiques en grande difficultés.

Même la communauté internationale sera notifiée. Un exemplaire du document sera aussi acheminé à la communauté internationale qui est impliquée dans la résolution de la crise.

Le pays est à nous, dit-il, il revient donc aux haïtiens de trouver un compromis pour le sortir du chaos.

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