Haïti: Le difficile rapport entre policiers et journalistes

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Il existe un rapport de mauvais voisinage entre policiers et journalistes en Haïti. Dans la majorité des cas, les journalistes font les frais. Pour l’année 2022, la police a déjà tué au moins deux travailleurs de la presse par balles. C’est assez, crient des journalistes.

Rapport entre policiers et journalistes
Brutalité policière à l’encontre des journalistes en Haïti

Dans son travail quotidien visant à informer le public, les journalistes sont confrontés assez souvent à l’animosité de plus d’un. Certains voient les travailleurs de la presse comme des ennemis. Puisqu’en qualité de chien de garde, ils dénoncent au quotidien les mauvaises pratiques des autorités dont des policiers. D’où cette tension naturelle.

Au commencement de l’année 2022, des mouvements de protestations sont organisées à l’initiative des ouvriers de la SONAPI. Toujours au devant de la scène, les médias avaient répondu à l’appel pour faire arriver plus loin, la voix des protestataires. Et la presse était sortie victime.

Le journaliste Maxihen Lazarre de Rois des Rois Infos, a été tué par la police. Ce dernier couvrait une scène où un policier maltraitait un ouvrier de la SONAPI. Il a reçu une balle à la tête. Il a rendu son dernier soupir à l’hôpital Bernard Mews quelques temps après.

Le cas de Romelson Vilsaint fait douter la corporation

Ce week-end, la police a tué un deuxième journaliste dans l’exercice de ses fonctions. Selon les informations, le journaliste qui avait reçu un coup de bonbonne de gaz lacrymogène à la tête a été tué sur place dimanche au commissariat de Delmas 33.

Romero Vilsaint était l’un de ceux qui réclamaient la libération du journaliste Robest Dimanche arrêté par des agents de la PNH à Delmas.

La démarche selon laquelle le corps du journaliste a été transporté d’urgence à l’hôpital Bernard Mews participait d’un plan visant à évacuer la police d’un flot de critiques pour avoir tué un travailleur de la presse dans un commissariat.

Des experts en secourisme qui analysaient le comportement de ceux qui étaient venus prendre le corps du journaliste au commissariat de Delmas 33 évoquent la levée d’un cadavre.  » Tous les faits et gestes montrent que le journaliste n’avait pas de signes vitaux. Il était mort », nous dit l’un d’entre eux.

Donc, en moins d’un an, la Police et des civils armés ont exécuté au moins 6 journalistes dans l’exercice de leur profession.

Cette même police sympathise avec la famille du journaliste défunt

D’aucun se dit ne pas comprendre l’attitude du haut commandement de la PNH qui, quelques heures après la confirmation de la nouvelle de l’assassinat du journaliste par des policiers, présente ses sympathies.

La Direction de la Police Nationale d’Haïti (PNH) a présenté ses sympathies à la famille du journaliste Romelson Vilsaint tué par la police elle même. Un fait apparemment insolite.

Parallèlement, elle annonce que des instructions ont été données à l’Inspection Générale de la PNH afin de déterminer, à travers une enquête, les circonstances du crime.

Il faut rappeler que la police avait aussi annoncé l’ouverture d’une enquête lors de l’assassinat du journaliste Maxihen Lazzare. Mais comme d’habitude cette enquête reste dans les tiroirs.

Il reste maintenant à voir ce qui va se passer dans le cadre de cette enquête ouverte par l’Inspection Générale de la Police.

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