Justice : Le CG de Port-au-Prince s’oppose à l’audition de hauts fonctionnaires de l’État dans une affaire de trafic d’armes

Commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Jacques Lafontant

Le Commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Jacques Lafontant, a récemment suscité la controverse en s’opposant à une ordonnance du juge instructeur Marthel Jean Claude. Cette ordonnance visait à convoquer le Ministre de l’Économie et des Finances, Michel Patrick Boisvert, ainsi que le Directeur du MEF, en tant que témoins dans l’affaire de trafic d’armes et de munitions impliquant l’Église Épiscopale.

Commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Jacques Lafontant
Jacques Lafontant, Commissaire du gouvernement de Port-au-Prince

Dans une requête adressée au juge instructeur le 22 mai 2023, Jacques Lafontant, qui a été sanctionné par le CSPJ pour corruption, a invoqué l’article 298 du Code d’Instruction Criminelle (CIC) Vandal. Selon cet article, les hauts fonctionnaires de l’État ne peuvent jamais être cités comme témoins dans une affaire, telle qu’elle soit.

Le Commissaire du gouvernement avait lui-même cité l’article 298 du CIC Vandal dans une correspondance envoyée au ministre de la justice, Emmelie Prophète Milcé, le 16 mai 2023. Dans cette lettre, Jacques Lafontant informait le ministre de l’existence d’une ordonnance du juge Morin, qui souhaitait entendre le ministre du MAST (Ministère des Affaires Sociales et du Travail), Odney Pierre Ricot, en tant que témoin dans l’affaire de corruption à la CAS (Caisse d’Assistance Sociale ).

Cette utilisation contradictoire de l’article 298 du CIC Vandal par le Commissaire du gouvernement soulève des questions quant à sa crédibilité et son impartialité dans le traitement des affaires judiciaires. Certains critiques voient cela comme une tentative de Lafontant pour protéger les hauts fonctionnaires du gouvernement impliqués dans des scandales de corruption.

Face à cette situation, de nombreux observateurs appellent à une réforme du système judiciaire haïtien afin de garantir une véritable séparation des pouvoirs et l’indépendance des juges. Il est essentiel de préserver l’intégrité du processus judiciaire et d’assurer que personne, quel que soit son rang ou sa fonction, ne soit au-dessus de la loi.

L’opposition du Commissaire du gouvernement Jacques Lafontant à l’ordonnance du juge instructeur Marthel Jean Claude soulève des préoccupations quant à la transparence et l’équité du système judiciaire haïtien. Il est impératif de garantir l’indépendance des juges et de lutter contre la corruption, afin de préserver l’intégrité de la justice et de promouvoir l’état de droit dans le pays.

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