NEW YORK, 17 août 2026 (Presslakay) — Des représentants de centaines de maisons de retraite et d’établissements de soins de longue durée de l’État de New York pressent les autorités fédérales d’agir face aux conséquences de la fin du Statut de protection temporaire (TPS) pour les Haïtiens, redoutant une aggravation de la pénurie de personnel dans un secteur fortement dépendant de la main-d’œuvre immigrée.
Une coalition représentant environ 400 établissements de soins de longue durée a fait part de ses inquiétudes, mettant notamment en avant le poids des travailleurs haïtiens dans la prise en charge quotidienne des personnes âgées et dépendantes.
Selon les chiffres avancés par les représentants du secteur, environ 40 000 anciens bénéficiaires haïtiens du TPS vivent dans l’État de New York, parmi lesquels quelque 7 000 travailleraient comme aides-soignants ou dans d’autres fonctions de soins directs.
La perte de leur autorisation de travail pourrait ainsi priver les établissements de milliers d’employés dans un secteur déjà confronté à des difficultés persistantes de recrutement.
Des établissements déjà touchés
Certaines structures ont commencé à ressentir directement les conséquences du changement de statut de leurs employés haïtiens.
Des fournisseurs de soins ont dû se séparer de travailleurs qui ne disposaient plus d’une autorisation leur permettant de conserver légalement leur emploi, tandis que d’autres établissements cherchent des solutions pour remplacer le personnel concerné.
LeadingAge New York, qui représente des prestataires de services aux personnes âgées, avait déjà alerté sur les difficultés que pourrait provoquer le départ de travailleurs haïtiens.
Les responsables du secteur craignent notamment une augmentation du recours aux heures supplémentaires et aux agences de placement, ainsi qu’une hausse des coûts de recrutement.
Dans les établissements les plus affectés, une pénurie persistante pourrait également peser sur la capacité à accueillir de nouveaux résidents ou à maintenir certains services.
Des milliers de travailleurs haïtiens concernés
Le dossier dépasse ainsi largement le seul cadre de la politique migratoire.
Les travailleurs haïtiens occupent une place importante dans les services de santé et d’assistance aux personnes âgées à New York, notamment comme aides à domicile, aides-soignants et personnels de soins directs.
Leur présence est particulièrement visible dans les zones accueillant d’importantes communautés haïtiennes, notamment à New York City, Brooklyn, Queens, Long Island et dans certaines parties de la vallée de l’Hudson.
Pour les représentants des établissements, la disparition rapide d’une partie de cette main-d’œuvre intervient alors que le vieillissement de la population accroît parallèlement les besoins en personnel.
Une pression qui dépasse New York
Les inquiétudes exprimées à New York font écho à celles observées en Floride, autre État accueillant une importante communauté haïtienne, où plusieurs établissements pour personnes âgées ont dû se séparer d’employés haïtiens après la perte de leur autorisation de travail, tandis que d’autres ont intensifié leurs efforts de recrutement.
Ces situations illustrent les conséquences économiques potentielles de la politique migratoire américaine dans des secteurs où les travailleurs haïtiens représentent une part significative de la main-d’œuvre.
Les effets pourraient également toucher les familles des travailleurs concernés, dont les revenus dépendent de ces emplois, ainsi que les patients qui avaient parfois développé une relation de longue durée avec leurs soignants.
Tous les anciens bénéficiaires ne sont pas dans la même situation
La fin du TPS ne signifie toutefois pas que tous les ressortissants haïtiens précédemment couverts par ce dispositif se retrouvent automatiquement sans possibilité de travailler ou sous la menace immédiate d’une expulsion.
Certains peuvent disposer d’une autre base juridique pour rester aux États-Unis ou obtenir une autorisation de travail, notamment en fonction d’une demande d’asile ou d’une autre procédure migratoire en cours.
La situation doit donc être examinée individuellement.
Le TPS est un mécanisme américain permettant aux ressortissants de pays confrontés à des conflits, catastrophes naturelles ou autres circonstances extraordinaires de résider temporairement aux États-Unis et, sous certaines conditions, d’y travailler légalement.
Une bataille désormais économique et sociale
L’intervention des représentants des maisons de retraite marque une nouvelle étape dans le dossier : les préoccupations concernant les Haïtiens ne sont plus uniquement portées par les organisations de défense des immigrés et les élus représentant les communautés concernées.
Des acteurs du système de santé mettent désormais en avant les conséquences potentielles pour les patients américains et le fonctionnement des établissements.
À New York, la prochaine évolution sera notamment la réponse éventuelle des autorités fédérales aux demandes du secteur, ainsi que l’apparition de nouvelles pertes d’emplois ou de difficultés de fonctionnement dans les établissements de soins.
La question pourrait également accentuer la pression politique exercée par des élus de New York et d’autres États abritant d’importantes communautés haïtiennes pour obtenir de nouvelles mesures en faveur des ressortissants concernés.
Pour les maisons de retraite, l’enjeu est immédiat : conserver suffisamment de travailleurs qualifiés pour continuer à assurer les soins quotidiens de milliers de personnes âgées et vulnérables.