Jeunesse au jour J: entre révélations et amertumes.

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D’ici 2020, la jeunesse haïtienne se soulèvera et demandera des comptes. Par ailleurs, il y aura beaucoup plus de représailles à l’encontre des masses populaires que de supports humanitaires. Peur de la guerre civile ? Pas si vite pessimistes.

Depuis le déclenchement de l’ « Affaire Petro Caribe », il y’a eu tout un ensemble de désaccord entre l’État et les administrations publiques/privées. Nous sommes sur l’empire de la découverte d’un bain de corruption perpétré depuis les années 2006. La paralysie de la quasi-totalité des activités publiques sur le règne de Jovenel Moïse ne nous a pas laissé indifférent. Entre coup sûr et blessures, Haïti a connu des jours sombres qu’elle n’espérait plus voir après le départ de Jean-Claude Duvalier, hélas, mais les dirigeants qui succèdent nous a plongé à fond vers l’anéantissement. Il ne s’agit pas ici de sermonner la jeunesse haïtienne mais plutôt de les appeler à se consentir, à réfléchir à une seule chose que nous pourrions changer tous ensemble et de couper les ponts avec les imposteurs pour franchir définitivement la barre révolutionnaire.

La réinsertion du « vivre-ensemble »

À l’égard des discours politiques qui émaillent aujourd’hui au sein de la société haïtienne, le « vivre-ensemble » à sa portée potentielle sur le champ de l’éducation. Le « vivre-ensemble » en tant que moteur de construction de toute harmonisation et de cohabitation, doit être au cœur de la jeunesse haïtienne. Il est sujet d’un « universel concret » basé sur l’idéologie de tisser des liens entre toutes les fraternités ; nous éprouvons tous aujourd’hui de retisser des liens de fraternités mais allons-nous accéder à l’approche fonctionnaliste : qui se ressemble s’assemble ? La vertu de la fraternité est de dépasser cet écueil. L’école en tant qu’institution garante de l’apprentissage en son propre rôle est primordial en ce sens, mais elle ne peut pas tout faire dans la logique où l’institution scolaire est victime d’un « entre-soi » choisi pour certains et subi pour d’autres (Abdenour Bidar). En outre, tous les facteurs de socialisation ont leurs propres rôles à jouer au niveau de la réinsertion du « vivre-ensemble » car, pour entamer une nouvelle bataille il nous faut une théorie réunificatrice.

Révolution, chambardement du « système », pourquoi avec la couche juvénile ?

Par analogie, le « système » c’est une organisation politique et sociale, en d’autres termes c’est le principe d’organisation sociale ou de vie. Par ailleurs, le système politique c’est le mode d’organisation d’un État, qui comprend notamment, le régime politique, la structure économique, l’organisation sociale, pour ne citer que ça. Depuis l’automne 2019, le concept <<système>> ne cesse de faire rage à travers les discours sociopolitiques. Qui sont les vrais protagonistes ? Ceux qui ont supporté le gouvernement ? Les contrebandiers ou ceux qui travaillent au sein de l’administration publique ? Ou encore l’État ? Vis-à-vis des cries socioéconomiques, les conditions d’insertion des jeunes sur le marché du travail n’ont cessé de se détériorer. À titre d’exemple, moins d’un cinquième des jeunes de 15 à 24 ans révolus, soit 14% exercent effectivement un emploi rémunéré ; 16% se retrouvent au chômage donc en quête d’emploi et 70% en état d’inactivité (UNFPA – IHSI, 2009). En l’occurrence, dans ce cas-ci, le pouvoir et l’accès à un travail bien rémunéré, les moins de 30 ans ne sont guère choyés. Dans ce contexte, la jeunesse haïtienne est bel et bien exclue de ce soi-disant « système ». La génération qui se dirige vers la retraite, qui est plus instruite et plus fortunée, pourra éventuellement offrir son savoir et son expérience à la collectivité (carette 1999). Toutefois nous devrions rompre le cycle intergénérationnel de la pauvreté et de favoriser le développement durable, sinon, notre avenir risque d’être hypothéqué.

En guise de leaders, la jeunesse haïtienne a plutôt besoin des mentors capables de renseigner une « politique régénératrice » visant à briser le carcan du statu quo, et d’entamer une nouvelle bataille qui est de taille, avec toutes les couches sociales, sans distinction aucune, où règnera bientôt la justice sociale.

 

Raphaël Pedro Kabyla LOUIS
Juriste, Président RAPHA ALTERNATIVE

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