Zoom sur l’inflation mondiale : comment la situation se présente-t-elle ?

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D’où vient cette flambée des prix ? « L’inflation est ma plus grande priorité nationale », a déclaré le 46ème président des États-Unis, Joe Biden, au début du mois de mai 2022. Le niveau des prix a augmenté de 8 % à ce moment-là.

L'inflation mondiale
L’inflation et ses conséquences à travers le monde

Inflation ! Ce mot résonne bien fort depuis plusieurs mois déjà à l’échelle internationale. Les débats économiques, les réflexions des dirigeants politiques du monde et les préoccupations des institutions internationales sont dominés par la flambée généralisée des prix des biens et services. Selon les sondages d’opinion, l’inflation est la première inquiétude des consommateurs également. Pourquoi ce débat autour de ce phénomène économique ?

Politiquement, l’inflation est une source d’instabilité et de révolte. On se rappelle de la révolution égyptienne en 2011, lors du « Printemps arabe », qui a entraîné la chute du régime d’Hosni Moubarak. Ces contestations populaires étaient dues, en partie, à la hausse du prix du pain. Plus récemment au Sri Lanka, l’explosion des prix a provoqué des émeutes; un pays déjà plongé dans une grave crise économique. En Équateur, durant le mois de juin 2022, le président Guillermo Lasso a décrété l’état d’urgence dans trois États du pays pour répondre aux manifestations des indigènes suite à l’augmentation des prix.
Pour les organisations internationales, le renchérissement des prix vient noircir un tableau déjà fragilisé par la pandémie COVID-19.

Les effets de l’inflation sont ressentis de façon inégale ; les plus pauvres sont les plus touchés. Ce qui détériore le tissu social. Les prévisions de croissance économique sont revues à la baisse, par rapport au début de l’année. Selon le World Food Programme (WFP), la montée des prix des produits alimentaires aggrave la situation de la faim dans le monde ; 24 pays sont considérés comme très risqués.

Du côté des ménages, qui consomment beaucoup, il est de plus en plus difficile de gérer les fins de mois. Un employé qui doit faire le plein de carburant pour aller au travail, voit ses dépenses prendre plus de place dans son budget car les prix des produits pétroliers flambent. Certains sont obligés de renoncer aux dépenses de loisirs, d’aller au restaurant, au voyage en famille … au profit des dépenses indispensables car les prix des biens et services varient à la hausse. D’autres ne sont même plus capables de satisfaire leurs besoins élémentaires en termes de consommations.

Avant d’aller plus loin, on peut se poser les questions suivantes : c’est quoi l’inflation ? Quelles sont ses sources et conséquences économiques ?

Selon le dictionnaire économique (Beitone, Carzola et Hemdane, 2019), l’inflation est un processus durable de hausse cumulative du niveau général des prix. Le taux d’inflation, indicateur de premier choix pour apprécier la santé d’une économie, est généralement mesuré par la variation en pourcentage de l’indice des prix à la consommation (calculé à partir du choix des biens et services consommés par un ménage de référence). À partir de cette définition, on remarque que l’inflation ne concerne pas l’augmentation du prix d’un produit ou d’un groupe de produits, mais celle des prix de tous les biens et services existant dans l’économie. C’est donc, un phénomène économique d’ensemble, qui concerne la valeur du moyen d’échange de l’économie (la monnaie).

En effet, l’inflation se rapporte plus à la valeur de la monnaie qu’à la valeur des produits. Lorsque le niveau des prix croît, non seulement, les consommateurs doivent payer plus chers les commodités (car les prix ont augmenté); mais cela traduit aussi une dépréciation de la monnaie dans la mesure où chaque unité monétaire confère un pouvoir d’achat inférieur (ils ont besoin de plus d’argent pour acquérir les mêmes quantités de biens et services que d’habitude). Ainsi, une hausse des prix réduit la valeur de la monnaie.

On distingue trois niveaux d’inflation. Elle est qualifiée de rampante dans une situation de hausse durable mais modérée du niveau général des prix (dans le cas d’inflation à un chiffre : 2 %, 4 %…). Elle est dite galopante lorsque le taux d’inflation atteint deux chiffres comme dans les pays occidentaux dans les années 1970 (13 %, 25 % …). Et, selon Phillip Cagan (The theory of hyperinflation, 1956), on parle d’hyperinflation, pour la période commençant le mois où le taux d’inflation dépasse 50 % et finissant le mois qui précède celui où ce taux passe en dessous de ce seuil et y reste pendant au moins un an (Jacoud, 1997).

