Haïti: Martissant, entre les promesses illusoires des autorités et l’attente infinie de la population

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Plus d’un an après, la police, la justice, le gouvernement continuent de faire des promesses au sujet du quartier de Martissant banlieue sud de la capitale pris en otage par des groupes armés. Des morts, des blessés, des paralysés, le bilan est lourd. Sans gêne, le gouvernement en place continue de faire des promesses en plus de ce qu’ils ont déjà fait sans pouvoir les tenir.

La routee de Martissant, rentrée Sud de la capitale haïtienne
Route de Martissant, une zone abandonnée à cause de la guerre des gangs

1er juin 2021. Tout a commencé quand les hommes armés de la banlieue du Sud de la Capitale s’affrontaient. Et depuis, ils ont fait de la zone un véritable enfer pour les usagers de la nationale numéro 2. Plus d’un an après, les promesses se sont multipliées. De Claude Joseph à Ariel Henry, les bandits armés continuent de défier l’autorité de l’État. De Léon Charles à Frantz Elbé toujours les promesses illusoires à une population assoiffée de sécurité.

Difficile de compter le nombre de mort en l’espace d’un an à Martissant. Selon des syndicalistes dont Changeux Méhu, plusieurs dizaines de personnes ont été tuées et blessées. Plus d’une centaines de véhicule ont été endommagés suite aux attaques des groupes armés opérant dans la zone.

L’ancien président Jovenel Moïse sous la présidence duquel s’est éclaté le conflit entre gangs rivaux à Martissant n’arrivait pas à adresser le problème avant son assassinat. Son premier ministre Claude Joseph pensait avoir résolu le problème après avoir baladé dans la zone accompagné du Directeur de la Police d’alors, Léon Charles. Mais jusqu’à son départ de la primature, il n’avait pas pu remédier à cette situation.

Frantz Elbé passe de promesse en promesse, mais Martissant devient plus fragile

Frantz Elbé qui a les commandes de la Police Nationale depuis octobre 2021, avait promis monts et merveilles lors de son installation à la Direction Générale de la Police Nationale. Au nombre des promesses du Nouveau DG a.i seulement le rapport entre les membres de la Police Nationale qui s’est amélioré. Puisqu’ avant lui l’institution policière était totalement divisée. Ce qu’il a lui même avoué lors de la présentation de son bilan.

Si à l’aube du mois de mai Frantz Elbé s’est félicité pour son bilan à la tête de l’Institution Policière, il reconnait cependant qu’il n’a pas pu résoudre le problème de Martissant où les gangs armés deviennent plus violents.

Une nouvelle fois, lors de cette conférence bilan tenue en mai dernier Frantz Elbé a renouvelé son engagement à traquer les groupes armés de Village de Dieu. Mais depuis lors aucune avancée et qui pis est, ils contrôlent non seulement le quartier de Martissant mais désormais le palais de justice de Port-au-Prince.

La routee de Martissant, rentrée Sud de la capitale haïtienne
La route de Martissant est abandonnée à cause de la guerre des gangs

Ariel Henry et les promesses de sécurité de son gouvernement

Le premier ministre Ariel Henry en sa qualité de chef du Conseil Supérieur de la Police Nationale ne laisse passer aucune occasion pour rappeler l’urgente nécessité de déblayer l’entrée Sud de la Capitale. S’il avait annoncé de matériels pour la Police Nationale, aucune opération n’a été réalisée dans l’entrée Sud de la Capitale après celle ratée le 12 mars 2021.

À l’approche d’une grande journée de mobilisation annoncée pour le premier juin passé, des officiels du gouvernement comme le ministre de l’intérieur Litz Quitel entre autres, étaient dans le Sud pour trouver l’annulation du mouvement visant à demander la libération de Martissant. Ces derniers qui passaient par la route de Saint Jude avaient promis que dans 15 jours, ils allaient tout faire pour démasquer les groupes armés qui sèment la terreur à Marissant.

Plus de 22 jours après, rien n’a été fait. Aucune opération même pour faire semblant n’a été réalisée. Ils ont berné dans la farine les entrepreneurs du Grand Sud, initiateurs du mouvement du premier juin.

L’armée d’Haïti se dit prête à travailler au côté de la PNH pour pallier le problème

Il n’est un secret pour personne, de nombreux militaires faisant partie de cette armée embryonnaire ont été formés en Équateur. Ils maîtrisent bien les différentes stratégies de combat souligne un soldat qui explique qu’ils sont prêts à travailler avec la Police Nationale pour mettre un terme au problème de Martissant.

Selon lui, de nombreux matériels achetés pour les forces armées d’Haïti n’ont pas été livrés vue que l’Ambassade américaine s’est opposée à l’idée de donner de matériels aux soldats pour qu’ils puisent faire leur travail.

Plus loin, il dit dénoter un manque de volonté de la part du gouvernement en place pour résoudre le problème.

 » Martissant, on peut donner ça dans moins de 24 heures. Mais il faut la volonté politique et les moyens », explique t-il.

En tout cas, un an après, les familles continuent de pleurer la disparition tragique de leurs proches tués dans ce quartier situé à quelques mètres du palais national. Entre les promesses non tenues des dirigeants et l’attente de la population notamment celle du Grand Sud, les bandits continuent de s’imposer. Ils chassent les autorités au lieu qu’ils soient chassés eux-mêmes.

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