Société : À quand la modernisation du transport en commun en Haïti ?

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Au nombre des secteurs qu’il faut repenser en Haïti figure le transport en commun. Les citoyens voyagent dans de très mauvaises conditions. Dans la plupart des cas, les passagers et les bagages (chay) cohabitent. Les véhicules sont dans de mauvais état.

Dans la capitale haïtienne comme dans les villes de province, la situation est la même. Se déplacer en transport en commun est un calvaire. Vous risquez de connaître toutes les peines du monde. À l’exception de certaines entreprises de transport qui offrent un service plus ou moins différent mais à un prix exorbitant.

Transport en commun en Haïti
Transport en commun en Haïti

Dans les bus, les chauffeurs forgent des sièges pour pouvoir transporter plus de passagers. Le plus grave est que vous serez contraint d’accepter sinon vous devez rester chez vous. D’ailleurs si vous essayez de revendiquer, vous vous trouvez tout seul, les autres passagers même vous répondront : « si w pa vle yo kwense w achete machin prive w. Prese w pa prese».

C’est la même scénario dans les tap-tap. Même si tous les sièges sont remplis, il doit nécessairement avoir des passagers debout à l’intérieur ou à l’arrière (pran sèso) de la camionnette. Et tout le monde doit garder le silence. Celui qui ose ouvrir la bouche pour un quelconque commentaire risque de se faire injurier d’abord par le chauffeur ensuite par les autres passagers.

Ce secteur fonctionne en dehors de toutes les normes. Dans les grandes villes, il n’y a pas de gare routière. Les véhicules assurant les liaisons avec les endroits éloignés sont stationnés à chaque intersection ce qui embarrasse très souvent la circulation.

Le prix des circuits, un autre dilemme

En Haïti, ce sont les chauffeurs parfois les syndicats des chauffeurs qui fixent le prix des circuits. Et c’est à prendre ou à laisser. Pourtant, ce travail relève du ministère des affaires sociales et du travail en accord avec les syndicats des chauffeurs et propriétaire.

Le prix d’un circuit peut être varié d’un moment à l’autre. Vous pouvez laisser votre maison au matin et prendre un tap-tap, vous payez 25 gourdes et vous serez étonné de voir à votre retour dans l’après-midi ce même circuit est passé à 50 gourdes. De plus, vous n’avez aucun droit de dire un mot.

Surtout avec la rareté en permanence du carburant dans le pays. Les chauffeurs sont les seuls décideurs. Ils fixent le prix comme bon leur semble. Le MAST se tait. Les syndicalistes se taisent. La population paie les conséquences. Cette situation a très souvent créé des bagarres entre passagers et chauffeurs.

Jovenel Moïse avait mis en place une commission de modernisation du transport en commun

Se montrant préoccupé par la situation du transport en commun dans le pays, l’ex-président Jovenel Moïse, accompagné de son premier ministre d’alors, Jack Guy Lafontant, a procédé, le 7 juin 2017, à l’installation d’une commission composée de 17 membres dénommée :  » Commission Nationale pour la Modernisation du Transport en Commun », avec pour mission de « Travailler à la professionnalisation du système du Transport en commun en Haïti ».

La commission était composée de:

Ronald Décembre, coordonnateur ; Rudy Hériveaux, coordonnateur adjoint ; Guichard Doré, président ; les syndicalistes Rémy Sanozier, Changeux Méhu, Dona Jonas, Montès Joseph, Jean-Claude Boursiquot, Danecson Florvilus, Harry Antony, Jean-Fritz Constant, Kemsy Durcé ; le juriste Wolff Dubic ; Ricot Pierre-Louis de la Primature ; Michel Patrick Boivert du Ministère de l’Économie et des Finances ; Wilson Édouard des TPTC et Ducamel Florent, directeur de la Circulation et de la Police Routière.

Elle devrait proposer à l’administration de Jovenel Moïse des normes en vue de permettre aux citoyen(ne)s de voyager dans de bonnes conditions. Le Président Jovenel Moïse avait donné la garantie que son administration apporterait de l’aide nécessaire aux chauffeurs du secteur du transport en commun, en vue de leur faciliter l’achat de véhicules neufs pour le service, l’obtention d’une carte de sécurité sociale, entre autres.

L’ex locataire du palais national, assassiné, le 7 juillet 2021, avait promis de mettre en place le Bureau National du Transport Routier (BNTR), l’autorité régulatrice du transport routier, à la suite du rapport de la commission.

Depuis l’installation de la commission en 2017 jusqu’à l’assassinat de Jovenel Moïse en 2021 soit 4 ans après, rien de concret n’avait été fait pour moderniser le transport. Et aujourd’hui, en 2022, les choses ont empiré.

Pendant encore combien de temps les Haïtiens doivent-ils attendre ? Qu’est-ce qui manque aux autorités ? À quand la modernisation du transport en commun dans le pays ?

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