Les principales sources de l’inflation identifiées par la théorie économique sont : l’inflation par la monnaie, par la demande et par les coûts.

Selon Milton Friedman, l’inflation résulte toujours d’un accroissement anormalement rapide de la quantité de monnaie par rapport au volume de la production. L’inflation par la monnaie est donc, la hausse du niveau général des prix provoquée par l’augmentation excessive de la quantité de monnaie en circulation non conforme au niveau de biens et services produits.

La valeur de l’argent dépend de la quantité de monnaie disponible dans l’économie. Par exemple, le financement du déficit budgétaire de L’État par la création monétaire accroît la masse monétaire (quantité totale de monnaie en circulation dans une économie à un moment donné) sans augmenter la production; cet accroissement se répercute sur le niveau des prix.

Dans une économie en concurrence, le niveau des prix est déterminé, sur le marché des biens et services, par la confrontation de l’offre (quantité de biens et services produite par les entreprises) et de la demande (quantité de biens et services que les ménages désirent acquérir). Lorsque la demande est supérieure à l’offre ou encore, quand l’offre ne peut pas satisfaire la totalité de la demande, il se produit un écart inflationniste. Alors, les prix augmentent pour rétablir l’équilibre. On a tous constaté, par exemple, qu’en période de pénurie, les prix flambent. Donc, l’inflation par la demande correspond à la hausse du niveau général des prix résultant d’une demande globale supérieure à l’offre globale. Enfin, lorsque les coûts de production d’une entreprise deviennent plus importants cela est susceptible d’entraîner une augmentation des prix de vente.

Plusieurs causes peuvent conduire à un accroissement des coûts de production : une dévaluation ou une dépréciation de la monnaie, une inflation importée (hausse des prix des matières premières sur le marché mondial) ou une hausse des coûts des facteurs de production plus rapide que les gains de productivité. L’inflation par les coûts, incluant l’inflation importée, est une hausse du niveau général des prix qui est due à une montée des coûts de production répercutée par les entreprises sur leurs prix de vente.

Quelles sont les conséquences de l’inflation selon la théorie économique ?

Quant aux conséquences de l’inflation, elles peuvent être nombreuses. La plus évidente est son impact sur les avoirs monétaires. Effectivement, une personne qui décide de garder une partie de sa richesse sous forme monétaire (thésaurisation), sans tenir compte du renchérissement des prix, voit son argent subir une érosion de son pouvoir d’achat. C’est-à-dire qu’à mesure que le temps s’écoule, son stock de monnaie lui permet de consommer une quantité plus réduite de biens et de services.

Même dans le cas où cette personne décide de confier cette partie de sa richesse à une banque, si l’inflation est mal anticipée, le même phénomène peut se produire en dépit de la perception d’une compensation (taux d’intérêt nominal). Si elle place son argent au taux d’intérêt nominal créditeur de 8 % sur la période, avec un taux d’inflation de 3 %, alors le taux d’intérêt réellement perçu sera de 5 % (en cas de faible taux d’inflation : taux d’intérêt réel = taux d’intérêt nominal – taux d’inflation). Alors, non seulement, une inflation élevée n’incite pas les gens à épargner ; mais, même une faible inflation finit par dévaluer l’épargne sur de longues périodes (Mankiw, 1998).

De même, un individu qui perçoit un revenu peut voir son gain éroder par la hausse du niveau général des prix. On suppose qu’un revenu passe de 10 000 à 15 000 dollars américains, soit une augmentation de 50 %, alors que le taux d’inflation est de 20 % sur la période. En utilisant l’indice de pouvoir d’achat [(indice revenu/indice prix) x 100], on voit que le revenu qui s’est accru de 50 % en valeur nominale, n’a crû que de 25 % en valeur réelle. La valeur réelle de cet accroissement est rognée par l’inflation (Jacoud, 1997).

La flambée du niveau général des prix peut entraîner également une redistribution arbitraire des richesses en faveur des débiteurs et au détriment des créanciers. L’inflation réduit le coût réel de l’emprunt en allégeant la charge de remboursement du débiteur ; la somme remboursée peut être même inférieure à celle empruntée, en valeur réelle, si le taux d’inflation est supérieur au taux d’intérêt. Si un individu accepte de vous prêter une somme de 100 000 dollars US moyennant un taux d’intérêt nominal de 10 % sur la durée. À échéance, vous devez rembourser 110 000 dollars [100 000 + (100 000 x 0.1)] ; si le taux d’inflation sur la période est de 20 % (indice prix = 120) alors la somme réellement remboursée est d’environ 91 666 dollars US (110 000 x 100/indice prix).

