Haïti/ Rareté de carburant: les compagnies pétrolières au bancs des accusés

Haïti/ Rareté de carburant: les compagnies pétrolières au bancs des accusés

Comme nous l’avions signalé dans l’un de nos récents articles, le pays fait face à une nouvelle crise de carburant. Les pompes sont à sec. Pour cause, les compagnies pétrolières exigent que les commandes des stations à essence soient effectuées en dollars américains. Incapables de trouver des dollars, les propriétaires des stations-service décident de ne pas placer de commandes, selon nos informations.

Haïti/ Rareté de carburant: les compagnies pétrolières au bancs des accusés

Selon l’Association Nationale des Propriétaires de Stations de Service ( ANAPROSS), il s’agit d’un nouveau coup porté contre les propriétaires de Stations-service par les compagnies pétrolières lorsqu’elles réclament le paiement des commandes de carburant en dollars dans un contexte où le dollar est en hausse.

“Pour placer les commandes, il vous faut des dollars américains. Et trouver le dollar devient difficile car le billet vert devient rare et il se vend déjà au prix de 155 gourdes dans l’informel. Le pire dans tout ça, le prix du carburant est augmenté au terminal à l’insu des autorités qui l’avaient fixé il y a quelques mois”, explique un entrepreneur qui souligne qu’il n’a pas placé de commandes faute de dollars et l’impossibilité de le revendre au prix.

” Si vous achetez le carburant en dollars comme le veulent les compagnies pétrolières, il sera impossible de le revendre au prix fixé par les autorités haïtiennes”, se plaint l’entrepreneur qui dénonce le fait que les autorités sont au courant du désordre mais n’ont rien fait pour stopper l’hémorragie.

La Banque centrale pourvoyeuse du dollar aux compagnies au bord de la “rareté”

Selon une source au niveau de L’Association des professionnels du Pétrole, le problème vient du fait que la Banque centrale qui, ordinairement, permet aux compagnies pétrolières de trouver la devise américaine pour l’importation des produits pétroliers n’a pas de dollars. Et pour compenser le problème, les compagnies ont recouru à cette nouvelle stratégie.

“Nous ne sommes pas responsables de cette situation”, s’est contenté de préciser cette source arguant que la Banque centrale qui avait l’habitude de faciliter la tâche aux compagnies pétrolières ne donne pas de dollars sans pourtant avancer une raison. Il revient à l’État de s’assurer de la disponibilité du dollar américain”.

Pendant ce temps, au terminal Varreux, les camions citernes continuent de faire le plein. Pour la journée de mardi, pas moins de cinquante camions citernes ont été chargés alors que les pompes sont à sec.

Et conséquemment, les prix des courses sont déjà revus à la hausse dans les différents circuits de la zone métropolitaine de Port-au-Prince.

Le gouvernement en mode d’observation

Face à cette situation qui se profile, plus d’un pense que le gouvernement d’Ariel Henry devrait éviter que le pays soit sombré dans de nouvelles crise de carburant après celle des mois passés qui a eu des conséquences néfastes pour l’économie du pays.

Du côté gouvernemental, aucun signal n’est encore donné face à ce désordre qui se fait dans le secteur pétrolier. Le ministère du commerce et de l’industrie, le ministère des finances ne se prononcent pas encore alors que des propriétaires de stations-service ne savent pas à quel saint se vouer face à cette nouvelle méthode des compagnies pétrolières.

Pendant ce temps le gallon de gazoline se vend déjà à 2 mille gourdes dans certaines zones de la capitale alors qu’il est difficile de le trouver même dans l’informel dans certaines autres zones.

Il faut souligner que certaines villes de province n’ont toujours pas eu de carburant vu que les gangs exigent 35 mille gourdes par camion pour laisser passer le produit.

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