Suriname: l’ex-président Bouterse condamné à 20 ans de prison pour assassinats

Suriname: l'ex-président Bouterse condamné à 20 ans de prison pour assassinats

L’ancien Président du Suriname, Desi Bouterse, âgé de 78 ans, jugé en appel pour l’assassinat de quinze opposants en 1982, a été condamné, mercredi 20 décembre 2023, à 20 ans de prison. C’est ce qu’a annoncé la Haute Cour. Un verdict qui met fin à une longue procédure jalonnée de tensions.

Il a fallu 41 ans pour que la justice prononce son verdict dans ce dossier chaud qui n’a pas manqué de provoquer des tensions dans ce pays d’Amérique du Sud. Si Desi Bouterse, accusé d’avoir exécuté par balles une quinzaine de personnes dont des avocats, des journalistes, des hommes d’affaires et des militaires, en décembre 1982, avait été appelé par devant la justice, aucun verdict n’avait été donné jusque-là bien malgré sa condamnation avait été prononcée depuis 2019.

Celui qui a dirigé le pays d’une main de fer durant 10 ans (2010-2020) va devoir passer deux décennies derrière les barreaux. C’est ce qu’a indiqué, mercredi, la Haute Cour dans ce pays d’Amérique du Sud. Desi Bouterse n’était pas présent à l’audience.

Il était « le chef incontesté, le plus haut responsable du pays. Ce qu’il disait se faisait (…) ce n’est pas important s’il a lui même appuyé sur la détente ou non », a fait savoir le président du tribunal Dinesh Sewratan, soulignant que M. Bouterse n’avait « jamais exprimé de regrets et de repentir sincères ».

Il faut noter que cette condamnation en appel a mis fin à 16 ans de procédures. M. Bouterse a épuisé tous les recours judiciaires nationaux. Il peut, cependant, demander une grâce présidentielle. Son avocat Irvin Kanhai, qui avait évoqué la possibilité de saisir la Cour interaméricaine des droits de l’Homme, a qualifié le verdict de « décevant ».

Suite à cette décision de la Haute Cour, en prédiction à des violences de rues, les autorités avaient mis en place un important dispositif de sécurité, dans le centre de la capitale Paramaribo. Beaucoup craignaient des troubles provoqués par des partisans de l’ancien Président mais ceux-ci n’ont pas manifesté.

Le gouvernement surinamais a appelé l’ensemble de la communauté, et en particulier les sympathisants, à accepter la décision de justice. Il a assuré que cette condamnation n’est que le début d’un processus de guérison

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