L’inflation peut rendre le calcul économique difficile. Lorsqu’elle est mal anticipée, elle conduit à une incertitude qui perturbe le calcul des agents économiques. Effectivement, les revenus réels d’un individu (épargne, autre type de placement …) ou le montant de ses dépenses de consommation peuvent ne pas correspondre à ceux auxquels il s’attendait. Du côté du producteur, les coûts de production ou ses recettes de vente peuvent être différents de ses prévisions. Cela peut nuire à l’efficacité économique en entraînant une utilisation sous-optimale des ressources. Également d’un point de vue fiscal, la hausse généralisée des prix peut entrainer des distorsions. L’inflation alourdit la charge fiscale qui pèse sur les revenus de l’épargne. Aussi, un accroissement des revenus nominaux lié à une situation inflationniste, alourdit la pression fiscale dans un système d’impôt progressif.

Certains ménages, qui ne payaient pas d’impôt jusque-là, deviennent imposables du fait de l’augmentation de leur revenu nominal. D’autres, viennent à payer plus d’impôts en passant dans des tranches d’imposition supérieures.

À présent, pour savoir comment est la situation inflationniste sur le plan international, on va faire un petit voyage en commençant par l’Amérique du nord. D’abord, on doit noter que l’inflation mondiale était de 2.2 % en 2019, avant la crise sanitaire. En 2021, avec la reprise économique, le niveau général des prix a progressé de 3.4 % au niveau mondial.

Aux États-Unis, de juin 2021 à juin 2022, les prix ont augmenté de 9.1 % contre 8.6 % en mai ; si l’on considère uniquement le prix des produits alimentaires, il a subi une hausse de 12.2 % sur cette période. Alors que, le taux d’inflation annuel était de près de 2 % en 2019. Le taux d’inflation en rythme annuel, sur cette même période, dans ses pays voisins est de 8 % au Canada et au Mexique.

Concernant l’Amérique latine et la Caraïbe, l’inflation annuelle est très élevée au Venezuela (167.15 % en mai 2022 contre 220 % en avril). Elle est aussi forte en Argentine, faisant face à une crise économique également, 64 % en juin 2022. Le Chili et le Brésil connaissent une moindre inflation, mais à deux chiffres, respectivement de 12.5 % et de 11.9 % en juin 2022. Le prix de l’alimentation a vivement progressé, en glissement annuel, au mois de juin, dans des pays comme la Colombie (23.6 %), le Paraguay (17.5% en mars 2022), le Honduras (14.71%) et la République Dominicaine (13 %). Haïti connaît une inflation galopante depuis plusieurs années ; 17 % en 2021. De 1990 à 2019, le taux moyen annuel d’inflation est de 14 %. En 2022, les prix continuent de progresser fortement ; sur les six premiers mois de l’année, les prix ont augmenté, en variation annuelle, en moyenne, de 26.43 %.

Dans la zone euro (l’ensemble des États membres de l’Union Européenne qui ont adopté l’euro comme monnaie), avant la pandémie on avait une inflation annuelle modérée de 1.40 % en 2019 ; elle a atteint 8.6 % en juin 2022 en glissement annuel. Le prix de l’alimentation a progressé de 10.4 % sur la période. En enlevant, la hausse des prix de l’énergie et de l’alimentation de ce total, le taux d’inflation annuel devient 3.7 %. Tandis qu’au sein de l’Union Européenne (l’ensemble des 27 pays), l’inflation annuelle est de 9.6 %. Dans les pays Baltes, les prix ont augmenté plus fortement, pour ce mois de juin, de 21.8 % en Estonie, de 21 % en Lituanie et de 19.3 % en Lettonie. En Turquie, les ménages, afin de se protéger contre la perte de valeur de leur monnaie, avec un taux d’inflation annuel de 78.6 % en juin 2022 contre 73.5 % en mai, achètent des voitures (afin de conserver de la valeur).

