République Dominicaine:  » J’ai été arrêtée en compagnie de mon fils qui revenait de l’école », témoigne Anette

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La crise haitiano-dominicaine n’est pas encore sur le point de trouver des solutions en dépit des démarches entreprises par les autorités haïtiennes. Pour cause, la chasse aux haïtiens se poursuit dans certaines villes du pays voisin, selon les témoignages de certaines victimes des abus des autorités migratoires Dominicaines. Si les haïtiens sont souvent victimes notamment les femmes enceintes à la recherche de soins, des écoliers également sont victimes au moment de l’arrestation de leurs parents alors qu’ils revenaient de l’école.

Anette, 34 ans, vivait en République Dominicaine de manière illégale. Au moment de son entrée, elle n’avait pas de documents de voyage. Elle y s’installait à la recherche d’une vie meilleure comme c’est le cas de beaucoup d’autres compatriotes. Elle a été arrêtée par les autorités migratoires dominicaines, rapatriée vers Haïti. Elle revient sur cette histoire douloureuse.

Bus deportation République Dominicaine

 » Je vivais en République Dominicaine avec mon fils. Il était dans une école privée. Chaque jour j’avais pour mission de mener l’enfant à l’école et d’aller le chercher après les cours. Un jour après les cours, des agents de la migration dominicaine se sont arrêtés devant moi et m’ont invité d’exhiber mes pièces. N’ayant pas les papiers, je leur ai dit non, j’en ai pas. Ils nous ont arrêté, moi et l’enfant. Ils n’avaient même pas respect pour l’uniforme de l’enfant », dénonce t-elle.

Anette rapatriée sans ses effets

 » Dans un premier temps, on m’avait dit que l’enfant ne sera pas rapatrié et qu’il sera remis au CONANI. Je leur ai dit si je dois retourner en Haïti, je ne peux pas laisser mon fils. Et en début du mois de janvier j’ai été rapatrié en Haïti. Puisque j’ai été intercepté en pleine rue, je n’ai pas eu le temps de prendre mes bagages. Je vivais uniquement avec mon fils dans cette chambre. Maintenant je planifie mon retour. Je dois retourner au plus vite », a fait savoir la jeune dame qui échangeait avec notre rédaction à ce sujet en début de semaine.

D’autres parents connaissent le même sort

Si certaines figurent de la communauté haïtienne de Saint-Domingue disent n’être pas au courant que des écoliers Haïtiens connaissent de pareilles mésaventures, d’autres expliquent qu’ils sont témoins des faits. Joe Calixte qui vit à Saint-Domingue depuis des années indique qu’il n’a jamais vu autant de mauvais traitements infligés aux haïtiens.

 » Dans un premier temps, les dominicains se lançaient dans la chasse aux sans papiers mais des groupes étaient toujours exempts. Par contre ces derniers mois, ils ont chassé les femmes enceintes et les patrouilles de la migration sont remarquées à proximité des écoles », a détaillé Joe Calixte.

Plus loin, il souligne des cas où même les enfants sont aussi victimes de la part des autorités dominicaines.

Certains de ses enfants remis au CONANI

Si les enfants ne sont pas cibles des autorités migratoires, elles sont victimes du mauvais traitements infligés à leurs parents. Cependant, certains de ceux qui ont été pris avec leurs parents n’ont pas été rapatriés en Haïti. Ils sont été remis aux Responsables du CONANI en charge des enfants délaissés, ajoute Joe Calixte.

Informés, les consulats n’ont pas réagi

Les gens qui ont répondu à nos questions dans le cadre de ce travail sont clairs:  » Les consulats d’Haïti en république dominicaine font toute autre chose sauf la défense des haïtiens. Sur les cas de rapatriement de bon nombres d’enfants suite à l’arrestation de leurs parents. Certains expliquent avoir informé les représentants d’Haïti.

 » J’ai comme l’impression qu’ils ont peur des autorités dominicaines. Ils n’ont jamais pipé mots par rapport aux différents problèmes auxquels on est confronté », dénonce Joe Calixte. Une position partagée par des haïtiens qui réprouvent de manière unanime le travail de ces diplomates haïtiens.

En somme, en dépit des pourparlers entrepris entre les deux nations partageant l’île, les problèmes des compatriotes se poursuivent. Et des enfants en font souvent les frais devant le silence de ceux qui ont pour mission de protéger les ressortissants.

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