LA RÉPUBLIQUE EN PÉRIL

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Pourquoi tant de haine, tant de traitres, tant de misère, tant d’hypocrisie dans une société où notre mal est infini. Pourquoi sommes-nous toujours en quête de la voie du changement ? N’avons-nous pas perdu le contrôle ? Notre itinéraire n’a-t-il pas été piraté ou modifié par nos frères?

 

A présent, peut-on réellement crier haut et fort que demain tout ira mieux sur cette terre dont nous sommes les héritiers? Sur la toile de fond de ces considérations, en ce temps chimérique, j’accouche mes pensées sur le plancher de la misère, dans le grand soleil qui domestique et annule nos rêves.

 

La République va mal! De nos jours, sur le visage de chacun de nos compatriotes, nous pouvons constater le désespoir mélangé à cette joie cynique de vivre, qui transfigure les gravités héritées en une fleur de serre perverse. D’où nous sommes devenus l’auteur de nos maux, l’artisan de notre vie mélancolique.

Avons-nous compris et maitrisé ces deux concepts: DEMOCRATIE ET DICTATURE. Avons-nous fait cette différence entre avant 1986 et après 1986? Moi, je suis de la génération des années 90. Depuis que je comprends mon rôle sur terre, je constate que nous continuons de roder dans la corruption, l’impunité, la mesquinerie et l’injustice.

 

Ici, dans cette République de sanguinaires, plus de loisirs, l’espace public est interdit au peuple et les rues semblent en guerre. Ici on ne vit pas d’abandons, mais de misères acharnées, des parlementaires qui se mêlent de tout et qui oublient leur rôle de contrôle ; de dirigeants qui se foutent de notre malheur extrême. D’une jeunesse livrée à elle-même.

 

Notre cri se désharmonise ! Notre lutte n’aboutit pas au changement réel ni profond que nous espérons fort longtemps ! A chaque élection, notre aventure s’achève en eau de boudin, en raison notamment des choix axés sur la partisannerie sans aucune vision. La République est aux abois, nous sommes nus comme la nuit, comme une pierre au lit d’un fleuve déserté, abimé. Dans la République, la Justice, se réduit à une matière à privatiser, à négocier, à marchander comme le reste. Elle n’est plus cette femme aux yeux bandés. Il est temps de la faire respecter à tous et à chacun. De manière strictement objective. Individu comme Etat ! Même et surtout quand la situation paraît complexe, difficile, voire inextricable.

 

Si vrai que tout le monde s’accorde pour constater que tout va mal et que tout mérite d’être passé en revue et qu’il s’agit de rompre avec ce système qui nous ronge aussi longtemps, la question demeure de savoir précisément que voulons-nous faire comme peuple. Combien de revendications, de barricades, de manifestations, combien de leaders politiques, combien de militants, de journalistes, combien d’historiens qui ont fait valoir leurs critiques, leurs analyses et leurs propositions, répétant à satiété qu’il faut construire ou encore se regrouper vers un idéal commun? Un nouveau contrat Social ! Tout n’est qu’illusion. Tout n’est qu’un projet éphémère. Car, nous sommes toujours en contradiction avec notre moi.

 

Comme toujours, dans un retournement des faits où les agresseurs se font passer pour les agressés ! Sans vergogne. Où des hommes politiques qui faisaient campagne avec un candidat se trouvent aujourd’hui dans l’opposition pour une raison quelconque. Et cela marche, semble-t-il. Dans leurs discours, ils ne se privent jamais de rappeler qu’ils mènent un combat pour le PEUPLE. « A la pèp gen bon do papa» Nous avons vu ce qui s’est passé à la Saline, à Grande Ravine dans les zones que nous appelons des zones de non-droit. Des gens sous nos yeux, tués lentement, lâchement et sournoisement.

 

Ah oui !!! Un peuple en agonie, un peuple à bout de souffle. Notre lot de misère ne fait que s’accroitre au quotidien.

 

Mes chers compatriotes, les dirigeants de ce pays, il faudra qu’un jour qu’on consente à discuter autour de la table pour un dialogue franc et sincère, à se regarder face à face dans une même direction, à faire son mea-culpa, à élaborer sans hypocrisie un projet de société pour qu’Haïti puisse renaitre de ses cendres. En somme, je vous conjure de prendre conscience de la situation dans laquelle le pays est plongé car vous avez beau persisté de votre cruelle politique.

 

Ricardo Junior EMMANUEL

Le Chasseur

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