Du côté de l’Océanie, avec la reprise économique de 2021, l’inflation annuelle était de 2.9 % en Australie et de 3.9 % en Nouvelle-Zélande. Au premier trimestre de l’année 2022, les prix ont augmenté de 5.09 % en Australie et le niveau des prix des produits alimentaires a progressé de près de 5 %. En Nouvelle-Zélande, l’inflation au deuxième trimestre de cette année est de 7.3 % ; les dépenses domestiques (électricité, eau et gaz) ont crû de 9.15 %.

Sur le continent asiatique, l’inflation annuelle est relativement faible pour le mois de juin 2022 dans plusieurs pays tels que la Chine (2.5 %), le Japon (2.4 %) et l’Arabie Saoudite (2.3 %). Elle est à peu près au même niveau qu’en Europe dans certains pays comme l’Inde (7 % en mai), la Thaïlande (7.66 % en juin) et la République de Corée (6 %, juin 2022). Tandis que, dans d’autres pays tels que le Pakistan, l’Iran, et le Liban, les prix ont fortement augmenté en rythme annuel, respectivement de 21.32 % en juin 2022, 39.3 % en mai et 214.6 % en février 2022.

En Afrique, le Soudan et le Zimbabwe connaissent des flambées de prix hallucinantes. Le niveau des prix a explosé de 263 % en mars 2022 au Soudan et de 96.4 % en avril 2022 au Zimbabwe. Le taux d’inflation annuel moyen a atteint, en mars, 6.6 % pour les pays membres de l’Union Économique et Monétaire Ouest-africaine (UEMOA). En Éthiopie, le niveau général des prix a progressé de 34.7 % en mars 2022 et de 13 % en Egypte en avril. Le prix de l’alimentation continue de grimper, en variation annuelle, menaçant les populations africaines, en Afrique du Sud (8.9 % en juin 2022), en Algérie (14 % en mai 2022 contre 15.3 % en avril), au Burundi (16 % en février 2022), au Cameroun (près de 10 % en mars 2022), au Nigéria (18.3 % en avril 2022), au Rwanda (26 % en juin 2022 ; le taux d’inflation global est de 16.14 %) etc.

D’où vient cette montée des prix mondiaux ?
Le retour de l’inflation avait été l’un des évènements majeurs de l’année 2021. Déjà, en novembre 2021, selon le « bureau of labor statistics », le niveau général des prix était de 6.8 % en rythme annuel aux États-Unis contre 2 % au début de l’année ; il s’est rapproché du niveau record de juin 1982 (7.1 %), conséquence du deuxième choc pétrolier de 1979. De même qu’au sein de la zone euro, en novembre 2021, les prix ont augmenté de 4.9 % selon les données de l’office statistique de l’Union Européenne (Eurostat) ; contre 1 % au début de l’année. Ce fut le plus haut niveau d’inflation jamais enregistré dans l’union monétaire (l’inflation était de 4.1 % lors de la crise de 2008). Parmi les pays développés, seul le Japon a échappé à ce retour de l’inflation. Le taux d’inflation était de -0.2 % en glissement annuel pour l’année 2021 (ce pays a connu à nouveau un phénomène de déflation, baisse du niveau général des prix, durant cette année).

Selon les économistes, la première cause étant à l’origine de ce renchérissement des prix est la rapide reprise économique survenue dans l’ensemble des pays du globe (après le choc de la pandémie COVID-19). En effet, elle s’est accompagnée d’une vive augmentation de la demande de biens de consommations et de biens intermédiaires (biens consommés ou transformés au cours du processus de production afin de produire d’autres biens). Tandis que, les chaînes d’approvisionnement, de production ont subi des perturbations du fait de la crise sanitaire.

Notamment, le confinement de la population active (travailleurs/salariés) a considérablement réduit ou limité l’offre de biens et de services. Les processus de production étant dispersés, une résurgence du virus dans une zone peut impacter l’alimentation en matières premières des producteurs, entraîner une pénurie de conteneurs de transport conduisant à un acheminement plus cher des marchandises etc. Comme cela a été le cas avec le reconfinement de la capitale économique de la Chine (Shanghai) au mois d’avril 2022.

Parallèlement à ces troubles du côté de l’offre, les politiques de stimulations monétaires (taux directeur à zéro, assouplissement quantitatif) et budgétaires (chèques généreux envoyés aux ménages) ont contribué à l’accroissement de la demande de ces mêmes biens et services. Il s’agit, comme on l’a vu plus haut, d’une inflation par la demande. Une deuxième cause à l’origine de cette inflation est la hausse des prix de l’énergie.

