Inrico Dangélo Neard critiqué par la doctorante en Histoire de Art, Marie Claudine Paul dans une lettre

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Inrico Dangélo Neard
Inrico Dangélo Neard DG BNH

Dans une lettre ouverte adressée au nouveau Directeur Général de la Bibliothèque National d’Haïti (BNH), Inrico Dangélo Neard, la doctorante en Histoire de l’Art à l’Université Sorbonne, Marie Claudine Paul critique le comportement du nouveau Directeur Général. Elle fait état de la fonction et les exigences qui l’accompagne, selon elle Dangélo Neard ne s’est pas mis à la hauteur de sa nouvelle fonction.

Ci-dessous, lisez l’intégralité de lalettre de Marie Claudine Paul.

Lettre ouverte à Monsieur Dangelo Néard
Directeur général de la Bibliothèque nationale d’Haïti

Monsieur Néard,
je dois avouer que quand j’ai vu votre nom comme directeur général de la Bibliothèque nationale d’Haïti (BNH), j’étais surprise, sachant que vous n’avez aucun parcours dans l’administration publique, aucune expérience dans la gestion ou dans l’organisation d’une bibliothèque, même de proximité, aucun diplôme en bibliothéconomie ni en documentation. Je pourrais ajouter votre jeune âge, mais je sais que les émergences précoces existent. Malgré toutes ces parts manquantes, voici que vous devenez le gardien du patrimoine intellectuel et littéraire haïtien, si important, si riche.

Quelques minutes après ma surprise, je me suis mise à sourire en pensant que vous êtes fougueux, amoureux des livres, et que vous pouvez vous accompagner de certaines compétences du secteur culturel que vous connaissez assez bien, pour faire la différence.
Mais, très tôt, vous décevez. Vous prouvez que vous ne comprenez pas la dimension de votre fonction supérieure en restant animateur à Radio France internationale. Le président de la République de votre pays vous fait l’honneur de vous placer à l’un des plus hauts sommets de l’Etat haïtien en vous nommant directeur général de la Bibliothèque nationale par arrêté, avec tous les privilèges qui s’y attachent. Vous, vous le déshonorez en gardant votre poste d’animateur à RFI. Donc, votre pays vous érige en grand dignitaire roulant en voiture officielle. Vous, vous vous confinez en subalterne dans une institution étrangère.

Quelle tristesse!
Vous vous rabaissez, vous faites honte à votre pays. Et vous rêvez de devenir ministre de la culture et même président de la République ? Les dirigeants de RFI, que doivent-ils penser de vous? Vous imaginez votre homologue, le directeur général de la Bibliothèque nationale de France (BnF), animateur dans une radio haïtienne, ou dans n’importe quelle radio? C’est inimaginable. On pourrait poser une autre question relevant d’un autre pan de l’éthique: Les intérêts de RFI et ceux de la Bibliothèque nationale, donc de l’Etat haïtien, ne peuvent-ils pas entrer en conflit à travers vous?
Vous ne cessez de confirmer votre grave incompréhension de votre fonction prestigieuse en continuant à animer l’émission Des livres et vous à Radio-Télé Caraïbes. Comme directeur général de la Bibliothèque nationale d’Haïti, vous devez assurer la conservation, la sauvegarde, la promotion, l’accès des livres haïtiens, particulièrement ceux ayant l’ISBN, donc qui entrent automatiquement dans le patrimoine. Vous ne pouvez ni les juger, ni les critiquer, ni les censurer. Votre haute fonction vous rend neutre. A la tête de la Bibliothèque nationale d’Haïti, vous êtes le gardien suprême, impartial du livre haïtien, donc vous ne pouvez pas dans une émission d’un média privé, dans quel que soit le média d’ailleurs, critiquer les livres haïtiens, c’est-à-dire en faire ressortir, ce qui paraît à vos yeux, comme qualités ou comme défauts. Vous ne pouvez pas non plus prendre le parti de certains auteurs, et en occulter d’autres. Votre fonction de directeur général de la Bibliothèque nationale et votre rôle d’animateur/critique du livre sont complètement contradictoires et même conflictuels.

Si vous vous attachiez tant à vos emplois précédents, vous ne devriez pas accepter ou aller chercher votre nouvelle fonction hautement étatique, car ils sont dangereusement incompatibles. Il ne faut pas vouloir le beurre, l’argent du beurre et la laitière. Vous devez choisir pour éviter toute corruption et dégénérescence.

Je vous salue cordialement

Marie Claudine Paul
Doctorante en Histoire de l’art à la Sorbonne

Marvens SÉNÈQUE
PRESSLAKAY

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