Société: ce que deviennent les vacances estivales en Haïti

0 50

Le mois de juillet rythme les vacances d’été. Cependant depuis quelques années, les vacances estivales en Haïti perdent leur charme. Les différentes activités qui autrefois embellissent cette période disparaissent au fil des années. Toutefois, certaines personnes gardent encore de bons souvenirs de vacances.

Agence presslakay
Agence presslakay

Après plusieurs mois d’études et d’activités intenses, les vacances, c’est cette partie de l’année réservée pour un repos bien mérité à ceux qui sont à l’Université ou encore à l’école ou dans un sens plus large ceux qui travaillent. En Haïti, dans les temps jadis, les vacances étaient d’une grande importance pour les familles.

« J’ai souvenance que quand j’étais jeune, mes parents m’ont envoyé à Port-au-Prince. J’y faisais mes études classiques et universitaires. Mes frères et d’autres amis originaires de Cornillon préparaient depuis le mois de mars leurs vacances. Après les examens de fin d’années, pas un jour de plus, pas un jour de moins, le rendez-vous est à Cornillon », explique Estaing Charles.

 » Aujourd’hui, comment me demander d’envoyer mon fils en province pour aller passer les vacances estivales avec l’insécurité qui bat son plein dans le pays. Autrefois les villes de province étaient sûres, mais la réalité d’aujourd’hui est toute autre chose », a ajouté le natif de Cornillon.

Les vacances estivales en milieu de campagne

Dans les villes de province ou à la campagne les vacances avaient un accent particulier se souviennent quelques jeunes interrogés sur la question. Ces derniers, avec de la nostalgie, reviennent sur cette partie de la vie en Haïti qui se conjugue au passé.

« Pendant les vacances vous avez des activités récréatives les unes plus intéressantes que les autres. En matinée, nous jouons au football, à la mi-journée, le rendez-vous était dans les rivières pour aller se baigner. Un peu plus tard dans l’après- midi vous avez les championnats inter quartiers qui vous attendent », rappellent ces jeunes venant de Port-de-Paix.

Ils soulignent aussi les activités de ciné et la gastronomie qui battent toute concurrence.  » Il y a des mangues, du maïs grillé ( Mayi boukannen), des activités mondaines, entre autres « , racontent-ils.

Les artistes haïtiens avaient donné aux vacances une place de choix

« Depiw tande 20 jwen rive se vakans, tansyon ajite », Zenglen pate la li antre se anbyans », c’est par ces mots que la formation musicale Zenglen avait commencé cette chanson titrée « Vakans » avec la voix de Garcia Delva. Digital Express en avait fait autant avec une composition destinée aux vacanciers.

« Men vakans rive, sikilasyon bloke, dyaspora debake », une musique qui rappelle encore le sens qu’avait les vacances estivales en Haïti.

Et plus proche de nous T- Micky avait lui aussi offert une composition avec la collaboration de Top Adlerman ayant pour titre « Vakans ». Cette composition qui ne date pas trop longtemps avait fait bouger les gens. Autant dire que les artistes haïtiens dans un sens comme dans l’autre avaient un regard sur les activités durant les vacances.

Les traditions liées aux vacances disparaissent au fil des années

« Aujourdhui, face à la situation du pays, les activités liées aux vacances disparaissent comme le bulbe du savon. Ceux qui sont du Grand Sud ne peuvent aller passer les jours avec leurs parents. Martissant reste un véritable calvaire pour les usagers de la nationale numéro 2 qui ne peuvent toujours pas passer là-bas en toute quietude », regrette Charles Amos originaire de Saint Louis du Sud.

Ainsi, dit-il, les jeunes qui sont à Port-au-Prince qui ordinairement descendent pour aller apporter un plus aux activités estivales ne peuvent plus le faire.

Même dans les villes de province, il y a des groupes de gangs qui prennent en otage la population. Si vous êtes allés à la plage vous n’avez pas la garantie que vous allez retourner chez vous sans inquiétude, souligne t-il.

Comme pour d’autres traditions, celles qui sont liées à la perfide estivales sont en plein effritement. Les groupes musicaux haïtiens sont restés aux États-Unis où à Saint Domingue. Le pays meurt avec ses traditions.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

This website uses cookies to improve your experience. We'll assume you're ok with this, but you can opt-out if you wish. Accept Read More

%d blogueurs aiment cette page :