La reprise économique n’a pas laissé de côté l’augmentation des prix du pétrole, de l’électricité et du gaz. Selon les organismes statistiques, cela explique une large partie de l’inflation en outre-Atlantique et dans la zone euro. Le niveau des prix de l’énergie a crû, en variation annuelle, de 33. 3 % aux États-Unis et de 27.4 % en zone euro au mois de novembre 2021. En enlevant les prix de l’énergie dans le calcul de l’inflation annuelle en zone euro, elle était de 2.5 % sur cette période (l’inflation totale était de près de 5 %). L’accélération de la transition écologique a eu comme conséquences une baisse des dépenses de recherche de nouveaux gisements d’hydrocarbures, et donc un ralentissement de la production de ces derniers.

Cette accélération s’est traduite par une forte augmentation de la demande de gaz, utilisé comme back-up afin de générer de l’électricité à partir des éoliennes par exemple. Le 29 juillet 2022, le baril de pétrole Brent s’est échangé à près de $110 contre $76.05 un an plus tôt ; soit une hausse de 44.6 %. Il y a des facteurs qui sont spécifiquement liés à l’économie américaine. Ce qui explique pourquoi l’inflation est plus élevée aux États-Unis qu’au sein de la zone euro. La première est la forte augmentation des prix des voitures.

En effet, la pénurie globale des semi-conducteurs causée par la pandémie limite l’offre des constructeurs d’automobiles, face à une demande qui progresse, favorise la hausse des prix. D’après une étude du Peterson Institute for International Economics (PIIE), environ la moitié de l’inflation aux USA, en 2021, s’expliquerait par la hausse des prix des véhicules neufs et d’occasions. Parallèlement, l’ampleur des plans de relance adoptés dans ce pays en réponse à la pandémie, près de 5 000 milliards de dollars en moins d’un an (mars 2020- mars 2021), a entraîné un déséquilibre (sur-stimulation de l’économie). Contre 3 000 milliards d’euros pour l’ensemble des pays de l’Union Européenne depuis la crise à mi-janvier 2022.

Près de 80 % des ménages américains ont reçu une enveloppe de $ 1 400 ; alors que l’aide européenne était plus orientée vers les entreprises évoluant dans les secteurs en difficulté. À tout cela peut s’ajouter une inflation par les coûts. Effectivement, au troisième trimestre 2021, les salaires ont augmenté de 3.7 % aux USA. Ce qui a pu entraîner une spirale inflationniste prix-salaire.

Alors que tout le monde s’attendait à une réduction de l’inflation durant l’année 2022, y compris la présidente de la banque centrale européenne, Madame Christine Lagarde, l’invasion de la Russie en Ukraine et les sanctions prises contre la Russie ont ajouté une couche en baissant l’offre de nombreuses matières premières (énergie, agriculture, engrais, métaux, minerais) et en augmentant les coûts de production. Par conséquent, le niveau des prix de l’énergie, de l’engrais, des céréales et autres ont davantage grimpé.

Rédigé par Roobens CANGÉ,
Économiste
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Références
BEITONE Alain, CARZOLA Antoine et HEMDANE Estelle, 2019. Dictionnaire de Science Économique, Dunod, Paris, 6e éd., 639 p.
JACOUD Gilles, 1997. Inflation et Désinflation, Éd. du Seuil, Paris, 62 p.
Mankiw Gregory, 1998. Principles of Economics, Harcourt Brace & Company; trad. Fr. BERTRAND Éric, 1998. Principes de l’Économie, Economica, Paris, 972 p.
Sites internet consultés
https://www.donneesmondiales.com/inflation.php , consulté le 13 juillet 2022.
https://data.oecd.org/fr/price/inflation-ipc.htm#indicator-chart, consulté le 30 juin 2022.
https://data.imf.org/regular.aspx?key=61015894, consulté le 30 juin 2022.
https://tradingeconomics.com/venezuela/inflation-cpi, consulté le 11 juillet 2022.
https://www.courrierinternational.com/article/chiffre-du-jour-l-inflation-explose-au-zimbabwe, consulté le 11 juillet 2022.
https://www.lafinancepourtous.com/2021/12/17/le-retour-de-linflation-aux-etats-unis-et-en-europe/
, consulté le 06 juillet 22.
https://www.ecb.europa.eu/ecb/educational/explainers/tell-me-more/html/high_inflation.fr.html, consulté le 06 juillet 2022.
Sources de données
Fonds Monétaire International (FMI)
Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE)

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