Haïti: Une fin d’année en temps de crise, l’esprit de noël dans l’attente

0 84

Le mois de décembre marche à grands pas. Nous sommes à deux doigts de la fin de l’année. En Haïti, cette période rime avec des activités d’ambiances et de loisirs. Cependant, une fois de plus, le constat montre un pays où les citoyens ne sont pas en situation de fête. Dans des marchés publics, des places publiques, des citoyens se souviennent du temps jadis où fin d’année avait une signification pour eux.

Agence presslakay
Agence presslakay

S’il est vrai que la Coupe du monde a donné un minimum de sourire aux amateurs du ballon rond, l’élimination de certaines sélections comme le Brésil et le Portugal met déjà fin à la distraction de certains. Et le gros de la population ne voit pas clair pour cette fin d’année, cette période de noël, selon des témoignages reçus.

« En Janvier 2022, j’ai acheté un petit sac de riz de huit marmites. Cela coûtait les 2500 gourdes environ. Au mois de décembre, le même sac de riz coûte plus de 6 mille gourdes. Comment peut-on parler de fête de fin d’année dans un contexte où même manger à sa faim devient de plus en plus difficile », avance Olrich Jean interrogé à ce sujet.

Au Champ de Mars, samedi, alors qu’ils regardaient le match France-Angleterre, d’autres acceptent de se confier sur le dossier relatif à la fin d’année et leur situation. Patrick, Andy, Samson sont tous des pères de famille. Ils se disent convaincus que le pays n’ a jamais connu une fin d’année aussi inquiétante.

 » Insécurité, cherté de la vie, chômage. Impossible de parler de fin d’année dans un tel contexte. Donc une nouvelle année va arriver mais pas de fête » a de son côté évoqué Patrick. Abondant dans le même sens que son ami, Andy, père de 4 enfants, souligne qu’il ne travaille pas. Toute sa vie dépend d’un frère qui vit aux États-Unis.

 » La noël peut bien se passer pour moi. Mais cela ne dépend pas de moi. Je ne travaille pas. Si mon frère ne se souvient pas de moi, il n’y aura pas de Noël. J’ai perdu mon travail depuis 3 mois ».

Pour Samson, le plus jeune des trois, il se dit plutôt inquiet du contexte dans lequel le pays évolue et dit craindre que cette période de fin d’année ne soit traversée par des mouvements de protestations anti-gouvernementaux dans un contexte où même le carburant le gouvernement est incapable de s’assurer de la disponibilité.

« Même les musiques de noël sont en attente de diffusion »

La période de Noël correspond à un ensemble de choses qui va avec . Et parmi ces choses, les musiques de noël qu’on diffusent sur les ondes depuis novembre. Les personnalités interrogées disent n’entendent pas encore de musique de noël dans les radios.

« Il n’y a pas de noël sans les musiques. Ce sont elles qui embellissent cette période et qui vous dit qu’il y a une nouvelle ère qui arrive et qu’il faut se préparer à cette fin. Je ne sais pas pourquoi les radios ne tournent pas encore de musique de noël. Mais, peut-être qu’elles comprennent qu’il n’y a pas de fête cette année », ajoute Andy qui se remémore les bons vieux temps passés au Centre Ville de Port-au-Prince quand il était jeune.

« Nous ne pouvons pas oublier les concours de Noël, les jeux sur les radios, les préparations pour bals, et aujourd’hui, il n’y a pas de concours de chants sur la noël hormis à la Radio télévision Caraïbes. Quant aux groupes musicaux, très peu sont attendus dans le pays en raison de l’insécurité », se désole Samson qui évoque Télémax en cette période de fin d’année ajoutant avec émotion  » Tan ale tan pa tounen ».

Insécurité, cherté de la vie, chômage, choléra, voilà ceux qui préoccupent l’esprit de bon nombre de citoyens en cette période de fin d’année en lieu et place de l’esprit de noël.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

This website uses cookies to improve your experience. We'll assume you're ok with this, but you can opt-out if you wish. Accept Read More

%d blogueurs aiment cette page :