La fermeture de la frontière et la situation sécuritaire contraignent des hôpitaux en Haïti à réduire leurs services

La fermeture de la frontière et la situation sécuritaire contraignent des hôpitaux en Haïti à réduire leurs services

La situation sécuritaire qui sévit actuellement en Haïti et celle au niveau de la frontière Haïtiano-Dominicaine contraignent certains centres hospitaliers à l’est de la capitale haïtienne à réduire considérablement leurs services. Ils craignent que ce ne soit une question de jours avant qu’ils soient obliger de fermer leurs portes. C’est ce qu’a rapporté Miami Herald.

Si le commerce demeure la principale activité affectée à cause de la fermeture de la frontière à la suite du conflit diplomatique entre Haïti et la République Dominicaine engendré par la construction du canal sur la rivière Massacre à Ouanaminthe, celui-ci n’en demeure pas le seul pour autant. En effet, des hôpitaux qui desservent la population dans des localités attenantes aux postes frontaliers entre les deux nations qui partagent l’île sont contraints de réduire considérablement leurs services.

Complètement déconnectés de la région métropolitaine à cause de la situation sécuritaire qui règne à Croix-des-Bouquets, ils sont maintenant en difficulté de se rendre de l’autre côté de la frontière, conflit diplomatique oblige. Par conséquent, s’approvisionner en médicaments et autres fournitures médicales deviennent un véritable casse-tête d’où l’obligation d’un rationnement des services.

Le Dr Ted Higgins, un chirurgien vasculaire responsable d’un centre médical à Fond-Parisien, le long de la Route Nationale #8, contacté par le média américain, a fait savoir qu’en raison de la fermeture de toutes les frontières terrestre, maritime et aérienne ainsi que de l’aggravation de la situation sécuritaire au niveau des principales routes qui mènent à la capitale, l’hôpital est obligé de fonctionner au rabais.

“Nous effectuons uniquement des opérations d’urgence pour sauvegarder plus longtemps les peu de médicaments d’anesthésie qui nous restent” a-t-il déclaré.

« Ce ne sont pas des décisions faciles à prendre, et bientôt nous devrons fermer complètement nos salles d’opération simplement par manque de médicaments disponibles pour la chirurgie. Je suis sûr que nous ne sommes pas seuls.” a poursuivi celui qui a construit avec son frère “Higgins Brothers Surgicenter for Hope” qui se situe à environ sept miles de Malpasse, la ville frontalière haïtienne en face de Jimaní, du côté dominicain.

M. Higgins a, par ailleurs, fait savoir qu’environ un quart des patients haïtiens viennent traditionnellement de l’autre côté de la frontière et que sept membres du personnel médical vivent également dans les villes dominicaines. Donc, les dernières décisions prises par les autorités dominicaines privent près de 500 patients [car le clinique reçoit 1300 par mois] à venir consulter comme ils avaient l’habitude de le faire, d’après les informations fournies par le chirurgien au Miami Herald.

Parce que des groupes lourdement armés contrôlent la route menant à son installation depuis Port-au-Prince, Higgins compte depuis trois ans sur la République dominicaine pour pénétrer en Haïti. Il prend l’avion depuis les États-Unis jusqu’à Saint-Domingue, la capitale dominicaine, puis monte dans une voiture pour un trajet de quatre heures jusqu’à Jimaní et traverse la frontière jusqu’à Malpasse. Ce qu’il n’est plus en mesure de faire.

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