Mouvement « Bwa Kale»: une réaction normale dans un pays anormal, selon Lemoine Bonneau

Lemoine Bonneau, journaliste

Le mouvement insurrectionnel baptisé « Bwa Kale » entamé par la population depuis plus d’une semaine soulève maintes discussions dans la presse locale. Les acteurs nationaux ne partagent pas le même avis. Si pour certains ce mouvement que l’on pourrait qualifier d’une forme d’autodéfense populaire face aux violences des gangs armés est une initiative que l’on ne pouvait pas éviter à cause de l’irresponsabilité des autorités concernées, pour d’autres, il s’agit tout simplement d’un désordre généralisé qu’il faut à tout prix stopper pour éviter le pire.

Lemoine Bonneau, journaliste
Lemoine Bonneau, journaliste, analyste politique

Intervenant sur la Radio Vision 2000, mardi 2 mai 2023, le journaliste et analyste politique, Lemoine Bonneau a fait savoir que cette réaction de la part de la population ne pouvait être éviter et qu’elle est tout à fait « normale ». Victime depuis trop longtemps des exactions des gangs armés qui sévissent un peu partout sur le territoire national, la population a donc décidé d’extérioriser sa colère et sa frustration.

« Ce n’est pas la première fois que cela arrive ni en Haïti ni dans d’autres pays. Lorsque nous avons un pays dans lequel les autorités ont failli à leurs responsabilités, la population n’a donc plus de recours (…) Elle va chercher à se donner justice soi-même », a-t-il souligné tout en faisant un tableau de la réalité du pays en proie aux violences des gangs armés.

Les autorités concernées n’avaient rien fait depuis le début de la crise sécuritaire pour éviter que la situation soit arrivée à ce point, a poursuivi M. Bonneau.

« Nous avons là une situation normale dans un pays anormale puisque l’état de droit n’existe pas (…) Si les autorités concernées avaient pris leurs responsabilités la population ne serait pas arriver au point de se donner justice soi-même. La PNH est incapable de garantir la sécurité. La communauté internationale surtout les Américains refusent catégoriquement que l’armée apporte son soutien… », a indiqué l’analyste politique.

 » Ces derniers proposent une intervention d’une force militaire étrangère qui tarde à venir. Les autorités policières dépassées par les événements, la population a donc décidé de prendre les choses en mains », a-t-il ajouté.

Depuis plusieurs jours, la population de diverses localités de la région métropolitaine a entamé un mouvement de vengeance appelé « Bwa Kale ». Plusieurs présumés bandits ou individus prétendus être en connivence avec ces derniers ont donc été tués puis brûlés. Si le Premier ministre Ariel Henry, dans une adresse à la nation, hier lundi 1er mai, avait demandé à la population de changer de tactique. D’autres acteurs politiques restent dans leur mutisme face à la question.

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