Yonyon, chef du gang des 400 Mawozo, condamné à 35 ans de prison aux États-Unis

Yonyon, chef du gang des 400 Mawozo, condamné à 35 ans de prison aux États-Unis

Germine Joly, chef du gang des 400 Mawozo a été condamné, ce lundi 24 juin 2024, à 35 ans d’emprisonnement dans une prison fédérale aux États-Unis pour son rôle dans un complot de trafic d’armes et de blanchiment de rançons d’otages américains kidnappés sur le sol haïtien.

Alors que la prononciation de la peine du bandit notoire Germine Joly, plus connu sous le pseudonyme Yonyon, se faisait attendre, ce lundi, le juge de district américain John D. Bates a finalement annoncé sa sentence. Si les procureurs fédéraux qui ont exposé ses activités criminelles réclamaient la prison à vie pour l’ancien chef du gang des 400 Mawozo qui opère à la Croix-des-Bouquets, commune située à l’entrée nord de Port-au-Prince, le magistrat s’est entendu à fixer sa peine à 35 ans d’emprisonnement malgré le plaidoyer de culpabilité du bandit criminel pour lequel ses avocats ont fait valoir une peine de 17,5 ans de prison.

Selon le journal américain Miami Herald, avec cette peine sévère prononcée à l’endroit de Germine Joly, arrêté en Haïti puis transféré aux États-Unis, en mai de l’année dernière, les procureurs espèrent envoyer un message clair aux bandits criminels qui terrorisent quotidiennement la population haïtienne et qui enlèvent aussi des citoyens américains.

“Les chefs de gangs qui sévissent en Haïti et qui terrorisent les citoyens américains afin d’alimenter leurs activités criminelles seront confrontés à toute la force du ministère de la Justice”, a fait savoir le procureur général américain Merrick Garland après la condamnation.

Il faut souligner que trois autres complices de Yonyon ont été aussi condamnés par le juge de district américain John D. Bates. Ils s’agissent de Eliande Tunis, qui s’est présentée comme la « reine » du gang et chef de sa branche du sud de la Floride ; Walder St. Louis, 35 ans, cousin du chef de gang ; et Jocelyn Dor, 31 ans. Tous deux sont reconnus comme acheteurs pour le gang qui opère à la Croix-des-Bouquets.

Ces derniers se procuraient des armes de poing, des fusils d’assaut et des fusils semi-automatiques dans des magasins d’armes à Orlando et dans le sud de la Floride. Ils avaient faussement déclaré qu’ils étaient les propriétaires des armes, qu’ils avaient ensuite introduites clandestinement en Haïti déguisées en cargaisons de vêtements usagés et de Gatorade.

D’après le journal floridien, les deux coaccusés dans le complot de trafic d’armes à feu ont été condamnés respectivement à trente-six (36) mois de prison fédérale et l’autre, à 60 mois. Ils avaient choisi d’éviter le procès y compris la résidente de Pompano Beach, Eliande Tunis, mère de trois enfants, qui a joué le rôle d’interlocuteur entre Joly et les autres malfaiteurs.

“La condamnation de Germine Joly et de son complice Eliande Tunis souligne l’engagement du FBI à perturber et démanteler les réseaux criminels qui prennent en otage des citoyens américains n’importe où”, a déclaré l’agent spécial du FBI en charge, Jeffrey Veltri, du bureau extérieur du FBI à Miami.

“Cela inclut la suppression de leur capacité à semer la violence contre des innocents en utilisant des armes à feu de contrebande.” a-t-il poursuivi.

Selon les témoignages de 24 témoins présentés à la Cour durant le procès criminel, les quatre coaccusés ont conspiré entre eux et avec d’autres membres du gang criminel basé à Croix-des-Bouquets. Ils avaient planifié durant sept mois [de mars à novembre 2021] le trafic d’armes et de munitions grace auquel ils comptaient renforcer les capacités opérationnelles du réseau criminel dirigé désormais par Lanmò San Jou.

Condamné à près de quatre décennies pour 48 chefs d’accusation liés au trafic d’armes et au blanchiment d’argent, Germine Joly alias Yonyon attend encore un autre procès provisoire devant jury prévu. Prévu pour le 18 février 2025, il concerne les accusations liées à l’enlèvement des 17 missionnaires du Christian Aid Missionaries basé dans l’Ohio, aux États-Unis.

Dans son plaidoyer en faveur d’une peine plus légère, Joly avait imputé la responsabilité de son incarcération en Haïti et de ses activités criminelles à l’ancien sénateur de l’Ouest et ancien Commissaire du gouvernement, Jean Renel Senatus. Dans une lettre de neuf pages adressée au juge de district américain John D. Bates, le bandit notoire avait indiqué que l’ancien responsable haïtien lui avait fourni des armes à feu afin de lui permettre de remporter les élections dans la commune de la Croix-des-Bouquets. Des accusations que l’ancien président de la commission justice et corruption au Sénat avait rejeté d’un revers de la main.

LIRE AUSSI

Leave a Comment

PressLakay