Manifestations dans les rues, cérémonie au MUPANAH et au Palais National : Les Haïtiens ont perdu le goût de la célébration des fêtes nationales

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Depuis le déclenchement des mouvements de protestations contre le pouvoir en place conduit par Jovenel Moïse, les dates nationales n’ont presque aucune signification et sont foulées aux pieds. Elles se résument en journée de manifestation anti-gouvernementale, à une simple cérémonie à MUPANAH et ou au palais national. À chacune d’elles, l’opposition, la société civile annoncent des mouvements de protestations, c’est encore le cas pour demain mardi 18 mai 2021 qui ramènera le 218ème anniversaire de création du bicolore Haïtien, symbole de liberté et de résistance.

À travers des conférences de presse, des notes, communiqués de presse et des déclarations, diverses organisations de la société civile, divers partis groupements et regroupements politiques lancent, soutiennent la tenue des mouvements de mobilisations ce mardi 18 mai pour dire non au référendum programmé par Jovenel Moïse et exiger son départ comme cela se fait depuis à peu près 3 ans.

Depuis, les déplacements du président lors des fêtes nationales sont limités. Les traditionnels Te Deum chantés à chaque fois, en présence des chefs d’État lors des dates importantes comme le 1er janvier aux Gonaïves, le 18 mai à l’Archaie, le 17 octobre à Marchand Dessalines et le 18 novembre à Vertières, ont été chantés sans la présence de Jovenel Moïse dans ses endroits. Les longs discours, les défilés, les parades, les grandes activités culturelles sont bannis.

Les locaux du MUPANAH et le palais national sont devenus des lieux de célébration de toutes les grandes occasions. Toutes les activités officielles liées à ces dates se font dans ses deux endroits. Les dates de nos guerres avec les colons et de nos victoires sur eux sont devenues celles de nos luttes fratricides.

Ce 18 mai 2021, rien d’officiel n’est prévu à l’Archaie, la cité du drapeau. Pourtant, des appels à la mobilisation ont été lancés par l’opposition, la société civile. La population est invitée à fouler le macadam pour exiger le départ de Jovenel Moïse dont le mandat constitutionnel arrive à terme depuis le 7 février dernier, la mise en place d’un gouvernement de transition et dire non au projet du référendum programmé au 27 juin 2021.

Entre temps, le gouvernement semble n’entend pas céder aux pressions populaires. La semaine écoulée, une première cargaison de matériels non sensibles destinés à la réalisation du référendum est arrivée au pays. Les gangs observent une trêve spectaculaire sur les cas de kidnapping en séries. Ce lundi 17 mai, une série de débats télévisés sur la nouvelle constitution sont lancés. Bref, le gouvernement est en mode  » adelante » alors que des partis, groupements et regroupements politiques, des organisations de la société civile, une partie de la communauté internationale s’opposent à l’organisation du référendum constitutionnel.

La bombe est amorcée. Référendum ou guerre civile, a martelé un chef de bande armée très puissant. Les forces de l’ordre se mobilisent pour assurer la sécurité de la journée du 27 juin. Une bonne partie de la population se prépare à boycotter la journée.
Qui peut désamorcer cette bombe ?

L’arrivée d’une mission de L’OEA a été annoncée pour assurer une médiation entre les protagonistes. Cependant, pour le pouvoir, le référendum, les élections, le reste du mandat de Jovenel Moïse ne sont pas négociables. Du côté de l’opposition, notamment le Secteur Démocratique et Populaire, un acteur majeur de la crise, la démission de Jovenel Moïse est la seule condition de leur participation à tout dialogue.

De part et d’autre, ceux qui se disent dirigeants ne se montrent pas capable de mettre de côté leur égo, leur ambition et leurs intérêts mesquins. Entre temps, rien ne fonctionne dans le pays, tout est à refaire. L’insécurité généralisée, le chômage, la misère, le banditisme, l’insécurité alimentaire, le black out, la faim etc. gangrène le pays. La population est aux abois. Elle attend impatiemment une lueur d’espoir, tandis que,  » moun ki rele tèt yo dirijan yo ap betize ».

Qui peut, qui va désamorcer la bombe ?

18 mai, date de la création du bleu et rouge, symbole de l’union des noirs et des mulâtres. 2021, 218 ans plus tard, les noirs se livrent dans des batailles entre eux pour le pouvoir, pour des intérêts personnels pendant que le peuple patauge dans la misère.

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