Haïti: L’arrivée imminente de la mission multinationale n’inquiète pas les gangs armés criminels

Gangs

Alors qu’une intervention robuste d’une mission internationale de sécurité est attendue dans le pays, la tendance actuelle montre des individus armés qui continuent à terroriser la population en toute sérénité. Ils pillent, violent et kidnappent sans même se soucier d’une soi-disant force multinationale qui sera déployée sous le leadership du Kenya.

Si du côté du gouvernement, de la Communauté internationale et d’une bonne partie de la Société Civile, le vote de la résolution, par le Conseil de Sécurité des Nations-Unies, autorisant le déploiement d’une mission internationale de sécurité en Haïti, est une grande victoire ; si le fait que plusieurs États soutiennent la mission multinationale de soutien à la PNH et entendent même la renforcer, est vu comme une réussite par les autorités haïtiennes et dominicaines, la tendance qui se développe du côté des gangs armés n’est qu’une totale sérénité.

Alors que plus d’un s’attendaient à un cessez-le-feu des divers groupes armés voire même une “capitulation anticipée”, ils sont étonnés de voir que ces derniers continuent leurs activités criminelles sans tenir compte de ce qui les attendent [si leur sort est déjà décidé, qui peut le confirmer?]. Qu’est-ce qui les attendent réellement ? C’est la question que l’on pourrait bien se poser. Et c’est peut-être ce qui fait qu’ils affichent cette attitude sereine.

Entre les pourparlers qui partent en divers points des décideurs de la mission internationale de sécurité, parfois qui parlent de sécuriser seulement les infrastructures gouvernementales, et d’autres fois, attaquer les foyers de gangs armés criminels, on a du mal à cerner le vrai objectif de l’intervention. Toutefois, le gouvernement kényan a assuré que des dispositions sont déjà prises pour que le contingent de 1000 policiers qu’il est prêt à déployer sur le sol haïtien puissent fournir une aide “robuste” c’est-à-dire qui n’aura pas les mêmes caractéristiques des dernières missions onusiennes dans le pays.

Cependant, aucune dissuasion. Les bandes armées imposent davantage leurs lois dans la capitale haïtienne et dans d’autres villes de province, sans crainte, sans retenue devenant même beaucoup plus violentes aux moindres ripostes de la population civile, abandonnée, livrée à elle-même.

Bien que la coalition des gangs armés criminels dénommée « G9 an Fanmi e Alye » affiche une nette division, ces dernières semaines, [pour d’autres raisons qui la concerne], cela n’empêche pas que les divers groupes armés illégaux qui y font partie continuent à terroriser la population haïtienne. Au niveau de la plaine du Cul-de-Sac et au Bas-Delmas, les bandits ne cessent de faire parler leur artillerie, sous le regard passif des autorités concernées.

Du côté du camp adverse, G-Pèp, la réalité n’est pas différente. À Croix-des-Bouquets, les violences se poursuivent sur une population qui ne sait plus à quel saint se vouer. Rien que la semaine écoulée, des habitants de la localité dénommée « Onaville », et ses environs, ont dû abandonner leur domicile sous la menace de tirs nourris.

Quant bien même que l’arrivée d’une force multinationale, sous le leadership du Kenya, est attendue en Haïti en soutien à la Police Nationale, celle-ci ne semble effrayer les assaillants. Peut-être qu’ils savent déjà à quoi s’attendre ? Qu’ils se sont déjà préparés à livrer bataille ? Ou même qu’ils savent que la mission internationale n’est rien d’autre qu’un beau discours tenu par des acteurs locaux et internationaux pour faire passer le temps. Qui sait ?

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